L’Eglise manque de prêtres

ANDRIES,CHLOE; MARTIN,PASCAL; GUTIERREZ,RICARDO

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Mercredi 27 janvier 2010

En dix ans, l’Eglise catholique belge a perdu un prêtre sur quatre !

Une désertion qui menace le culte. Car le prêtre est la pierre angulaire de l’édifice ecclésial. Sans lui, pas de messe. Sans messe, plus d’Eglise.

Mais en Belgique, aujourd’hui, on ne compte que 62 séminaristes. Les deux tiers en Wallonie, un tiers en Flandre. Et la dernière rentrée n’a glané que 11 inscriptions, dont 5 à Namur et 3 à Liège. La « crise de foi » est donc profonde et l’« importation » de curés ne compense pas le déficit.

En outre, aujourd’hui, seuls 24 % des catholiques assistent régulièrement à la messe.

P.10 NOTRE SONDAGE EXCLUSIF

P.11 l’abbé Kwakwa

a conquis Wavre

L’Eglise a perdu un prêtre sur quatre en 10 ans

La désertion des prêtres menace le culte. En 2010, à peine 24 % des catholiques assistent régulièrement à la messe.

Le prêtre est la pierre angulaire de l’édifice ecclésial. Sans lui, pas de messe. Sans messe, plus d’Eglise. L’érosion des vocations n’est donc pas qu’un souci logistique : elle menace l’essence même du culte catholique. Sous nos cieux, du moins.

En dix ans, l’Eglise belge a perdu près d’un prêtre sur quatre. « Pratiquement, les prêtres ne sont plus assez nombreux, constate le jésuite carolo José Davin… La célébration de l’eucharistie, chaque dimanche, n’est déjà plus assurée en de nombreuses paroisses. L’Eglise se trouve dans un état de traumatisme sacramentel. Elle est blessée dans son cœur même, puisque beaucoup de fidèles sont ou seront privés de la célébration de l’eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. »

Le regroupement de clochers en « unités paroissiales », les célébrations dominicales sans prêtres (où des laïcs assurent la liturgie avec du pain consacré lors d’une messe précédente), et l’importation de curés ne compensent pas le déficit.

D’autant moins que « la demande des fidèles est très variée, note l’abbé Eric de Beukelaer : Le matin, ce sont les funérailles d’une personne qui n’avait plus mis les pieds à l’église depuis son mariage, et le soir, c’est un partage biblique avec des jeunes en demande de formation ». On est loin « du curé de village qui soigne ses abeilles et ses roses entre deux offices ». Le jésuite Tommy Scholtès confirme : « Homme de Dieu parmi les hommes, agissant au nom de Jésus dans les sacrements, il est souvent aussi un manager de paroisses, un organisateur, un responsable d’associations ».

La minorité de catholiques (24 %) qui assiste régulièrement à la messe semble résignée. Faute d’ouverture vaticane sur le rétablissement des prêtres mariés ou l’ordination des femmes, le fidèle en est réduit à prier. A s’en remettre à l’exhortation apostolique de Jean-Paul II : « Dieu promet à son peuple de ne jamais le laisser sans pasteur ».

A peine 11 nouveaux séminaristes

En juin dernier, Eric Ndeze a été un des deux prêtres ordonnés dans le diocèse de Liège. Ce réfugié politique rwandais, aujourd’hui belge, est à 30 ans le nouveau vicaire de Huy. Avec trois autres prêtres et un quarteron de laïcs, il anime la vie religieuse dans quatorze paroisses. Autant de messes et de rencontres à préparer, de souffrances à soulager. Un sacerdoce.

Eric Ndeze semble un homme heureux. C’est sans grand confort qu’il vit au pied de l’église Notre-Dame de la Sarte. Son ministère l’empêche très souvent d’assister aux réunions de famille. Le salaire est maigre. « Et les heures ne se comptent pas. » Mais le père Ndeze ne se plaint pas.

Il n’empêche : depuis quarante ans, ce régime associé à la perte de la foi en a découragé plus d’un. Mai 68, la liberté individuelle élevée au rang de valeur suprême et le consumérisme ont marqué ici comme ailleurs une cassure. Un chiffre : alors que le séminaire de Liège accueillait 100 à 150 séminaristes dans les années 50, ils ne sont plus que huit aujourd’hui pour l’ensemble des études.

