LUKSIC,VANJA
Mercredi 24 juin 2009
Ce silence total voulu par Augusto Minzolini, nommé à la direction du journal télévisé le plus regardé du pays, le 20 mai dernier, apparaît d’autant plus absurde que toute la presse écrite italienne et encore plus les médias étrangers, ne parlent que de Patrizia D’addario et de « l’enquête de Bari ». Partie d’une affaire de pots de vin dans le secteur sanitaire, celle-ci avait débouché, grâce à des écoutes téléphoniques (qu’un nouveau projet de loi très controversé voudrait empêcher !) sur les témoignages de la jeune femme, avec enregistrements et photos à l’appui.
Cet excès de zèle du nouveau directeur, qui a complètement ignoré ce qu’il appelle « un simple gossip et rien de plus », était devenu gênant à tel point que le directeur de la RAI, Paolo Garimberti, l’avait convoqué lundi matin pour lui rappeler qu’un service public a le devoir d’informer. Surtout en Italie où l’on sait qu’une bonne partie de la population ne lit aucun journal et se contente des infos données par les télévisions ! C’est pour cela que quelques heures plus tard, M. Minzolini a déclaré aux téléspectateurs ahuris, qu’en ne leur parlant pas de toutes ces rumeurs, il les avait, en fait, protégés et informés. Des rumeurs, a-t-il ajouté, que « le cirque médiatique transforme en informations pour des raisons politiques ou des intérêts économiques. C’est la ligne que je vous avais promis et que je continuerai à maintenir ».
Le président de la RAI, Paolo Garimberti – journaliste réputé qui provient du groupe de la Repubblica, tant haïe par Silvio Berlusconi –, lui aussi nommé récemment, soumettra le cas Minzolini au conseil d’administration de la RAI qui se réunit ce mercredi et qui risque d’être particulièrement agité.