L’ordinateur s’impose, l’écrivain public reste
STAGIAIRE
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Jeudi 18 novembre 2010
Social Un métier plus que jamais utile
Ce jeudi se tient à Charleroi le troisième Forum des écrivains publics, à l’initiative de Présence et Action culturelle (PAC). L’occasion de lancer un site internet (1) : « L’idée est de créer un réseau à l’échelle de la Communauté française et sur deux pôles d’activité complémentaires : des permanences et des ateliers collectifs de lecture-écriture », détaille Dominique Surleau, coordinatrice à Bruxelles et en Hainaut.
En Wallonie, il existe entre une cinquantaine de lieux de permanences, des maisons de quartier jusqu’aux prisons, en passant par des institutions pour handicapés mentaux ou des homes pour personnes âgées. L’anonymat est garanti à tous les participants et le service reste gratuit.
Une vocation sociale et de bonnes connaissances en écriture sont les conditions sine qua non pour devenir écrivain public.
Avec une tendance à la professionnalisation, l’activité est pour l’heure exercée par 150 bénévoles du réseau : des chômeurs – qui ont parfois retrouvé un emploi grâce à cette compétence complémentaire –, des retraités, des enseignants ou toute autre personne qui a envie de se rendre utile… Ils suivent une formation pratique et théorique d’une centaine d’heures. « Nous ne sommes pas dans une logique d’assistanat, mais nous pouvons diriger les bénéficiaires vers des structures appropriées », explique Bernadette Schmitz, 56 ans, future écrivain public. « L’écrivain public n’est ni un assistant social, ni un psychologue, ni un docteur », insiste Dominique Surleau. « Nous avons une éthique et n’écrivons pas de lettre d’insultes par exemple », précise Caroline Jesson.
Un écrivain public Caroline Jesson est écrivain public depuis six ans. « Je me souviens d’un homme
Caroline Jesson est écrivain public depuis six ans. « Je me souviens d’un homme de 75 ans qui voulait écrire un discours pour l’anniversaire de son meilleur ami qu’il connaissait depuis des années. Je l’ai rédigé avec lui. Il pleurait, c’était beaucoup d’émotion. J’ai aussi en mémoire cette personne qui avait reçu un “ accusé de réception“ et qui croyait qu’elle était “ accusée“. L’administration pourrait faire des efforts. »
Une bénéficiaire Carine, 51 ans, a quitté l’école à onze ans. Elle travaille comme concierge, un métier
Carine, 51 ans, a quitté l’école à onze ans. Elle travaille comme concierge, un métier où elle utilise peu ses connaissances en langue : « Je peux lire les journaux mais je ne pourrais pas écrire trois phrases. La dame qui m’aide explique mieux le pourquoi des choses que moi. Elle m’aide pour payer une assurance, déchiffrer des papiers ou écrire des lettres familiales. Cela reste confidentiel. On a vraiment besoin d’eux. »
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