Dans les années 70, les vocations ont connu leur « grande crise ». Le terrain perdu n’a jamais été reconquis. La Belgique compte aujourd’hui 62 séminaristes. Les deux tiers (46) en Wallonie, un tiers (16) en Flandre. Soit une proportion inverse à celle qui prévalait dans les années fastes, lorsque le Nord procurait l’essentiel des ministres du culte au pays.

La dernière rentrée n’a glané que 11 inscriptions (cinq à Namur, trois à Liège, deux à Hasselt et un à Bruges). Pourquoi cette apathie ? La faute d’abord à « une crise de la foi », explique l’abbé Joël Spronck, au séminaire épiscopal de Liège. Même analyse à Namur, où l’abbé Joël Rochette estime que « certains jeunes n’ont pas une foi assez vive pour penser qu’on puisse être heureux comme ça ».

Comment en est-on arrivé là ? Pour l’abbé Rochette, le doute qui détourne les jeunes du séminaire trouve ses raisons dans la « déchristianisation qui touche jusqu’aux communautés chrétiennes », le manque d’enthousiasme des prêtres eux-mêmes, et le peu de soutien que trouvent les intéressés à l’heure du grand questionnement.

Enrayer cette désertion est un travail de Dieu le Père. Si l’on s’en tient aux chiffres, c’est dans le diocèse de Namur que le recrutement se porte le mieux. Trente-deux séminaristes s’y préparent à devenir prêtre.

Il y a forcément un truc. Mais aussi un homme : André Léonard, évêque de Namur avant de devenir le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles, a nanti dans les années 80 la cité mosane d’un second séminaire. Baptisé « Séminaire diocésain missionnaire international » – Redemptoris Mater Namur – il cohabite avec une structure d’enseignement classique vieille de 350 ans.

Missionnaires

La formation sacerdotale est commune aux deux entités. Mais les objectifs sont différents. Les jeunes recrues qui passent par Redemptoris Mater viennent de l’étranger et se destinent à l’évangélisation « de l’Europe et du monde entier ». Ceux qui fréquentent le séminaire épiscopal officieront pour la plupart dans le diocèse de Namur.

Les besoins y sont énormes : 950 paroisses, des curés en bout de course (la moyenne d’âge est de 65 ans), 20 décès par an, mais seulement quatre ou cinq nouveaux prêtres dans la même période.

En ces temps de crise, l’apport du Redemptoris Mater prête à Namur l’image d’une success story – bien que 30 % des séminaristes abandonnent. Mais cela n’explique pas tout. Certaines options ont été prises qui permettent de mieux recruter. Un : les séminaristes d’aujourd’hui ne doivent plus posséder un parcours paroissial idéal (jeunesse catholique, humanités gréco-latines, etc.). On trouve parmi eux des jeunes qui ont fait des études techniques, professionnelles, des recalés de l’université. Deux : contrairement à d’autres diocèses, le séminaire est ouvert aux nouvelles communautés (Renouveau charismatique, Fraternité de Tibériade…) qui « répondent à des réalités charismatiques d’autrefois ». Trois : une formation sacerdotale en accord avec les enseignements de Benoît XVI et de Jean-Paul II.

A Namur comme à Liège, chaque candidat à la prêtrise est « sous observation ». La profondeur de sa foi reste la priorité. Sont en revanche exclus les « malades » (comprenez les allumés) et ceux qui, souvent poussés par la misère, tentent d’émigrer vers la Belgique à la faveur d’une vocation subite.

La réponse à la crise des vocations s’organise enfin en aval. A Liège comme ailleurs, prêtres et laïcs unissent leurs efforts pour fédérer et desservir les paroisses, souvent à un rythme d’enfer. Dans le Tournaisis, un prêtre gère la bagatelle de 18 paroisses.

Au nom de Dieu et de la politique, l’abbé Kwakwa a conquis Wavre

REPORTAGE

Wavre, son centre, ses vitrines, son piétonnier. Une petite ville bourgeoise du Brabant wallon dont les commerces et les entreprises aimantent la région tout au long de la semaine. Le samedi, on s’y bouscule. Au loin, la grande roue du parc d’attractions Walibi trace une auréole dans un ciel bas.

