L’amiante fait aussi craindre le pire…

MARECHAL,GISELE; BASTIN,CATHERINE

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Jeudi 21 juin 2012

Colfontaine Démolition de Tell Bell

Le futur commissariat de la police boraine, nouveau cauchemar de l’asbeste ? Le sujet a été soulevé mardi au conseil communal de Colfontaine par Cécile Dascotte (Écolo). Elle, Marie-Mercedes Dominguez (CDH) et l’ex-mayeur Patrick Piérart sont montés au créneau en présence de quelques citoyens, anciens de Bell Téléphone et membres de la cellule Amiante. « La démolition de Tell Bell (où sera érigé le nouveau commissariat, NDLR) s’est entreprise sans précautions particulières. Il n’y aurait pas d’inventaire amiante. La commune compte-t-elle prendre des dispositions ? »

Il est vrai que sur place, l’immeuble est bordé de gravats qui donnent le frisson aux anciens de Coverit – l’usine de traitement d’asbeste, qui a vu tant de ses anciens travailleurs décéder d’un cancer des voies respiratoires.

« Il existe un gros problème d’information », peste Patrick Piérart. Lucien d’Antonio, bourgmestre de Colfontaine, Vivian Lescot, de la cellule Amiante et Willy Ray, ancien de Bell Telephone, possèdent tous le même rapport de AIB Vinçotte… mais leurs conclusions divergent.

Sur les 18 prélèvements, 8 affichent une contenance en asbeste. « Oui », confirme Franck Alland, l’architecte du chantier. « Cinq concernent des portes intérieures contenant de l’amiante confiné, et donc sans danger tant qu’on ne les scie pas et trois concernent des joints reliant des chaudières et des tuyaux de chauffage. »

« Oui mais on a filmé une pelleteuse arrachant des faux plafonds contenant de la menuiserite, et ce sans surveillance », ont rétorqué les opposants. L’architecte nous précise : « Cet isolant contenant un dérivé d’asbeste n’a pas été trouvé dans le bâtiment en démolition mais seulement dans un corps de garde en cours d’examen. » « La démolition s’est faite en vertu du rapport d’AIB Vinçotte, qui classe les éléments d’amiante en catégories C (assainissement à prévoir lors de futurs travaux) et D (sans degré d’urgence particulier) », justifie le bourgmestre. « Mais le 4 mai, disent les opposants, au début de la démolition, le sous-traitant a été prié de cesser, le temps que ses hommes suivent une formation à la déconstruction d’amiante. Et le mal était déjà fait. »

Le bourgmestre, qui admet qu’une erreur dans le rapport AIB serait inadmissible, se dit prêt à réunir ouvriers, policiers et citoyens. Maigre consolation : les cancers des anciens de Bell et Geminus ne seraient pas dus à l’amiante inerte…

Police boraine : l’effectif réduit de près de 14 % d’ici 2013

C’est lors du conseil communal de Colfontaine, mardi soir, que le bourgmestre Lucien D’Antonio (PS) a révélé des chiffres inquiétants concernant la zone de police boraine. Elle accuse des retards de loyers à concurrence de 400.000 euros. La moitié vient d’être honorée. Les derniers 200.000 euros seront versés d’ici peu. Le personnel va également être mis à contribution.

Sur les 341 membres que comptait la zone boraine en 2009, 41 ne seront pas remplacés d’ici 2013. Il s’agit de départs naturels pour arriver à un effectif de 300. Les heures supplémentaires et les prestations de week-end vont également subir un régime amaigrissant pour alléger les charges. Des trois équipes d’intervention qui tournaient le week-end, il n’en restera que deux.

Les commissariats de proximité ne devraient pas être touchés par ces mesures. Par contre, il est certain, de l’aveu même de Lucien D’Antonio, membre du collège de police, que la présence policière sera moins visible sur le terrain. « Mais les résultats resteront satisfaisants », rassure le maïeur.