L'armée a arrêté Marwan Barghouthi

ASSOCIATED PRESS; AFP

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Mardi 16 avril 2002

L'armée a arrêté Marwan Barghouthi

PASCAL MARTIN

Les tractations diplomatiques menées par le secrétaire d'Etat américain Colin Powell se sont poursuivies lundi, en Israël ainsi qu'au Liban et en Syrie. Dans le même temps, Yasser Arafat se retrouvait un peu plus isolé : le chef en Cisjordanie de son mouvement Fatah, Marwan Barghouthi, a en effet été arrêté lundi par l'armée israélienne dans la villeautonome de Ramallah. Le président de l'autorité palestinienne perd ainsi l'un de ses principaux lieutenant son successeur possible, affirmaient certains , présenté par les brigades des martyrs d'Al-Aqsa comme l'un de leurs dirigeants.

Dans la foulée, Colin Powell a jugé que la présence du vieux leader palestinien n'était pas requise, en tout cas pour commencer, lors de la conférence sur le Proche-Orient que le Premier ministre israélien Ariel Sharon a proposé dimanche en réponse à l'initiative diplomatique américaine. Arafat avait pour sa part répondu qu'il pourrait souscrire immédiatement à cette proposition à condition qu'elle se déroule sous l'égide des Etats-Unis et qu'elle soit précédée d'un retrait immédiat des territoires occupés par l'armée israélienne. Mais Sharon s'est montré inflexible, au contraire du chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres qui a fait savoir qu'il ne s'oppose pas à la présence d'Arafat à cette conférence : Chaque peuple choisit ses propres représentants.

Arafat écarté, l'organisation d'une conférence sur le Proche-Orient pourrait avoir lieu dans les six semaines. Selon la radio publique israélienne, celle-ci pourrait se tenir aux Etats-Unis, la question de l'éventuelle participation de l'Union européenne et de la Russie restant à régler. Pour Ariel Sharon, Israël, l'Egypte, l'Arabie Saoudite, la Jordanie, le Maroc et les représentants des Palestiniens mais sans Yasser Arafat devraient participer à cette conférence.

Cette proposition est ridicule. Israël doit se retirer des terres occupées, et ce n'est qu'après que l'on pourra parler de négociations, pas aujourd'hui, avec les massacres, a déclaré de son côté un diplomate palestinien.

Colin Powell tient le cap. De retour en Israël après Beyrouth et Damas, il a annoncé qu'il discutait avec les pays arabes pour les amener à assister à la conférence proposée par Ariel Sharon. Beyrouth où sa visite s'est heurtée à un autre mur : profitant de son passage, le Hezbollah libanais a annoncé son intention de poursuivre ses opérations contre les troupes israéliennes qui occupent le secteur contesté des fermes de Cheeba. (Avec AP, AFP.)·