Mais le dimanche en fin de matinée, la place Cardinal Mercier est laissée aux courants d’air. Ceux qui la traversent poussés par le froid s’enfoncent précipitamment dans l’église Saint-Jean-Baptiste, une bâtisse trapue de briques et de grès ferrugineux. Lorsque 11 heures sonnent et que l’abbé Faustin Kwakwa débute l’office, la nef centrale est à demi remplie pour les optimistes, à demi-vide pour les pessimistes. Beaucoup de cheveux blancs, des jeunes enfants, mais peu d’adultes dans la force de l’âge. « Vous savez, le dimanche matin, on fait la grasse matinée. Nous, on préfère y aller le samedi soir », explique une passante.

Comme d’autres prêtres d’origine africaine avant lui, l’abbé « Dr » Kwakwa N’Kalala Faustin concourt à la relève d’un clergé vieillissant ou absent. Arrivé en Belgique en 2000 avec les recommandations d’usage de son évêque, Faustin Kwakwa est devenu l’année suivante vicaire de la paroisse Saint-Jean-Baptiste. Parallèlement, il a bouclé un doctorat en théologie à l’UCL. Il y a ajouté un master en Sciences politiques. Sa thèse est intitulée « Rapport entre christologie et pneumatologie dans l’œuvre d’Yves Congar » (un expert de Vatican II, futur cardinal de Jean-Paul II, NDLR). « La pneumatologie n’a rien à voir avec l’air que l’on met dans les pneus », pouffe l’abbé.

Théologie et politique. Cette double formation imprègne Faustin Kwakwa. En tant que prêtre mais aussi citoyen, il estime avoir son mot à dire dans la vie publique et, plus particulièrement, dans la reconstruction du Congo : « J’ai le droit de vote. Pourquoi ne pourrais-je pas me prononcer politiquement ? On veut reléguer le prêtre le plus possible à la sacristie. Eh bien moi, je dis non. »

Ce n’est pas la moindre des originalités de ce prêtre qui, pour le reste, donne classiquement la messe en enchaînant les lectures, les psaumes et l’eucharistie, entre les chants qu’entonne une chorale chevronnée. Les amateurs de gospel et de guitares folk en sont pour leurs frais. « Normal, explique l’abbé, au Congo, nous recevons une formation semblable à celles des prêtres belges, basée sur le rite romain. S’il nous est demandé de soigner la liturgie pour attirer les fidèles, Dieu doit cependant être dans les cœurs. »

Mais revenons en arrière. Faustin Kwakwa n’a rencontré aucune réticence à son arrivée dans la paroisse. Ni racisme ni mépris. « Le doyen m’avait dit qu’il faudrait y aller mollo mollo, commencer par des messes quotidiennes. Je m’étais dit : Mon Dieu ! Mon Dieu ! Mais le dimanche suivant mon arrivée, je donnais déjà la messe », se souvient-il.

La réalité est que, lorsqu’il atterrit à Wavre, la ville a déjà connu plusieurs prêtres africains. Louvain-la-Neuve et son séminaire constituent une « réserve de recrutement » facile pour le Brabant wallon qui y puise dans un premier temps une main-d’œuvre d’appoint dominicale. Une aubaine pour ces prêtres qui poursuivent leurs études tout en exerçant leur sacerdoce. Faustin Kwakwa fait partie des premiers « temps-plein ». Il s’intégrera d’autant plus vite à Wavre. Une intégration « modèle ».

A l’Apero Bar, de l’autre côté de la place Cardinal Mercier, le barman se rend de temps en temps à l’office. Pour voir passer pas mal de monde à son comptoir, il peut assurer n’avoir jamais entendu de critiques à l’égard de l’abbé. Il n’y aurait pas ici cette méfiance ou ces moqueries que l’on a parfois entendues ailleurs en Wallonie à l’égard des prêtres noirs. « Tant qu’à faire, allez voir de l’autre côté de la frontière linguistique et demandez aux gens s’ils ont autant de tolérance, lance une fidèle. Vous m’en direz des nouvelles. »

Un bémol tout de même : « Il y a eu une petite flambée de racisme à Wavre à l’époque où Faustin est arrivé, nuance Agnès Lambeau qui se définit comme « femme à tout faire » de la paroisse. « Pas en ce qui le concerne directement. Mais parce qu’autour de lui s’était regroupée une communauté africaine qui allait grandissant. Des gens de la paroisse ont estimé qu’elle prenait trop de place. Cette opinion n’a plus cours aujourd’hui. »

