Iran - L'Europe au créneau Nucléaire : Téhéran se cabre

REGNIER,PHILIPPE; AFP

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Mardi 30 septembre 2003

Iran - L'Europe au créneau

Nucléaire : Téhéran se cabre

La pression ne cesse de monter sur l'Iran. Lundi, les Etats-Unis ont agité le spectre d'une saisine du Conseil de sécurité de l'ONU si l'Iran ne se conforme pas aux demandes internationales sur son programme nucléaire avant l'ultimatum du 31 octobre. De leur côté, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont réitéré hier un message de fermeté à l'encontre de Téhéran.

Ils ont répété que le programme nucléaire iranien reste un sujet de grave préoccupation. L'Union avait pour la première fois adopté un ton similaire en juin dernier, alors que Washington classe l'Iran dans son « axe du mal » depuis janvier 2002.

Les ministres européens ont appelé l'Iran à se plier immédiatement à la résolution adoptée le 12 septembre par l'Agence internationale de l'énergie atomique. L'AIEA a lancé un ultimatum à Téhéran, lui donnant jusqu'au 31 octobre pour faire toute la lumière sur son programme nucléaire. Washington soupçonne l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique.

L'Iran a reconnu lundi que des traces d'uranium hautement enrichi avaient été décelées pour la seconde fois par l'AIEA, dans une usine électrique de la banlieue de Téhéran. Pour le représentant iranien à l'AIEA, ces traces sont dues à la contamination de pièces importées de l'étranger. Hier, Téhéran a également affiché sa détermination, affirmant refuser toute restriction dans l'utilisation de la technologie nucléaire civile.

L'Europe veut que l'Iran accepte des inspections inopinées de l'AIEA sur les sites iraniens. Faute d'accord, l'Union menace de revoir son projet d'association avec l'Iran. L'Europe a entamé en juin 2002 la négociation d'un accord commercial et de coopération avec l'Iran. Une session bilatérale consacrée au « dialogue sur les droits de l'homme » prévue à Téhéran mi-septembre avait été annulée. Cette réunion doit désormais se tenir les 8 et 9 octobre à Bruxelles. (Ph. R., avec AFP.)·