L’heure de vérité

THIRION,XAVIER; PAIROUX,ETIENNE; BERTI,CHRISTOPHE; DONNAY,JEAN-LOUIS

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Samedi 21 février 2009

Division 1 Anderlecht - Standard, dimanche, 20 h 30

P.23, 24 & 25 La BELGIQUE entière aura les yeux rivés sur un sommet sans doute pas décisif, mais révélateur.

Nous y voici. Le choc des ennemis éternels, le vrai sommet d’un football belge où le Club brugeois a disparu des premiers rôles depuis trois ans, la lutte de deux mondes, de deux traditions, de deux « peuples » de supporters : Anderlecht-Standard est annoncé, dimanche soir, coup d’envoi à 20 h 30 au parc Astrid.

Un Anderlecht - Standard qui vient « trop tôt » dans le deuxième tour – il restera ensuite onze matchs à jouer, soit 33 points à prendre, une montagne – pour être décisif, mais qui n’en sera pas moins révélateur.

Avec, dans le fond, une seule et vraie question essentielle : que vaut vraiment… Anderlecht ?

Car c’est, somme toute, la clé du match. On sait ce que vaut le Standard. Il le montre depuis un an et demi – au moins – sur toutes les pelouses de Belgique. On sait qu’il a digéré le départ de Fellaini, on sait qu’il dispose d’un talent fou et d’une équipe jeune. On sait que les Liégeois jouent parfois à la carte et que leur seule faiblesse (au niveau belge) se situe à l’arrière gauche. Chez eux, les seules incertitudes concernent leur capacité à rester maîtres de l’entrejeu en l’absence de Steven Defour et leur réaction après la triple gifle reçue à Braga. Redescendus de leur nuage, les champions de Belgique voudront remettre les pendules à l’heure.

Mais de l’autre côté, vraiment, il s’agira pour Anderlecht de se dévoiler, il n’y a pas d’autre mot. Car voilà une équipe qui n’a plus joué un vrai bon match complet depuis une éternité – depuis quand, dans le fond ? – mais qui est en tête du championnat. Voilà une équipe qui souffre de problèmes offensifs récurrents mais qui a la meilleure attaque de la D1. Une équipe qui dispose d’un noyau énorme pour le seul championnat mais qui peine à trouver un équilibre tactique sur la pelouse. Bref, un énorme paradoxe vivant. Et surtout, une équipe dont on ne connaît pas le véritable potentiel, puisqu’elle gagne des matchs, parfois, en développant un football indigne de son rang pendant de longues minutes. Bref Anderlecht est une espèce d’ovni dont on ne connaît pas bien les contours. Dans ce sens, le match de dimanche permettra sans doute de clarifier le potentiel des Mauves pour le printemps. En cas de victoire, ils auront quatre points d’avance sur leur adversaire, le même viatique qu’à la trêve. Et le sentiment d’avoir répondu aux critiques en franchissant la tête haute la « semaine de vérité » (Charleroi, Gand, Standard). On dit souvent qu’Anderlecht se réveille à l’approche du printemps, on pourra le vérifier dimanche.

Une chose est sûre : les deux équipes sont sous pression. Le Standard peut être sérieusement redimensionné en s’inclinant chez son rival avant de sortir (sans doute) de la scène européenne. Et Anderlecht, s’il ne gagne pas, restera dans l’esprit collectif intrinsèquement moins fort que des Liégeois que le Sporting n’a plus battu depuis six matchs et près de deux ans.

La Belgique entière aura les yeux rivés sur le parc Astrid, dimanche soir. Elle ne saura pas qui sera champion, mais aura sans doute des réponses à pas mal de questions.

La nervosité de Laszlo Bölöni

Standard Le club principautaire n’a jamais été battu deux fois de suite cette saison

Si les Rouches ont déjà montré leur capacité de réaction cette saison, cela ne rassure pas leur coach.

Laszlo Bölöni n’était pas à prendre avec des pincettes, vendredi après-midi, à l’Académie Robert Louis-Dreyfus. Le coach du Standard était un tantinet nerveux. Une équipe de télévision lui demande de poser deux questions et il interrompt le tournage… à la troisième. Mangala répond à un groupe de journalistes et il stoppe l’interview pour faire la leçon à son joueur et l’envoyer illico dans la salle de musculation. Rarement aurons-nous vu l’ancien joueur du Steaua aussi tendu. Comme rarement, il est vrai, on avait vu un Standard aussi mauvais cette saison qu’à Braga ! Un lien de cause à effet sans doute.

