Joindre l'utile à l'équitable Qui est Max Havelaar ? Sur le Net Un concurrent pour Nike ?

DECHAMPS,MAIDER

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Mardi 5 octobre 2004

Joindre l'utile à

l'équitable

Demain, s'ouvre la Semaine du commerce équitable. Dans tout le pays des animations, concerts et dégustations vous permettront de découvrir comment, simplement, en choisissant mieux ses achats, on peut aider des gens à l'autre bout du monde.

Quand votre copain, nul en maths, vous demande de l'aider, vous pouvez lui dicter les réponses des exercices. Ou alors lui expliquer comment les résoudre. Pour lutter contre les inégalités entre Nord et Sud, c'est pareil : on peut donner de l'argent pour que la pauvreté soit plus supportable jusqu'à l'année suivante. Ou bien on peut aider les gens sur place à percevoir un juste salaire et à jouir de bonnes conditions pour le travail qu'ils fournissent.

Comment ? En achetant des produits... un rien plus chers mais dont on est sûr qu'ils sont de qualité et qu'ils permettent à leurs fabricants de vivre correctement. C'est le commerce équitable.

L'étiquette éthique

Il y a dix ans, nos enfants ne pouvaient aller à l'école que jusqu'à huit ans. Il n'y avait ni route ni bus pour conduire les plus grands aux cours. Grâce au commerce équitable, nous avons pu construire une route, acheter un bus et ils sont retournés en classe. Sabino cultive du café au Costa Rica. Dans votre supermarché, ses paquets portent le label Max Havelaar. Les produits portant ce sigle sont « certifiés » équitables. Max Havelaar n'achète ni ne vend rien. La fonction de cette organisation est de dire si telle ou telle coopérative répond aux critères du commerce équitable (respect de l'environnement, salaires et conditions de travail corrects).

Des clients responsables

Ensuite, il faut agréer, reconnaître comme équitable, les intermédiaires (transporteurs...) et les vendeurs, les chaînes de distribution et les magasins (prix justes, contrats à long terme...). Si, entre la cueillette du café et le moment ou vous le buvez, chaque travailleur est traité de façon éthique, Max Havelaar accorde son précieux label. Et tout le monde y gagne : le producteur qui peut faire vivre sa famille, le magasin qui propose des produits alimentaires de qualité à ses clients... et, enfin, les acheteurs qui refusent le travail des enfants et l'exploitation des populations du tiers-monde.

En achetant votre paquet de café 2,05 euros au lieu de 1,85 euro, vous permettez au producteur du Sud de doubler ses revenus.

Coopérative : un groupe de producteurs qui se mettent ensemble pour avoir plus de poids sur le marché et s'entraider.

Qui est Max Havelaar ?

C'est le héros du roman du Hollandais Multatuli (pseudonyme d'Edouard Douwas Dekker). En 1860, Java est une colonie des Pays-Bas. Le personnage de Max Havelaar y travaille pour l'Etat hollandais. Max va se révolter contre l'oppression que subit le peuple javanais. Il lutte pour que les travailleurs locaux gagnent un salaire juste et qu'on cesse de les punir - parfois de mort - s'ils portent plainte.

Sur le Net

Max Havelaar : www.maxhavelaar.com

Magasins du monde Oxfam : www.madeindignity.be ou www.oxfam.be

Semaine du commerce équitable : www.commerce-equitable.be

Un concurrent pour Nike ?

Entre 1996 et 2002, les sommes totales gagnées et redistribuées grâce au commerce équitable ont augmenté de 80 %. On trouve plus de ces 3000 produits en Belgique (vêtement, nourriture, jouets...). La formule fonctionne donc bien. Elle reste pourtant une goutte d'eau dans l'océan des multinationales...

Quel est l'avenir du commerce équitable ?

Peut-il concurrencer le marché traditionnel ?

Laurence de Calata , pour Max Havelaar : En Suisse, trois bananes sur dix vendues sous différentes marques portent le label Max Havelaar. Le commerce équitable peut prendre, dans certains secteurs, une réelle importance. Pour le moment le label Max Havelaar ne concerne que les produits alimentaires, mais il garantira peut-être d'autres produits dans le futur.

Denis Lambert, secrétaire général des Magasins du monde Oxfam : Nous espérons que le commerce équitable devienne une autre solution au marché actuel. Mais nous avons aussi une tâche de sensibilisation, notamment avec les « Jeunes Magasins du monde Oxfam » dans 60 écoles en Wallonie et à Bruxelles. Nous expliquons le dessous des choses pour que les jeunes puissent exprimer leur choix : « Pour moi, une bonne chaussure, c'est celle qui est fabriquée dans de bonnes conditions de travail, dans le respect de l'environnement, etc. ». On donne les premières armes pour changer le monde, au Nord et au Sud.