LAMQUIN,VERONIQUE
Vendredi 3 octobre 2008
s’oppose à une mesure jugée « aveugle et totalement irréaliste ». Son cabinet a calculé le bénéfice, en termes de masse salariale, que dégagerait le non-remplacement des pensionnés : « seulement » 38,2 millions en 2008, et un maximum de 309,5 millions en 2012.
La ministre CD&V souligne par ailleurs que, de tous les corps de fonctionnaires belges, c’est celui du fédéral qui reste le plus stable – dans les entités fédérées, les villes et communes, les effectifs ont fortement gonflé. Pas question, donc, dans le chef d’Inge Vervotte, de réduire drastiquement le nombre de fonctionnaires. Mais bien de modifier les profils.
Son plan – qui ne concerne que les 83.871 fonctionnaires des services fédéraux tels que les Finances, l’Emploi, l’Intérieur – prévoit, dans les grandes lignes, d’augmenter le nombre d’agents qualifiés (niveaux A et B), à la faveur des départs naturels. « Pour s’adapter aux nouvelles réalités, insiste-t-on. Avant, on engageait beaucoup de dactylos et d’huissiers ; l’informatisation d’une série de tâches rend ces besoins moins utiles voire inutiles. Par ailleurs, les législations sont de plus en plus complexes et nécessitent donc davantage d’experts. » Ce qui, en chiffres, se traduit par une proposition de remplacer 98 % des niveaux A, 95 % des B, 35 % des C et 25 % des D. Des mesures qui, promet-on chez Vervotte, se traduisent par une légère réduction de la masse salariale. De quelle ampleur ? Le cabinet réserve les chiffres au conclave budgétaire. Le plan sera-t-il adopté tel quel par le gouvernement, avec effet dès 2009 ? Réponse dans les prochains jours.
Les syndicats n’ont pas attendu pour manifester leur mécontentement. « Inconcevable », résume la CGSP. Qui se dit ouverte « à un débat en profondeur sur le nombre de fonctionnaires ». Mais dénonce déjà certains éléments du plan – « la réduction des effectifs de niveau D posera des problèmes dans les prisons, les centres fermés… ».