En tout cas, la moindre question lui semblait stupide vendredi. A ses yeux, les « journalistes ont écrit beaucoup de conneries ces dernières semaines ». Il est vrai qu’avec un entraîneur qui « ment dans cinquante pour cent » de ses déclarations, il n’est parfois pas évident d’y voir clair.

Cela dit, on peut comprendre le Roumain d’origine hongroise. Son équipe a mal joué à Braga, il a perdu Steven Defour et certains cadors sont en méforme.

« C’est vrai que nous ne sommes pas dans une bonne période, mais malgré tout nous avons gagné nos sept derniers matchs de championnat. Mais en Europe, la barre est plus haute. Je ne suis pas d’accord pour dire que certains joueurs ne sont pas en forme car cela sentirait la panique. A l’aller, on a battu Anderlecht 2-1 sans faire un match phénoménal. Et je préfère être catastrophique mais gagner six fois. Pourquoi les problèmes d’une équipe deviennent-ils plus graves quand on joue contre le premier plutôt que le dernier ? »

En attendant, deux sujets perturbent le Roumain. L’un le tracasse, l’autre l’énerve : l’absence de Defour et l’intérêt médiatique autour de Mangala.

« Avec Defour, on perd du volume de jeu, de la qualité dans la transmission du ballon et un caractère énorme. Ce n’est pas facile, mais il faudra trouver une réponse générale. Si on peut compenser son absence collectivement, le problème sera moins important. Qui va le remplacer ? Vous me parlez de Nicaise ou Mangala. Mais arrêtez de chercher la solution Fellaini ! »

C’est vrai qu’on avait presque oublié qu’il n’était plus à Sclessin ! Et qu’il ne sera pas présent pour cette rencontre non pas décisive, mais capitale.

« Peu importe le résultat, les données vont rester les mêmes : continuer à travailler, exploiter au mieux le potentiel des titulaires et pousser les jeunes pour les aider à devenir des footballeurs professionnels. Anderlecht est normalement très bien. Il a un historique qui l’aide à gérer les situations délicates. Je me souviens que la presse l’a enterré à un certain moment en parlant même de crise. Or il est premier. Le Standard a lui aussi connu des périodes délicates et d’autres euphoriques. »

Ce qui était loin d’être le cas à Braga. Dimanche, le Standard aura donc l’occasion de prendre sa revanche sur sa déroute portugaise.

« Je ne vois pas les choses comme cela. La revanche, ce sera jeudi. Dimanche nous allons à Anderlecht dans un mauvais moment car le Sporting vient de gagner deux fois en déplacement et que le Standard sort d’une défaite sévère. Cependant, j’espère que psychologiquement, mes joueurs seront mieux qu’à Braga car je peux m’imaginer comment ils sont actuellement après la prestation offerte au Portugal. »

Pour autant qu’ils aient digéré cette défaite survenue lors d’une semaine capitale. Mais comme ils le disent eux-mêmes, « c’est mieux d’avoir ensuite un gros match car cela permet de ne pas gamberger ».

En attendant, Laszlo Bölöni est retourné vaquer à ses occupations. Et notamment consulter son carnet de notes « rempli de trucs concrets mais que je ne vais partager qu’avec mes joueurs ». Les murs de l’Académie vont-ils trembler ?

Jacobs : « Un match pour la… 4e place »

Polak a couru ce vendredi mais les doutes le concernant sont encore plus grands aujourd’hui que mercredi soir au moment de quitter Gand, déplorait d’emblée Ariël Jacobs vendredi après-midi. Biglia et Gillet (adducteurs) sont aussi incertains. Boussoufa est freiné par son genou et De Sutter par son dos. »

Avec la suspension de Bakary Sare, exclu mercredi à Gand, les solutions de rechange ne sont pas légion pour ne pas dire inexistantes dans le milieu de terrain axial du Sporting. Ces circonstances, pour le moins inconfortables à quelques heures d’un choc de cette importance, n’ont pas rendu l’entraîneur anderlechtois moins sarcastique. Au contraire ! « Le Standard a-t-il pris un coup au moral à Braga ? Tiens, pourtant j’avais lu que les Liégeois étaient prêts, répond le mentor mauve. Je laisse toutes ces préoccupations aux analystes qui connaissent tout sur le football. »

