L’humour au chevet du pays

SONON,CHRISTIAN

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Mardi 11 décembre 2007

Scène La première de « Sois belge et tais-toi » à bureaux fermés à Ottignies

Ils seront à Nivelles et à Tubize en février, à Braine-l’Alleud début mars et à Bierges à la mi-avril (1). Mais le week-end dernier, ils ont fait rire aux larmes (citoyens) le Centre culturel d’Ottignies qui a eu le privilège d’accueillir, à bureaux fermés, les deux premières représentations de leur nouveau spectacle « Sois belge et tais-toi ! »

« Ils », ce sont bien sûr les six joyeux et impertinents compères de la Compagnie Victor : Stéphanie Coerten, Nathalie Hugo, Philippe Peters, André et Baudouin Remy, Joël Riguelle. Six comédiens et chanteurs chevronnés qui ont campé une trentaine de personnages habitués à… camper sur leurs positions – et nous ne parlons pas ici des parents devant les écoles – et à se disputer depuis les élections.

Ainsi donc, à l’aube du 180e jour, à défaut d’avoir un gouvernement, les francophones ont eu leur revue. Et ils ont poussé un grand ouf ! de soulagement en constatant que deux lignes sur trois n’étaient pas rédigées en flamand, comme l’auraient, paraît-il, exigé quelques personnalités très influentes du nord du pays.

On ne va pas trop en dire, mais compte tenu de l’actualité, l’édition 2008 a fait quasiment table rase des épisodes antérieurs. Pour mieux dérouler le tapis communautaire et renvoyer les oranges bleues à la tête de Didier Reynders, Yves Leterme, Joëlle Milquet et les autres. Une gageure compte tenu de l’immobilisme politique… galopant.

« Ce n’était guère facile d’écrire cette revue, car la situation évolue de jour en jour, confesse Baudouin Remy. Nous avons dû ratisser large et brosser des scènes qui ne risquaient pas de devenir obsolètes. »

Des exemples ? Elio Di Rupo qui apprend à Joëlle Milquet à dire « non », le Roi qui est tombé par terre à cause du communautaire, les gaffes d’un Yves Leterme qui sort par la porte et rentre par la fenêtre, la leçon de flamand truffée de mots français ou encore la dispute familiale au cours de laquelle le mari (flamand) menace son épouse (wallonne) de lui retirer ses facilités.

Avec Sarkozy et Royal

« Plusieurs télévisions étrangères ont choisi de filmer cette scène du couple afin de faire comprendre la situation communautaire en Belgique », souligne Baudouin Remy. Et à propos de certains personnages, dont l’imitation semblait moins réussie, le journaliste de la RTBF ajoute : « Tous et toutes ne sont pas drôles de la même façon. Mais c’est à nous de faire évoluer nos nouveaux personnages et… au public à venir à leur rencontre. »

« Moi, j’ai beaucoup adoré les apparitions de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal », nous avoua l’ancien gouverneur Valmy Féaux après le spectacle. Avant de constater : « Il y a ce soir beaucoup d’abonnés du Centre culturel, mais également un certain nombre de Bruxellois qui ont absolument voulu assister à la première. »

À propos, les auteurs savent-ils déjà de quel nom ils vont rebaptiser leur revue quand la Belgique se sera tue définitivement ? Mais non, c’est pour rire, hein Madame !

(1) Infos : www.compagnievictor.be