L’échevin de l’état civil René Gillard est un fan de l’abbé Kwakwa. « Il s’occupe de la pastorale des jeunes. Mes deux petites-filles ne tarissent pas d’éloges. » Catholique pratiquant, l’édile a le sens de la formule : « Dans la population, l’arrivée de ces prêtres noirs est perçue comme un retour de balancier. On a envoyé des missionnaires jadis. Aujourd’hui, on nous envoie des missionnaires. Si nous sommes déjà évangélisés, nous comptons en revanche sur eux pour rendre un élan à la foi, pour aller au-devant des jeunes. Tant mieux si certains d’entre eux sont attirés par la prêtrise. »

L’Afrique pourvoyeuse de curés ? L’image a parfois la vie dure. « Quand ce n’est pas des Polonais, il n’y a plus que des Congolais pour baptiser nos enfants », peste une dame. Le préjugé implique de surcroît l’idée que la prêtrise est devenue une filière d’immigration qui ne dit pas son nom. Aux séminaires de Namur comme de Liège (lire ci-contre), on nous assure être particulièrement vigilant sur la question. « La misère ne peut remplacer la foi », y dit-on en substance.

D’autant que l’Afrique manque elle aussi de prêtres. « J’en connais un qui doit couvrir une paroisse d’un rayon de 60 km », cite pour exemple l’abbé Kwakwa. Il trace un tableau des plus décourageants : « Dans les villages, les prêtres vivent souvent dans le plus grand dénuement et doivent compter avec les rares dons d’une population forcément pauvre. Or, si nous faisons vœu de pauvreté, personne ne nous a dit d’être misérables », poursuit Faustin Kwakwa qui juge cette situation préjudiciable aux vocations.

L’Afrique, pourtant, l’attend. Les jours de l’abbé sont comptés à Wavre. Ses études terminées, il doit retourner au Congo. Tel est le contrat. La possibilité de prolonger son séjour en Belgique existe, mais il ne compte pas la demander. Son futur, il le voit en tant que professeur de séminaire ou d’université. Une chose est certaine : Faustin Kwakwa n’a aucune intention d’y taire ses opinions politiques.

Car l’abbé ne transige pas, malgré la mauvaise humeur occasionnelle de ses ouailles : « Je ne comprends pas la séparation du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, dit-il. L’Eglise a droit à la parole. Habermas a parlé d’une “prétention de vérité”. Je la revendique en matière d’organisation de la société afin de conduire au bien-être social. Ici, en Europe comme en Belgique, le poids de l’histoire rend intolérant vis-à-vis de l’Eglise. Comment peut-on critiquer en permanence les propos de Mgr Léonard ? Pourquoi une telle intolérance dans une démocratie ? » L’abbé Kwakwa est ainsi devenu responsable de la Commission Justice et Paix Brabant wallon. Il est aussi président du Forum de réflexion pour l’avenir du Congo.

Prêtres noirs, prêtres blancs, tous égaux ? Devant Dieu sans doute. Les fidèles, eux, font leur marché : « L’avantage des prêtres africains est qu’ils sont plus proches des gens, qu’ils s’inquiètent plus facilement de ce qu’est la vie des paroissiens, des malades, explique Agnès Lambeau. Les prêtres belges aussi bien sûr, mais peut-être de manière plus intellectuelle en ce qui concerne le rapport à l’humain. L’inconvénient, c’est que les prêtres africains jugent souvent les réunions et les démarches administratives engendrées par le travail en commun comme une perte de temps. »

LES PRÊTRES

Effectifs.

L’Etat fédéral rémunère 2.741 curés et assistants paroissiaux. Leur moyenne d’âge étant particulièrement élevée, on enregistre, ces dix dernières années, une érosion de l’ordre d’une centaine de prêtres par an.

Prêtres étrangers.

Un prêtre sur sept est de nationalité étrangère, en Belgique. Ils sont surtout originaires du Congo, de Pologne et d’Amérique latine (Brésil, Paraguay…). Leur proportion augmente.

Relève.