La victoire des Mauves à Gand ainsi que leur beau bilan chiffré (12 sur 12) et la déroute des Rouches à Braga ont subitement fait d’Anderlecht le favori de ce sommet de la vingt-troisième journée. « Tout va très vite en football, coupe Ariël Jacobs. Le Sporting a été rayé de la carte au moins vingt fois depuis le début de la saison mais on est quand même en tête à l’heure qu’il est. C’est la raison pour laquelle je ne lis pas la presse. Je préfère lire un livre. »

Ceux qui auraient aimé connaître l’avis du T1 des Bruxellois sur les qualités du Standard devront repasser. « Demandez aux analystes, ils les connaissent, dit-il. Moi, je ne suis qu’un entraîneur. De toute façon, je suis certain d’une chose : ce ne sera pas un match pour la première place puisque il y a au moins trois équipes qui prétendent devoir être premières (NDLR : Ariël Jacobs vise-t-il entre autres Michel Preud’homme qui a déclaré que Gand avait joué comme un candidat au titre mercredi ?). Ce dimanche, Anderlecht et le Standard joueront donc pour la quatrième place. Par ailleurs, j’ai entendu que Laszlo Bölöni ne disait que 50% de la vérité. Pour ma part, ce n’est que 10%. »

Sous prétexte qu’il n’invoque jamais ses propres blessés, il est vrai très nombreux cette saison au parc Astrid, Ariël Jacobs n’a pas davantage commenté le forfait de Steven Defour dans les rangs liégeois.

« Une victoire nous offrirait quatre points d’avance sur le Standard ? De toute façon, ce choc sera déterminant à court terme mais pas à long terme car il restera encore onze matchs », conclut un coach bruxellois qui sent inévitablement la pression monter de plusieurs crans au parc Astrid.

Anderlecht – Standard : un sommet aux rayons X

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Olivier Deschacht est le seul rescapé – dans les deux équipes – de la dernière défaite mauve au parc Astrid contre le Standard. C’était en 2003, les Rouches s’étaient imposés 1-4 avec deux buts de Kaklamanos, un de Walasiak et un d’Emile Mpenza. Depuis lors, le Sporting, sur sa pelouse, reste sur 3 victoires et 1 partage.

2,2

Selon les bookmakers, Anderlecht est légèrement favori du match. Sur les sites de paris en ligne, en effet, la victoire des Mauves rapporte 2,2 euros pour un euro. Un succès du Standard est coté à 3,15. Et un partage 3,2.

30

Parmi les 22 acteurs annoncés du match de dimanche soir, un seul a… 30 ans. C’est Davy Schollen, le gardien anderlechtois. Coté liégeois, le plus « vieux » sera sans doute Jovanovic, le buteur serbe. Ce sera donc un choc placé sous le thème de la jeunesse. Tant mieux.

53

Anderlecht, malgré ses problèmes offensifs si souvent constatés, a la meilleure attaque du championnat, avec 53 buts marqués, pour 43 au Standard. Par contre, les Liégeois ont la meilleure défense, avec 19 buts encaissés, devant Lokeren (21) et Anderlecht (23).

155

Anderlecht et le Standard se sont affrontés à 155 reprises en championnat. Le bilan penche en faveur des Bruxellois, avec 70 victoires pour 43 défaites et 42 matchs nuls. Anderlecht a inscrit 255 buts aux Liégeois, les Rouches en ont infligé 199 aux Mauves.

La tactique Comment gérer l’absence de Defour ?

Pour Marc Degryse, un consultant de choix, l’échec liégeois en terre portugaise n’est qu’une demi-surprise.

Pour Marc Degryse, un consultant de choix, l’échec liégeois en terre portugaise n’est qu’une demi-surprise.

« J’avais vu le Standard à l’oeuvre à Courtrai et il ne m’avait pas rassuré. Witsel peine à retrouver son niveau du premier tour et la défense, privée de Dante et de Sarr, n’a plus l’autorité qu’elle témoignait avant la trêve. La blessure de Defour n’a rien arrangé et son absence risque de peser d’un poids déterminant dans le Clasico. Sans doute Bölöni va-t-il être tenté de limiter la casse et de déployer un dispositif prioritairement conçu pour arracher un partage. L’entraîneur roumain doit réaliser qu’en cas de défaite, avec 4 points de retard et avec le programme qui attend ses joueurs, ses chances de reconduire le titre seront considérablement revues à la baisse. Les Liégeois devraient donc opter pour un système avec un seul attaquant à charge pour Mbokani de monopoliser le plus souvent possible le ballon afin de favoriser les infiltrations de la deuxième ligne. Anderlecht, en revanche, sera stimulé à l’idée d’opérer la cassure avec son rival, psychologiquement meurtri à Braga. Autant il avait dû témoigner de frilosité à l’aller, en l’absence d’attaquants, autant il va se montrer dimanche résolument offensif. Ariël Jacobs n’aura que l’embarras du choix et peut jouer indifféremment en 4-3-3 comme en 4-2-3-1, en 4-3-1-2 ou 4-2-1-3. »

Ayant commenté le match à Braga pour le compte de la RTBF, Marc Wilmots ne se prononcera pas sur les intentions du coach anderlechtois qui, dit-il, « baigne dans le luxe » en regard de son collègue roumain.

