Justice L'enquête sur les fausses factures continue De nouvelles perquisitions chez Stéphan Jourdain

DELEPIERRE,FREDERIC

Page 4

Mercredi 31 janvier 2001

Justice L'enquête sur les fausses factures continue De nouvelles perquisitions chez Stéphan Jourdain FRÉDÉRIC DELEPIERRE

De nouvelles perquisitions ont été effectuées ce mardi matin dans les bureaux et au domicile de l'homme d'affaires bruxellois Stéphan Jourdain. Le 24 janvier dernier, le quadragénaire avait déjà été inculpé de faux et usage de faux en écritures ainsi que d'escroquerie par la juge d'instruction namuroise Anne-Catherine Dubé. Bien que le parquet ait requis la mise sous mandat d'arrêt de M. Jourdain, il avait été laissé en liberté par la juge Dubé à la condition de ne pas entrer en contact avec les autres intervenants du dossier qui dénonce des factures comportant des montants surévalués.

En novembre dernier, une société d'électricité de Jemeppe-sur-Sambre avait fait aveu de faillite. En examinant les comptes, le curateur avait constaté que neuf factures rédigées entre mai 1999 et janvier 2000 étaient exorbitantes par rapport à la petite taille de l'entreprise. Ces montants ne correspondaient d'ailleurs pas à la comptabilité. Le curateur a alors saisi le parquet de Namur qui a mis l'affaire à l'instruction. Interrogé, l'électricien n'avait pas fait de mystère: ces factures étaient gonflées artificiellement à la demande de M. Jourdain et de son associé M.Van Steenbergh.

D'après les premières constatations, le principe était simple. Les factures étaient rédigées avec des montants énormes et payées comme telles. L'argent ainsi récupéré était ristourné aux société de Stéphan Jourdain qui pouvait acheter du matériel et faire travailler des ouvriers au noir sur deux chantiers de construction bruxellois.

Les deux hommes d'affaires avaient avoué les malversations qui portent sur une dizaine de millions de francs. Ce mardi, le procureur du Roi namurois Cédric Visart de Bocarmé a confirmé les nouvelles perquisitions sans souhaiter les commenter. Elles sont, selon lui, logiques, car les premiers indices et documents trouvés laissent à penser que d'autres pratiques de ce type auraient pu être effectués. Les actions de ce matin sont en tout cas la preuve que l'instruction se poursuit , ponctue le procureur du Roi. Cette fois, en tout cas, M. Jourdain n'a pas été entendu par les enquêteurs.