Les dix séminaires belges comptent à peine 62 prêtres en formation, dont 11 nouveaux inscrits. C’est très insuffisant pour compenser l’érosion. En 2009, pour une cinquantaine de départs, l’Eglise n’a ordonné que 11 nouveaux prêtres : sept en Wallonie, trois à Bruxelles et un en Flandre. Ainsi, le diocèse de Liège, qui n’avait plus enregistré d’ordination depuis quatre ans, a ordonné deux prêtres : un Polonais et un Rwandais.

Traitement.

La plupart des curés et vicaires officient dans plusieurs paroisses, ce qui leur vaut une rémunération indexée (150 % du traitement de base) : 2.490 euros brut par mois.

confessions

Avant la nuit pascale, je serai baptisée »

Laurie, 16 ans

étudiante

« Ma famille n’est pas croyante. Quand j’étais petite, mes parents me disaient que si je ne voyais pas Dieu dans les nuages, c’était qu’il n’existait pas. La foi ne faisait pas partie de notre vie. Mais il y a deux ans, j’ai accompagné ma mère, éducatrice, qui effectuait un stage professionnel à la Bergerie de Faucon, un centre d’accueil pour jeunes en difficulté, en pleine campagne, animé par le père Guy Gilbert (prêtre engagé auprès des jeunes en rupture sociale, surnommé le curé des loubards, NDLR). Une fois sur place, par politesse, je suis allée à la messe du père Guy Gilbert et bizarrement, ses propos, qui incluaient tout le monde y compris les non-croyants, me plaisaient. Mais ça n’allait pas plus loin. Jusqu’à ce jour-là. Ou plutôt cette nuit, toujours pendant notre séjour à la Bergerie de Faucon. Nous avions organisé une petite fête, mais en fin de soirée, je n’avais pas trop le moral et sans vraiment réfléchir, je me suis retrouvée à entrer dans l’église. Seule. Une fois à l’intérieur, j’ai immédiatement senti une présence qui m’enveloppait. Je ne saurais l’expliquer. Ce n’était pas une révélation, non, juste l’impression de ne pas être seule, d’être aimée. Je me suis dit que c’était Dieu.

« Je n’ai même pas osé

le dire à mon père »

Un peu plus tard, j’ai participé à une comédie musicale avec mon parrain, qui est catholique. De nouveau, en partageant du temps avec des croyants, je me sentais chez moi. Comme une évidence. A ce moment-là, j’ai voulu faire partie de cette “famille”, et me suis dit que le meilleur moyen était de me faire baptiser, pour officialiser la chose. On m’a mis en contact avec un prêtre, qui m’a donné quelques lectures sur la foi et m’a conseillé d’aller à la messe. Au départ, le dimanche matin, je devais me forcer à me lever. Mais à chaque fois, je me sentais chez moi, le prêtre me bénissait, j’étais bien.

Mes parents ne comprennent pas ma démarche, je n’ai même pas encore osé le dire à mon père, à qui ça ne plaira sûrement pas. A l’école, on sent parfois les moqueries. Mais peu m’importe. Aujourd’hui, je sens que ma vie change. Le message de la foi, “aimez-vous les uns les autres”, m’a appris le partage. Je crois que je n’avais jamais pensé à cela réellement, auparavant. A Noël dernier, pour la première fois, je n’ai pas croulé sous les cadeaux, mais j’ai passé le réveillon avec mon arrière-grand-tante, malade, et une amie qui ne fête jamais Noël chez elle. Nous n’étions que trois, mais quel partage, quelle joie ! Bien sûr, je ne suis qu’au début du chemin, je viens de me lancer dans la lecture de la Bible, j’ai encore du mal à mettre des mots sur ma foi. Mais le soir de la nuit pascale, je serai baptisée. »

rectificatif

Les bons chiffres

Les moyennes nationales publiées dans Le Soir de mardi, sur les questions d’éthique étaient erronées (les autres chiffres publiés étant corrects). Voici les bonnes données, qui ne changent rien à notre analyse.

Pourcentage

de notre échantillon favorable…

au don de sang 94 % ;

au don d’organes 92 % ;

aux méthodes contraceptives 90 % ;

au mariage des prêtres 72 % ;

à l’euthanasie 65 % ;

à l’avortement 47 % ;

au mariage des homosexuels 48 % ;

à l’adoption ou à l’éducation d’enfants par les homosexuels 43 % ;

à l’eugénisme, aux manipulations génétiques et au clonage 12 %