« Je pense qu’en zone neutre, on va assister à un match dans le match et que la clé du match se situera peut-être plus, pour une fois, sur le banc que sur le terrain. A la place de Bölöni, je ne changerais rien, malgré le revers de mercredi et la blessure de Defour, à sa formule gagnante. Le 4-2-3-1 liégeois a suffisamment fait ses preuves. Si ça n’a pas marché au Portugal, c’est précisément parce que le collectif est passé au second plan aux yeux de quelques joueurs qui ont oublié les vertus du bloc. Inconsciemment, sans doute, chacun a voulu faire son match de son côté, précipitant par individualisme la perte de l’équipe, à l’image de ce 3e et dernier but assassin à la base duquel les Portugais se sont retrouvés à 4 contre 2 alors que Marcos et Onyewu étaient aux abonnés absents. »

Les enjeux Cette saison, le titre sera surtout platonique

En quinze jours, la donne a complètement changé. Bien qu’il ait engrangé le maximum de points depuis

En quinze jours, la donne a complètement changé. Bien qu’il ait engrangé le maximum de points depuis la reprise, le Standard, confronté à un calendrier moins exigeant, n’est pas parvenu à larguer le Sporting. Alors qu’on lui prédisait les pires misères, Anderlecht a fait beaucoup mieux que prévu, récoltant 12 points sur 15 en parvenant, notamment, à franchir victorieusement les deux écueils qui l’attendaient en déplacement, à Charleroi dimanche dernier et à Gand mercredi soir. Grâce à cette efficacité retrouvée, Anderlecht a récupéré son leadership à la veille de ses retrouvailles avec le Standard. En cas de succès, il comptabilisera 4 points d’avance sur son rival liégeois. Un écart qui ne sera pas déterminant, certes, mais qui lui laissera une marge de manoeuvre confortable à 11 journées du terme.

L’enjeu de ce Clasico s’annonce donc énorme dans l’optique de la course au titre qui ne modifiera toutefois pas radicalement la donne dans l’optique de la prochaine campagne européenne. Remodelée selon le souhait de Michel Platini, la future Ligue des champions placera sur un pied d’égalité les c hampion et vice-champion 2008-09 de la compétition belge. L’un et l’autre entreront au 3e tour de l’épreuve, en même temps que les 1er et 2e des championnats de Grèce et de République tchèque ainsi que les champions de tous les pays qui suivent la Belgique au ranking européen. Leur entrée en lice aura lieu les 28 et 29 juillet, la seconde manche étant programmée les 4 et 5 août. Mais en cas de qualification, il leur faudra encore franchir l’épreuve des barrages (20 et 27 août) pour caresser l’espoir de rejoindre la poule aux oeufs d’or qui se disputera, l’automne venu, en 6 journées étalées du 17 septembre au 17 décembre. Les coéfficients des clubs concernés étant prépondérants pour désigner les têtes de série, l’attribution du titre de champion aura donc un caractère plus platonique que par le passé.

L’histoire Le Standard invaincu face aux Mauves depuis 2 ans

Pendant longtemps, Anderlecht a été... la bête noire du Standard. Sur la pelouse de Sclessin, surtout,

Pendant longtemps, Anderlecht a été... la bête noire du Standard. Sur la pelouse de Sclessin, surtout, où les Bruxellois ont connu une longue période sans défaite, du 15 février 1986 (le fameux but de Freddy Luyckx) jusqu’au 27 octobre 2001 (le Standard s’était imposé grâce à une but de Moreira).

Mais ces derniers mois, et même ces dernières années, la tendance s’est renversée. En tout cas, Anderlecht n’a plus battu le Standard depuis près de 2 ans. C’était le 6 avril 2007, un match décisif pour le titre (le dernier d’Anderlecht) : longue remise en jeu de Wasilewski et reprise en un temps d’un certain... Mèmè Tchité, l’ancien Standardman « passé à l’ennemi ». Ce fut le seul but du match. Cinq rencontres plus tard, le Sporting fêtait son 29e titre face au Brussels.

