L’étude du dossier tram enclenchée

BODEUX,PHILIPPE

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Vendredi 25 mars 2011

Mobilité La SRWT a reçu les offres de deux bureaux privés

C’est le moment, c’est l’instant : la Société régionale wallonne de transport est en passe de désigner le bureau d’études qui, d’ici 2013 – date de l’attribution du marché pour la réalisation du tram –, va véritablement définir le visage de ce projet ambitieux pour la région liégeoise. La SRWT a reçu deux offres de consortiums privés, l’un wallon, l’autre bruxellois. Elle fera son choix d’ici fin avril.

« Il s’agit d’une assistance à la maîtrise d’ouvrage qui va nous aider dans la réalisation du cahier des charges technique, urbanistique et architectural pour la ligne Jemeppe-Herstal », explique Jean-Marc Vandenbroucke, administrateur-général de la SRWT qui est aux commandes du dossier avec un comité de pilotage qui regroupe notamment des techniciens des quatre communes concernées.

Plus que le nombre arrêts, la taille des rames ou le tracé, c’est l’ensemble de la politique de mobilité à l’échelle de l’agglomération liégeoise qui est en jeu. On parle ici de parkings relais, d’aménagement de l’espace public urbain, de création de pistes cyclables… Preuve que le sujet commence à intéresser les élus locaux de la région liégeoise : ce mercredi soir, les principaux représentants des 24 communes de l’arrondissement et la Province étaient réunis au Palais provincial pour prendre connaissance de l’expérience bordelaise qui, manifestement inspire les élus liégeois réunis sous la bannière « Liège Métropole ».

« Il conviendrait que la Région wallonne mette en œuvre un plan de mobilité intermodal et intégré en province de Liège », a déclaré André Gilles à l’adresse du ministre Philippe Henry. Pour le moment, la SRWT s’en tient à la ligne de fond de vallée à réaliser d’ici 2017, date de la probable exposition internationale, tandis que le GRE a été chargé d’examiner des axes transversaux.

Ce que montre aussi l’expérience bordelaise, c’est le rôle du politique – la communauté urbaine – comme véritable moteur et décideur d’un reconditionnement de l’agglomération. « Il est urgent qu’au niveau local, les communes concernées par le tram se prononcent sur des questions aussi cruciales que le tracé et les choix d’aménagements urbains sinon ce seront des techniciens et experts qui décideront à notre place », déclare l’échevin de l’Urbanisme Michel Firket. Concernant le tracé liégeois, il plaide pour un passage en Feronstrée – au lieu des quais – et sur la future esplanade des Guillemins, au lieu de la rue du même nom. Ce jeudi, le ministre Henry a annoncé la création d’un comité de suivi du tram, réunissant les responsables politiques des communes concernées.

Polémique

Le partenariat public-privé contesté

Le ministre Philippe Henry l’a dit en septembre 2010 : « Sans PPP pas de tram à Liège pour 2017 ». Le partenariat public-privé consiste à recourir à une société privée pour financer, réaliser voire exploiter un projet d’ordinaire pris en charge de A à Z par le public. Le PPP permet de débudgéter l’investissement (500 millions d’euros pour le tram liégeois) et de « simplement » payer une redevance annuelle d’exploitation ou d’utilisation du réseau. Alors que le PPP semble inéluctable (l’Europe interdit à la Région de s’endetter davantage), plusieurs voix dénoncent la « formule miracle ». « Le PPP oblige à des procédures plus longues et plus onéreuses ne fût-ce que parce qu’il y a un intermédiaire en plus », déclare Jean-François Ramquet secrétaire de la FGTB et membre de la commission finances du Conseil économique et social wallon. « L’Europe empêche les Etats de s’endetter pour des investissements nécessaires à la collectivité, c’est surréaliste ! ».

L’association Urbagora s’est aussi insurgée du recours au PPP (lire le chainonmanquant.be). « Cela ne doit pas être une fin en soi mais le corollaire de l’investissement public, estime Bernard Soar, membre d’Urbagora. Or, il devient une fin en soi lorsqu’il sert de cache-sexe aux déficits publics ». Mais il note que « le meilleur PPP est celui que le pouvoir public a conçu et anticipé ». D’où l’importance du rôle des pouvoirs publics dans les mois qui viennent. Ph. Bx