L’art en mode Performatik

MAKEREEL,CATHERINE

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Vendredi 13 février 2009

Festival De la performance au Kaaitheater

Rodrigo Garcia, Pierre Rigal, Kris Verdonck. Théâtre, danse, arts visuels. La performance traversera tous les arts.

La mode est aux néologismes et terminaisons en K pour les festivals multidisciplinaires qui bourgeonnent ces temps-ci. Tandis que le tout nouveau Vrak Festival organisé par l’L vient de démarrer à Ixelles (le Mad du 11 février), c’est au tour de la biennale Performatik de faire ses premiers pas au Kaaitheater, pour une semaine dédiée à la performance.

« Parce qu’il s’agit d’un art par nature éphémère, basé sur l’évènement en direct, l’ici et maintenant, c’est difficile de programmer et mettre l’accent sur la performance dans notre saison, explique Katleen Van Langendonck, programmatrice du Kaaitheater et du festival. C’est aussi un art qui touche à la fois aux arts visuels, au théâtre et à la danse. C’est pourquoi nous avons voulu travailler avec d’autres institutions à Bruxelles qui ont déjà une expertise dans ces domaines. »

Résolument transversal, le festival tisse donc des ponts avec le Wiels et l’exposition Un-Scene, avec Argos qui présentera des œuvres vidéo de Vito Acconci et de Karl Holmqvist, ou encore avec l’L et son Vrak Festival.

L’homme et la machine

Comme le prédit son nom, Performatik fait la part belle au rapport de l’art à la technologie, la machinerie. Ainsi, dans Actor #1, le plasticien et metteur en scène Kris Verdonck imagine un robot jouant du Beckett. Light Bulb Music & Expirateur propose un concert avec ampoules, aspirateur et autres appareils électriques tandis que l’Australien Stelarc interroge la frontière entre le corps humain et la machine en changeant son propre corps par le biais de la chirurgie et des prothèses. Ces interrogations sur l’évolution de la technologie, beaucoup d’artistes les ont en partie puisées dans le futurisme, mouvement né avec Marinetti en 1909. Celui-ci, prônant la vitesse, les machines et le monde moderne en général, a inspiré toute une série de mouvements d’avant-garde du XXe siècle. Le festival célèbre les 100 ans du futurisme à travers des conférences et des lectures mais aussi avec des artistes imprégnés des thèmes chers aux futuristes : le rapport entre l’humain, la marionnette et la machine, l’importance et l’effet des manifestes, la parole en liberté, le bruitisme, les utopies du futur, etc.

Le festival accueillera aussi de belles pointures comme l’Argentin Rodrigo Garcia et son Aproximacion a la idea de desconfianza, autour de son thème fétiche : la société de consommation. Théâtre, danse, arts plastiques, littérature ou musique, la performance traversera plus que jamais les arts, et les époques, du futurisme à notre avenir incertain.

Performatik, du 13 au 21 février au Kaaitheater et ailleurs à Bruxelles.

www.kaaitheater.be