L'ASSEMBLEE FRANCOPHONE APPROUVE SON BUDGET 1995, L'ANNEE DES SUCCESSIONS DIFFICILES A LA COCOF

LAMENSCH,MICHELLE

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Lundi 26 décembre 1994

L'assemblée francophone approuve son budget 1995

L'année des successions difficiles à la Cocof

L'assemblée francophone de Bruxelles (la Cocof) a approuvé vendredi le projet de budget 1995 présenté par le ministre Robert Hotyat (PS). La balance des dépenses (8,12 milliards) et recettes (7,704 milliards) se traduit par un mali de 416 millions.

Le Parlement francophone de Bruxelles, chargé de certaines matières culturelles et sociales, a vu ses champs d'action et ses moyens considérablement augmenter sous l'effet de transferts successifs de compétences de la Communauté française et plus récemment à la faveur de l'héritage induit par la scission de la province de Brabant.

Les modalités de ces transferts (et notamment l'évolution de la ventilation des crédits entre la Région wallonne et la Cocof) constituent d'ailleurs un des angles d'attaque de l'opposition PRL et Écolo et du partenaire majoritaire FDF.

Si les Bruxellois francophones prendront plus de poids dans les décisions qui les concernent de près, il faut reconnaître que la Communauté française s'est délestée de certains pouvoirs avant tout pour soulager ses finances et que la succession provinciale - essentiellement l'enseignement - se solde pour l'instant par une charge supplémentaire pour les Bruxellois francophones.

Hervé Hasquin (PRL) dénonce à ce propos l'état d'impréparation de la Cocof au moment où celle-ci devient pouvoir organisateur (aux côtés de quatre autres...), chargée d'environ mille enseignants et quatre mille élèves.

- Il y a beaucoup trop de pilotes dans l'avion, en conclut Marion Lemesre (PRL) en identifiant quatre ministres chargés, à Bruxelles, de l'enseignement et de la formation. La conseillère oppose, par ailleurs, les «carences législatives» bruxelloises, pour l'accueil des handicapés, aux projets de la Wallonie qui envisage d'exclure les Bruxellois de ses établissements.

Le PSC (majorité), par la voix de Michel Lemaire, insiste à cet égard sur l'indispensable solidarité entre francophones de Bruxelles et de Wallonie, à tous points de vue. Thème qui recueille l'assentiment du FDF.

- Non politique, non gestion: Michel Duponcelle (Écolo) accuse la Cocof d'utiliser l'argent des politiques sociales et de santé pour combler les déficits occasionnés par les transferts de l'enseignement provincial.... ou pour rénover le nouveau théâtre de Belgique, vitrine francophone sur la place des Martyrs. (NDLR: pour «sauver l'honneur» face aux nombreux ministères flamands).

Au nom du FDF enfin, Serge de Patoul estime que la diversité des tâches qui incombent à l'assemblée francophone de Bruxelles entrave l'établissement d'une ligne de conduite cohérente.

MICHELLE LAMENSCH