L'ACCORD DE LA DERNIERE CHANCE AVEC AIR FRANCE LA SABENA RESTE DANS L'IMPASSE

BARY,PIERRE

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Samedi 22 février 1992

L'accord de «la dernière chance» avec Air France

La Sabena reste dans l'impasse

Statu quo pour la Sabena. Rien n'est sorti de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, malgré l'engagement pris la semaine dernière de traiter le dossier dans le cadre des «affaires courantes». Motif: le ministre de tutelle, Jean-Luc Dehaene chargé de défendre le plan de recapitalisation de la Sabena n'avait pas rejoint le 16 rue de la Loi. Cela va prolonger une attente que les adversaires flamands de l'accord avec Air France ne manqueront pas d'exploiter, au moment où il y a urgence de conclure.

La Sabena qui ne survit qu'à la faveur de crédits provisoires de 3 milliards versés en décembre dernier attend le parachèvement de de sa recapitalisation, ainsi qu'elle le rappelle dans un communiqué publié vendredi soir. Ayant été un partenaire loyal des décisions prises par le gouvernement, elle constate que le vide actuel compromettra les efforts de renouveau qui ont permis de clôturer le second exercice de 1991 avec un résultat positif de 50 millions toutes charges et toutes taxes payées. Elle ajoute que sans décision la société sera entraînée dans une spirale négative.

Cette non-décision décevante ne compromet pas définitivement non plus l'accord avec Air France, comme l'a souligné le vice-Premier, Philippe Moureaux en constatant que s'il y avait une certaine urgence, on ne se trouvait pas encore dans des délais dramatiques. Dans l'hypothèse où l'équipe actuelle ne prendrait pas ses responsabilités, il souhaitait qu'un nouveau gouvernement se constitue rapidement.

Cette attitude du gouvernement après l'engagement pris la semaine dernière, par le Premier ministre ne manque pas de surprendre dans les cabinets qui suivent l'évolution du dossier. Ainsi, nous dit-on, un véritable consensus avait été réalisé au terme de réunions avec le ministre Jean-Luc Dehaene, chacun mesurant bien qu'il n'y a pas d'autre alternative que l'accord avec Air France et, qu'à défaut de cet accord, la Sabena allait droit à la faillite.

La crainte existe dans le climat actuel que le partenaire français ne perde patience. Des contacts ont été établis durant la journée entre Paris et Bruxelles où le conseil d'administration de la Sabena a été dûment informé. La journée a été émaillée de communiqués de regret, l'un de la CGSLP inquiète pour l'emploi et l'autre du FDF qui juge l'accord avec Air France, comme la dernière chance.

PIERRE BARY