Depuis, les deux formations se sont rencontrées à six reprises : le Standard a gagné... cinq fois, pour un partage blanc (pour l’un des premiers matchs de Jacobs sur le banc mauve comme T1). En fait, les Liégeois se sont imposés deux fois en Coupe de Belgique, deux fois en championnat et une fois en Supercoupe. Avec trois succès d’affilée lors des trois derniers matchs : à l’aller, en septembre dernier, Anderlecht avait sans doute joué... l’un de ses meilleurs matchs de la saison, mais s’était incliné, (2-1), après la sortie sur blessure de Jan Polak.

Ce qu’on peut retenir de ces dernières confrontations, c’est à chaque fois la supériorité technique et surtout physique des Liégeois, bien plus présents dans les duels. Or, on sait que dans ces rencontres, l’enjeu prend souvent le pas sur le jeu.

Enfin, dernière donnée importante : si le Standard est impérial contre Anderlecht... à Sclessin, c’est bien moins le cas au parc Astrid, avec une seul victoire en dix ans (en 2003, voir ailleurs). Chez lui, le Sporting reste le plus souvent maître des lieux. Comme quoi, l’avantage du terrain n’est pas toujours un vain mot.

L’événement L’Europe du ballon rond au balcon du Parc

Evénement oblige, le Parc fera le plein de ses 24.000 places ce dimanche soir. On y dénombrera très exactement

Evénement oblige, le Parc fera le plein de ses 24.000 places ce dimanche soir. On y dénombrera très exactement 943 supporters des Rouches qui seront accueillis en toute amitié, avec tous les honneurs dus à leur rang.

« Le temps est révolu, se plaît à préciser Stéphane Boillat, le responsable de la sécurité où il fallait sortir les chevaux de frise pour canaliser la fougue des fans liégeois. Depuis plusieurs années, les rapports se sont considérablement améliorés entre les partisans des deux camps et le kop de Sclessin aura même le loisir, dans l’espace qui lui est imparti, d’organiser son tifo. Le dispositif policier ne sera ni moins important ni plus lourd qu’à l’occasion de toute autre rencontre qualifiée de « match à risque ».

Au niveau de la retransmission télévisée, les grands moyens seront déployés par Belgacom TV qui disposera au total 14 caméras autour de la pelouse, soit deux de plus qu’à l’ordinaire.

« Et comme il s’agit du dernier match de la journée, on gardera l’antenne, après match, aussi longtemps que les acteurs nous offriront l’occasion de livrer en direct leurs sentiments, précise Marc Delire. »

Il y aura évidemment du monde, et du beau monde dans la tribune où se pressent à l’accoutumée les VIP et les ayant-droits que rejoindront un nombre imposant de scouts venus de l’Europe entière.

Sont annoncés des émissaires d’Aix-la-Chapelle, FC Barcelone, Blackburn, Catane, Fiorentina, Genoa, Groeningen, Hoffenheim, Lecce, Manchester City, Marseille, Moenchengladbach, Porsmouth, PSV, Rennes, Schalke 04 et Willem II !

Saisissant la balle au bond, le restaurant Saint-Guidon profitera de l’occasion pour célébrer en grande pompe le 20e anniversaire de son existence et proposera dimanche un menu spécial Anderlecht - Standard concocté par quelques-uns des plus grands chefs de la corporation belge emmenés par Pierre Wijnants, l’emblématique timonier du « Comme Chez Soi », ardent supporter du Sporting faut-il le rappeler.

« 2-1 pour le Sporting car Defour va manquer au Standard »

Eddy Merckx Sportif belge du XXe siècle

« Je vois le Sporting s’imposer 2-1, un score classique au Parc Astrid. D’une part parce que les Mauves ne perdent plus. Ils ont gagné des rencontres compliquées en déplacement à Charleroi, à Gand. Le Standard vient de prendre un coup sur la tête à Braga mais il est capable de surmonter cette situation comme une grande équipe. En revanche, plus que tout autre joueur, Defour lui est indispensable. »

« Le Standard a eu son coup de massue, Anderlecht gagnera ! »

Aimé Anthuenis Entraîneur du GBA

« La défaite de Braga représente par son ampleur un terrible coup de massue pour le Standard. A la limite, je lui aurais accordé une chance de rédemption immédiate s’il avait affronté Anderlecht à domicile. Mais le match se jouera au Parc et là, je vois Anderlecht s’imposer sans discussion, sur un score de 3-1. Jouant à domicile, le Sporting a tous les atouts dans les pieds pour réaliser le break. »

