JAZZ: HOMMAGE BELGO-AMERICAIN A PEPPER ADAMS, DEUX SAXOS BARYTONS EN REMERCIENT UN TROISIEME

QUITTELIER,VINCENT

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Vendredi 6 janvier 1995

Jazz: hommage belgo-américain à Pepper Adams

Deux saxos barytons en remercient un troisième

En février dernier, Bo Van der Werf recevait une bourse pour aller à New York étudier le jazz avec un autre saxophoniste baryton, Gary Smulyan. Onze mois plus tard, c'est au tour de l'Américain de rejoindre le jeune Belge (25 ans) pour créer avec lui un projet qui leur est très cher à tous deux: un hommage à Pepper Adams, baryton américain disparu en 1986 après avoir travaillé avec des célébrités comme Chet Baker, Benny Goodman, Donald Byrd, Charles Mingus ou, douze ans durant, au sein du Thad Jones - Mel Lewis Orchestra.

Une série de concerts chers à Bo Van der Werf? Triplement.

D'abord parce qu'il avoue se nourrir, depuis quelques années, essentiellement à l'écoute de Pepper Adams: Ce projet est une sorte d'exorcisme, ma manière de le remercier; et peut-être l'occasion de passer ensuite à autre chose, même si Pepper sera toujours quelque part avec moi.

Chers, ensuite, parce qu'il s'agira de la première grande rencontre internationale de la jeune carrière de Bo Van der Werf, entamée au sein du tout aussi jeune GVA et qui se poursuit aujourd'hui avec Sax No End, Octurn, le Brussels Jazz Orchestra, etc. La rythmique retenue par Bo pour cette tournée ne sort d'ailleurs pas de nulle part puisque Nicolas Thys (basse) fit partie de GVA et que Ron Van Rossum (piano) et Félix Simtaine (batterie) jouent dans Octurn.

Chers, enfin, parce que Bo Van der Werf n'a pas choisi son professeur par hasard: Gary Smulyan est un des fils les plus spirituels de Pepper Adams. Au point d'avoir consacré un disque entier à ses compositions; et d'occuper son pupitre au sein du Monday Night Jazz Orchestra au Village Vanguard, à New York. Une parenté que Bo définit par l'approche de l'instrument: Comme Pepper, Gary n'essaie pas de voiler les caractéristiques du baryton: c'est un instrument gros, avec un son tranchant. Et il faut en jouer comme tel. Pour moi, ils détiennent tous deux «la» conception be-bop du baryton. Et je vais prendre des claques en jouant en concert avec Gary!

VINCENT QUITTELIER

«Tribute to Pepper Adams»: les samedi 7 et dimanche 8 janvier, à l'Archiduc, à Bruxelles (à 17 heures); le 7, au Lokerse Jazz Club, à Lokeren; mardi 10 et mercredi 11, au Travers, à Bruxelles; le 12, à la Gele Zaal, à Gand; le 13, à De Kave, à Lauwe; le 14, à De Werf, à Bruges; le 15, au Netwerk, à Alost.

Répertoire: une majorité de compositions de Pepper Adams, quelques-unes de Gary Smulyan et certaines de Thad Jones que Pepper a beaucoup jouées.