L'art et la manière de se déplacer

SAINTGHISLAIN,VALERY

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Vendredi 21 octobre 2005

Mons Une sélection des collections du Musée des Beaux-Arts, en travaux, part à la rencontre du public

La culture se décentralise. Le musée, en chantier, quitte ses murs. Et propose un florilège. La tournée s'arrête dans plusieurs villages du Grand Mons.

VALÉRY SAINTGHISLAIN

Imaginez le tableau. Ou plutôt les tableaux. Et même quelques sculptures. Toutes enrôlées pour une tournée originale.

Des Paulus, Anto Carte, Rassenfosse, Douard, Boulmant, Detry, Buisseret, Courbet... Une trentaine d'oeuvres des collections du musée des Beaux-Arts de Mons sont sorties de leur réserve pour une expo itinérante (1) qui fera halte, une semaine chaque fois, dans d'anciennes maisons communales du Grand Mons, deux ou trois salles Calva et même au château d'Havré !

L'épopée du musée nomade débutera avec l'armistice à Flénu, avant de poursuivre son périple par Hyon, Saint-Symphorien, Saint-Denis (à l'abbaye), Nimy, Cuesmes, Havré et Jemappes en juin 2006. On sera là à quelques mois de la réouverture du Musée des Beaux-Arts. Et la boucle pourra être bouclée. Car tout est parti de la rénovation du « bunker » de la rue Neuve. On s'est demandé ce que nous allions faire une fois le musée fermé. C'est là qu'est venue l'idée de cette expo itinérante qui mettrait en valeur nos collections, les ferait sortir du musée. C'est de la culture décentralisée, de l'éducation permanente aussi, juge Jean-Paul Deplus. L'échevin voulait tenter le coup, malgré les problèmes d'assurances et de gardiennage, et ouvrir le cercle à ceux qui n'ont pas l'habitude de consommer de la culture. Michel De Reymaeker, le conservateur des Beaux-Arts, a pris son temps (un an) pour sélectionner un florilège parmi les 2.500 oeuvres qui forment les collections. Dans un musée public, les oeuvres appartiennent au public. Il doit pouvoir se réapprorier ce patrimoine culturel. Or, le musée fait parfois peur. On rechigne à en franchir le seuil.

Il n'en a sorti que l'emblématique : comme la plus ancienne propriété du musée (l'« Ecce Homo » de Dirk Bouts, une huile sur bois du 15e siècle) à sa plus récente acquisition (« Baald » de Peter Saul, en 2000). À chaque étape, Églantine Lebacq jouera les médiateurs pour faire le lien entre le public et les oeuvres. Son travail sera facilité par la scénographie modulable réalisée par la petite équipe du musée des Beaux-Arts.

Il fallait pouvoir s'adapter à des lieux de tailles différentes, pouvoir monter et démonter en un jour, explique Bruno Vandegraaf, scénographe de l'éphémère.

Le plus petit détail a été soigné. Les panneaux amovibles sur lesquels les tableaux seront accrochés ont été peints de quatre couleurs différentes : bleu pour les paysages, violets pour la peinture sociale, rouge pour les figures et vert pour les natures mortes.

(1) Chaque lieu sera accessible gratuitement du mardi au dimanche de 12 à 18 heures (ouverture au public le samedi et verre de l'amitié le dimanche à 12h). Visites guidées et animations pour les écoles du mardi au vendredi. Infos au 065/40.53.18 ou 40.53.06. Ou sur www.mons.be