« J’espère un match nul mais je crains une défaite... »

Yves Leterme ex-Premier ministre

« J’espère un match nul, 1-1. Mais en fait, je crains la défaite. Parce qu’Anderlecht est dans une courbe montante. Et que le Standard sans Defour, ça fait une sacrée différence. Et puis, certains joueurs du Standard sont un peu en méforme. Je pense à Witsel : c’est peut-être la malédiction du Soulier d’or. Autrement dit, ce n’est vraiment pas le bon moment d’affronter Anderlecht qui a beaucoup de chance. »

Ariël Jacobs 50 ans, Belge. La dernière victoire d’Ariël Jacobs face au Standard remonte à l’époque

Ariël Jacobs 50 ans, Belge.

La dernière victoire d’Ariël Jacobs face au Standard remonte à l’époque où il était entraîneur… de Mouscron, en mai 2007. Avec Anderlecht, il n’a jamais battu les Rouches (1 partage au parc Astrid et 3 défaites à Sclessin, Supercoupe comprise). Le Bruxellois joue peut-être gros pour la suite de sa carrière en cette fin de saison, même si ce gentleman n’a jamais fait de son rôle de T1 un objectif en soi.

Davy Schollen 30 ans, 1m90, Belge. C’est peut-être le match le plus important de sa carrière. Alors

Davy Schollen 30 ans, 1m90, Belge.

C’est peut-être le match le plus important de sa carrière. Alors qu’il était troisième gardien en début de saison, le voilà propulsé dans la lumière avec le départ de Proto et la blessure de Zitka. Un intérim avec des hauts (Gand) et des bas (Cercle). Et ce dimanche ?

Olivier Deschacht 28 ans, 1m85, Belge. Le capitaine des Mauves ne livre pas la meilleure saison de

Olivier Deschacht 28 ans, 1m85, Belge.

Le capitaine des Mauves ne livre pas la meilleure saison de sa carrière et semble parfois un peu gamberger. Mais, généralement, il répond présent dans les grands matchs.

Arnold Kruiswijk 24 ans, 1m82, Néerlandais. Il n’a pas raté une minute de jeu depuis 11 matchs, soit

Arnold Kruiswijk 24 ans, 1m82, Néerlandais.

Il n’a pas raté une minute de jeu depuis 11 matchs, soit depuis que Van Damme s’est blessé. Il avait bien joué à Bruges, il passera un nouvel examen de maturité dimanche.

Roland Juhasz 25 ans, 1m93, Hongrois. C’est le patron incontesté de la défense du Sporting : intransigeant

Roland Juhasz 25 ans, 1m93, Hongrois.

C’est le patron incontesté de la défense du Sporting : intransigeant derrière, efficace et décisif devant (3 buts marqués lors des 4 derniers matchs). Le meilleur Mauve de la saison.

Marcin Wasilewski 28 ans, 1m86, Polonais. Catastrophique l’an dernier, il est toujours là parce que

Marcin Wasilewski 28 ans, 1m86, Polonais.

Catastrophique l’an dernier, il est toujours là parce que Rnic est encore plus mauvais que lui. Mais il faut avouer que son retour de blessure a redonné de l’équilibre à l’équipe. Son duel avec Jovanovic sera sans doute une clé du match.

Jan Polak 27 ans, 1m78, Tchèque. Anderlecht avec ou sans Polak, ce n’est pas la même chose : sans lui,

Jan Polak 27 ans, 1m78, Tchèque.

Anderlecht avec ou sans Polak, ce n’est pas la même chose : sans lui, le Sporting a perdu 3 matchs sur 7 ; avec lui, 1 match sur 15, cette saison, en championnat ! C’est le régulateur de l’équipe, l’homme qui donne de l’équilibre et du caractère à l’ensemble. Incertaine, sa présence ou son absence pèsera lourd.

Lucas Biglia 23 ans, 1m78, Argentin. L’Argentin est en nette perte de vitesse cette saison. Le public

Lucas Biglia 23 ans, 1m78, Argentin.

L’Argentin est en nette perte de vitesse cette saison. Le public commence d’ailleurs à le critiquer pour la lenteur de son jeu et sa tendance à la latéralité. Mais il reste incontournable pour Jacobs. Cependant, il est incertain suite à une blessure et pourrait être remplacé par Losada, ce qui changerait la disposition dans l’entrejeu.

