Carette : « Une prise d’otage »

METDEPENNINGEN,MARC

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Jeudi 19 juin 2008

Justice L’ex-chef des CCC, qui a respecté sa libération conditionnelle, est libre

libéré, Pierre Carette se dit victime « de l’instruction bancale » contre l’autre ancien CCC, Bertrand Sassoye.

Pierre Carette, l’ex-chef des CCC (Cellules communistes combattantes), a quitté la prison de Forest mercredi soir peu après 20 heures. Il nous a déclaré que son arrestation, intervenue le 5 juin dernier, pour une violation alléguée par le parquet de Bruxelles de ses conditions de libération conditionnelle, était une véritable « prise d’otage destinée à faire passer l’instruction bancale » menée à l’encontre de son ex-complice Bertrand Sassoye, arrêté ainsi que 3 autres suspects (dont la journaliste de la RTBF Wahoub Fayoumi) sous l’inculpation « d’appartenance à une organisation terroriste », soit le Parti Communiste Politico-Militaire (PCPM), en Italie, résurgence présumée des Brigades Rouges.

La décision de le libérer prise mardi à 14 heures par le tribunal d’application des peines de Bruxelles (TAP) ne lui donne pas tort. Le juge Alexandre Delvaux, en prononçant la libération de Pierre Carette, a en effet constaté que la demande de révocation de la libération conditionnelle de l’ancien leader du mouvement terroriste belge, acquise en 2003 au terme de 17 ans de détention, ne se justifiait pas. Il a surtout renvoyé le parquet au dossier de Pierre Carette qui prévoyait expressément, en vertu d’une décision de la commission de libération conditionnelle du 5 mars 2003, qu’il était autorisé « à fréquenter de manière naturelle dans le cadre des activités militantes pacifiques » Bertrand Sassoye, son ex-compagnon des CCC.

Le parquet de Bruxelles, apparemment, n’avait pas eu égard à cette autorisation expresse de la commission dont la prise en compte par le TAP a anéanti sa demande de réarrestation de Pierre Carette.

Le parquet fondait sa demande de remise en détention de l’ex-patron des CCC sur « de nombreux échanges téléphoniques » entre lui et Sassoye. Le TAP a constaté que le contenu de ces échanges était inconnu et qu’il devait être considéré que ces appels, échelonnés entre 2006 et mai 2007, « n’étaient pas étrangers à une activité militante ». Le tribunal a aussi refusé qu’il soit dorénavant interdit à Pierre Carette d’entretenir des contacts téléphoniques ou militants avec Bertrand Sassoye, au sens de ce que prévoyait la décision de la commission de libération conditionnelle.

Le communiqué écrit

par pierre carette

à sa libération sur

www.LESOIR.BE