Intel veut trôner au milieu du salon

AFP

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Samedi 7 janvier 2006

Informatique Le groupe américain vise le grand public

Le premier fabricant mondial de microprocesseurs lance une plateforme qui sera console de jeux, télé, PC...

Intel, le premier fabricant mondial de microprocesseurs, a dévoilé son dernier-né au salon de Las Vegas. Fonction : assurer et centraliser le divertissement à la maison...

La plateforme, baptisée « Viiv », est « une combinaison de logiciel et de matériel multimédia qui va créer une nouvelle norme pour l'usager », a décrit jeudi soir Paul Otellini, patron d'Intel. L'ordinateur équipé d'un processeur Viiv sera « le centre médias du salon », permettant de jouer à des jeux vidéos sur l'écran de télévision à haute définition tout en utilisant en même temps sur d'autres appareils divers programmes - gérés à distance par l'ordinateur - comme un film, de la musique ou la navigation sur internet.

« C'est une révolution rendue possible grâce aux capacités accrues du processeur, à l'interopérabilité entre les appareils électroniques, au haut débit et au sans-fil WiFi », selon Paul Otellini qui a annoncé au salon high-tech de Las Vegas le lancement ce mois-ci des premiers ordinateurs équipés de Viiv.

Cet ordinateur de nouvelle génération est aussi le fruit de partenariats avec plusieurs grands noms de l'informatique comme Dell, HP, Sony, LG ou encore Acer, et avec le géant du logiciel Microsoft. Paul Otellini a par ailleurs fait un plaidoyer appuyé pour les contenus, soulignant que ces capacités technologiques accrues ne sont rien sans eux, depuis le jeu jusqu'aux programmes de télévision en passant par la vidéo à la demande.

« L'an passé, plus de 50 % des internautes (américains, NDLR) ont regardé des vidéos sur leur ordinateur », a souligné le patron d'Intel pour évoquer le potentiel offert par la vidéo. Il a également dévoilé une série de partenariats clés dans les contenus, avec notamment le portail internet AOL, les chaînes spécialisées Direct TV (contenu payant en ligne), NBC - pour la diffusion des Jeux olympiques d'hiver - ou encore le distributeur indien de films bollywoodiens Eros Entertainment. « Nous travaillons avec l'industrie du divertissement afin de créer des contenus en ligne premium », a expliqué le patron, maître d'oeuvre des changements stratégiques d'Intel l'an passé.

Du cinéma à la maison

Le groupe, qui réalisait jusqu'ici 15 % de son chiffre d'affaires sur le marché grand public, a décidé de se développer sur les segments des appareils mobiles et de l'équipement multimédia résidentiel pour contrer le recul de son activité traditionnelle dans les ordinateurs.

Via ces partenariats, Intel compte promouvoir la diffusion de contenus payants en ligne, suivant la tendance aux partenariats entre fabricants d'appareils multimédia et distributeurs de contenus - iPod et Disney par exemple - et à l'heure où l'industrie du cinéma cherche des alternatives séduisantes à l'échange gratuit et illégal de films sur internet. Et, en partenariat avec la société Clickstar, spécialisée dans la diffusion de productions hollywoodiennes en ligne, Intel a annoncé le lancement du premier film réalisé exclusivement pour internet. (afp)

La téléphonie sur internet en quête de « valeur ajoutée »

La téléphonie sur internet, dite VoIP, cherche, comme en témoignent les innovations présentées au salon de Las Vegas, l'un des grands rendez-vous mondiaux de la haute technologie, à évoluer par rapport à ce qui a fait son succès ces dernières années. Soit passer des appels gratuits depuis son ordinateur au lieu de payer une communication via un téléphone fixe. Appels toutefois limités à une communication entre ordinateurs.

Skype, acteur historique de la VoIP racheté récemment par le site d'enchères eBay, a dévoilé deux partenariats au salon annuel high-tech CES de Las Vegas. Un premier, avec l'équipementier Philips, pour présenter un combiné sans fil doté d'une double fonctionnalité : passer des appels gratuits depuis un ordinateur ou passer en mode téléphonie classique, payante, permettant de passer et recevoir des appels avec un usager d'un téléphone hors internet.

Le combiné permet également de réaliser des conférences vidéo ou de faire de la messagerie instantanée avec un interlocuteur utilisant lui aussi Skype.

Le groupe a noué un partenariat similaire avec Netgear, spécialisé dans les réseaux, pour sortir un appareil sans fil utilisant la technologie WiFi. Le combiné abolit la distinction entre téléphone fixe et mobile, car le WiFi permettra à l'usager de téléphoner depuis son réseau internet résidentiel ou de bureau, mais aussi dans tout endroit public équipé d'une borne WiFi (cafés, aéroports, bibliothèques...).

Ces appareils d'un nouveau type ne sont pas une surprise, selon plusieurs acteurs de la VoIP.

« La force d'attration de la VoIP a ses limites si l'on n'offre pas une valeur supplémentaire, autre que les appels gratuits entre ordinateurs », explique David Hofstatter, responsable du pôle VoIP chez le portail internet Yahoo.

Microsoft téléphone sans fil

Yahoo, qui a été devancé par son rival Google dans la téléphonie gratuite sur internet, prévoit de lancer dans l'année, avec l'opérateur américain ATT, un service de ce type, mais enrichi de la possibilité de consulter sur internet la messagerie vocale de son téléphone (mobile ou fixe), ou de rediriger un appel sur un ordinateur ou un téléphone classique selon la qualité du réseau où l'usager se trouve. Un service similaire est en cours de réalisation avec l'opérateur britannique BT.

Le marché intéresse aussi le leader mondial du logiciel, l'américain Microsoft, qui va lancer cette année un téléphone sans fil en partenariat avec l'opérateur MCI, filiale du premier opérateur américain de télécoms, Verizon, et avec l'équipementier Philips.

« La téléphonie sur internet est devenue aujourd'hui, sans aucun doute, un marché de masse, renchérit Robert Simkavitz, patron de la société de VoIP pour entreprises Freeline. Mais les consommateurs attendent désormais un service parfait. Nous arrivons à un moment critique pour cette technologie, où nous devons prouver que nous ne sommes pas capables de simplement remplacer une autre technologie, mais d'offrir mieux. » (afp)