Guillaume Gillet 24 ans, 1m86, Belge. Meilleur buteur mauve jusqu’il y a peu, c’est le rayon de soleil

Guillaume Gillet 24 ans, 1m86, Belge.

Meilleur buteur mauve jusqu’il y a peu, c’est le rayon de soleil dans la grisaille d’Anderlecht. Il semblait un peu émoussé – logiquement, il n’a pas raté un match depuis plus d’un an – ces dernières semaines, mais a de nouveau été décisif à Gand, mercredi.

Jonathan Legear 21 ans, 1m79, Belge. Le seul de tout le noyau anderlechtois qui dribble vers l’avant.

Jonathan Legear 21 ans, 1m79, Belge.

Le seul de tout le noyau anderlechtois qui dribble vers l’avant. Sa pointe de vitesse fait souvent le reste. Même si le Liégeois de Bruxelles est meilleur passeur que buteur.

Mbark Boussoufa 24 ans, 1m67, Marocain. Le chouchou de Vanden Stock a un talent fou, mais donne parfois

Mbark Boussoufa 24 ans, 1m67, Marocain.

Le chouchou de Vanden Stock a un talent fou, mais donne parfois l’impression qu’il lui manque un fifrelin pour être vraiment un joueur de grande classe. Pas souvent décisif dans les sommets.

Tom De Sutter 23 ans, 1m92, Belge. Le nouveau renfort du Sporting a mis peu de temps à s’adapter :

Tom De Sutter 23 ans, 1m92, Belge.

Le nouveau renfort du Sporting a mis peu de temps à s’adapter : il a un pied dans les 5 derniers buts inscrits par Anderlecht (2 assists, 3 buts). Et il a déjà battu le Standard (4-1), cette saison, avec le Cercle.

Paul Allaerts 44 ans, Belge. Spécialiste des sommets (il a déjà dirigé le match aller), le citoyen

Paul Allaerts 44 ans, Belge.

Spécialiste des sommets (il a déjà dirigé le match aller), le citoyen de Mol fut « Arbitre de l’année » à deux reprises (2005-2006). Il officie en D1 depuis 1996. Jeudi prochain, il arbitrera Saint-Etienne - Olympiakos en UEFA.

Laszlo Bölöni 55 ans, Roumain. L’ancien chirurgien-dentiste est arrivé à Sclessin l’été passé fort

Laszlo Bölöni 55 ans, Roumain.

L’ancien chirurgien-dentiste est arrivé à Sclessin l’été passé fort d’une belle réputation de joueur et d’entraîneur. Sous sa direction, le Standard a changé de style passant de la recherche de la verticalité dans un 4-4-2 à un football de passes basé sur la vitesse d’exécution dans un 4-2-3-1.

Aragon Espinoza 26 ans, 1m88, Equatorien. Celui qui aurait pu devenir ingénieur en informatique est

Aragon Espinoza 26 ans, 1m88, Equatorien.

Celui qui aurait pu devenir ingénieur en informatique est aussi attachant humainement que ses performances sportives sont contestées. Mais si le gardien équatorien d’humeur joyeuse est coutumier d’une bourde par match, les statistiques parlent pour « Papy » comme le surnomme le groupe : rarement elle a fait perdre un point au Standard.

Marcos Camozzato 25 ans, 1m77, Brésilien. Arrivé sur la pointe des pieds en provenance de Porto Alegre,

Marcos Camozzato 25 ans, 1m77, Brésilien.

Arrivé sur la pointe des pieds en provenance de Porto Alegre, le Brésilien a poussé Deflandre et Dupré vers la porte de sortie. Il est sans aucun doute l’arrière droit le plus régulier du championnat. Eduqué au sein d’une famille de médecins brésiliens, il a un comportement exemplaire sur et en dehors des terrains.

Oguchi Onyewu 26 ans, 1m92, Américain. Il est libre, l’Américain qui protège jalousement sa vie privée.

Oguchi Onyewu 26 ans, 1m92, Américain.

Il est libre, l’Américain qui protège jalousement sa vie privée. En fin de contrat, il est sans doute en train de réaliser sa meilleure saison au Standard qui fait le pressing pour garder le joueur le plus ancien en termes d’années de présence au sein du groupe. Mais Onyewu patiente, désireux qu’il est de retenter une aventure en Angleterre.

Mohamed Sarr 25 ans, 1m84, Sénégalais. Le complément parfait d’Onyewu, et vice-versa. Le Sénégalais

Mohamed Sarr 25 ans, 1m84, Sénégalais.

