« Le gouvernement doit se ressaisir »

BIDOUL,GIL

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Samedi 24 avril 2010

Infrastructure Un député libéral défend la liaison Cerexhe-Heuseux à Beaufays

En projet depuis quarante ans, la liaison autoroutière à l’est de l’agglomération liégeoise et reliant Cerexhe-Heuseux à Beaufays (CHB) a déjà fait couler beaucoup d’encre et dépenser des millions d’euros d’argent public. Sans être concrétisée.

Ce constat, le député libéral Philippe Dodrimont ne peut que le regretter. « Nul ne sait quel est le sort exact réservé à cette liaison. Pour rappel, les travaux devaient débuter, selon Michel Daerden, au premier semestre 2009 », indique le député-bourgmestre d’Aywaille. C’était avant la déclaration de politique régionale des partis de l’Olivier, qui prévoit « de ne pas poursuivre le projet et d’examiner les conséquences de cette décision », comme ne le cesse de le rappeler le ministre Philippe Henry (Écolo).

Pourtant, Philippe Dodrimont déplore les sommes dépensées jusqu’à ce jour, un total de 17,5 millions d’euros depuis 1973, principalement des études, sans voir le projet sortir de terre. « Le dossier a été initié par des gens sérieux, mais je suis dégoûté de voir tout cet argent public gaspillé. Le projet est bon et il a sa raison d’être, mais je remarque que tous (PS et CDH) baissent leur pantalon devant Écolo ! Il faut assumer ce qui a été initié, et c’est justement ce qu’Écolo ne fait pas en entrant dans la majorité », déclare le député, ne comprenant pas le changement de position du gouvernement en place par rapport aux bases jetées en vue de concrétiser CHB.

« Un chaînon manquant »

C’est pourquoi Philippe Dodrimont, soutenu par les parlementaires libéraux liégeois, déposera, la semaine prochaine, une proposition de résolution visant à mettre en œuvre ce tronçon autoroutier. « Le gouvernement doit se ressaisir et prendre ses responsabilités. Et je me réjouis de voir ça !, poursuit-il. Il y a des mandataires locaux concernés qui devront admettre que cette liaison ne se fera pas, ce qui serait handicapant pour leur ville », soutient-il.

Concrètement, le député libéral attend un positionnement clair de tous les parlementaires. En vue de poursuivre le projet, « dont la périphérie liégeoise, plus rurale, a bien besoin. C’est un vrai chaînon manquant. »

Dans cet épineux dossier, la question du sort des riverains propriétaires de biens immobiliers situés dans la zone de réservation inscrite dans le plan de secteur est primordiale.

Le coût des expropriations et acquisitions réalisées par l’État puis par la Région depuis 1973 est de 6,657 millions d’euros. Et il resterait encore 78 immeubles à acquérir ainsi que des emprises non bâties dans l’hypothèse d’une réalisation de la liaison.

« Il m’importe de pouvoir leur proposer (NDLR : aux riverains concernés) des solutions de manière à sortir de la situation de blocage engendrée par l’existence de la zone de réservation », soutient le ministre en charge de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et de la Mobilité, Philippe Henry. Or, si le gouvernement en place a bien déclaré ne pas poursuivre le projet, il n’a pas (encore) utilisé l’article du CWATUP prévoyant en cas de renoncement à réaliser l’infrastructure « d’abroger le périmètre ou la partie de périmètre de réservation concerné », par arrêté du gouvernement.

En attendant, tous ces propriétaires sont dans l’attente, précise Philippe Dodrimont. Avec sa résolution, le député-bourgmestre espère débloquer le dossier au plus vite.