Le complément parfait d’Onyewu, et vice-versa. Le Sénégalais est le boute-en-train de l’équipe. Un sourire permanent éclaire son visage. Sur le terrain, ses capacités physiques et son intelligence font oublier qu’il manque un peu de technique.

Landry Mulemo 22 ans, 1m77, Belge. Formé au Standard avant d’être prêté à Saint-Trond, il est revenu

Landry Mulemo 22 ans, 1m77, Belge.

Formé au Standard avant d’être prêté à Saint-Trond, il est revenu à Sclessin où il ne parvient pas à s’imposer. D’abord barré par Dante, il a vu Bölöni lui préférer Mangala. Jusqu’à ce dimanche ?

Axel Witsel 20 ans, 1m83, Belge. Le Soulier d’or est peut-être le joueur le plus discret du groupe.

Axel Witsel 20 ans, 1m83, Belge.

Le Soulier d’or est peut-être le joueur le plus discret du groupe. Lors de ses interviews, il se confie avec parcimonie. C’est sur le terrain que le symbole de l’Académie des jeunes du Standard, où il a fait toute sa formation, s’exprime le mieux.

Eliaquim Mangala 18 ans, 1m87, Français. Né en France de parents congolais et arrivé en Belgique à

Eliaquim Mangala 18 ans, 1m87, Français.

Né en France de parents congolais et arrivé en Belgique à l’âge de 5 ans, il était inconnu au bataillon jusqu’en janvier 2009. Titulaire depuis le deuxième tour à 18 ans, ses équipiers le trouvent plus complet que Fellaini lorsque celui-ci avait intégré le noyau professionnel.

Wilfried Dalmat 26 ans, 1m76, Français. Arrivé de Mons, l’as de la Playstation a rapidement trouvé

Wilfried Dalmat 26 ans, 1m76, Français.

Arrivé de Mons, l’as de la Playstation a rapidement trouvé ses marques à Sclessin. Cet amoureux de l’Asie qui aime la politesse et le respect peut être déroutant sur le flanc droit où il forme un duo complémentaire avec Marcos.

Igor De Camargo 25 ans, 1m87, Belge. Quand il a commencé le football, il était gardien, puis défenseur

Igor De Camargo 25 ans, 1m87, Belge.

Quand il a commencé le football, il était gardien, puis défenseur central, médian et attaquant. C’est en soutien de Mbokani qu’il s’exprime désormais en rêvant avant chaque match de dessiner un cœur avec ses doigts après chaque but.

Milan Jovanovic 27 ans, 1m83, Serbe. Attachant en dehors des terrains, il peut être capable de péter

Milan Jovanovic 27 ans, 1m83, Serbe.

Attachant en dehors des terrains, il peut être capable de péter un câble sur une pelouse ou de rendre fou un adversaire. Ses dribbles sont aussi déroutants que sa communication où il peut, sans rire, dire blanc un jour et noir le lendemain.

Dieumerci Mbokani 23 ans, 1m85, Congolais. Dieu est à Sclessin et peut y faire la pluie comme le beau

Dieumerci Mbokani 23 ans, 1m85, Congolais.

Dieu est à Sclessin et peut y faire la pluie comme le beau temps. Auteur des deux buts contre Anderlecht lors de la soirée du titre le 20 avril 2008, Mbokani donne l’impression de jouer à la carte. Or, l’attaquant le plus doué de Sclessin marche surtout au moral.

LES OBSERVATIONS Réservistes : Bolat, Mikulic, Ingrao, Goreux, Nicaise, Carcela, Benteke. Absent : Defour

LES OBSERVATIONS

Réservistes : Bolat, Mikulic, Ingrao, Goreux, Nicaise, Carcela, Benteke.

Absent : Defour (cheville).

A retenir :

1. Alors qu’il n’a pas joué un seul match en 2009 (deux rencontres de suspension puis une blessure au mollet), Sarr devrait retrouver sa place dans la défense centrale puisque Bölöni le dit opérationnel.

2. Après l’avoir remplacé par Mulemo sur le flanc gauche en cours de match à Braga, Bölöni va-t-il se décider à placer Mangala dans un rôle axial qui lui convient mieux ? Où va-t-il conserver sa confiance à Nicaise ?

3. Comment le Standard va-t-il gérer son échec de Braga ? Même s’il n’a pas été battu deux fois de suite cette saison, le revers lusitanien risque d’avoir laissé des traces. En attendant, Bölöni ne dévoilera son noyau que samedi soir. (E. Px.)