L'Electragate s'invite à l'Elysée

CONDIJTS,JOAN

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Mardi 22 mai 2007

Energie Un proche de Nicolas Sarkozy

La semaine dernière, Patrick Ouart était nommé conseiller pour les affaires judiciaires à l'Elysée. Le 20 novembre prochain, si la Chambre du conseil le décide, ce proche de Nicolas Sarkozy sera renvoyé devant un tribunal correctionnel belge.

L'ancien secrétaire général du groupe Suez a été inculpé en février 2005, comme Jean-Pierre Hansen, actuel patron d'Electrabel, d'incitation à la commission d'un piratage informatique, de piratage informatique et de tentative d'interception de communications privées. Et, en août 2006, le parquet a demandé son renvoi devant un tribunal correctionnel. Amende et peine encourues : jusqu'à un million d'euros et cinq ans d'emprisonnement.

Samedi, sur France Info, Patrick Ouart a tenu à rappeler « les contours de cette affaire que la justice belge connaît pleinement. Elle a abandonné l'essentiel des poursuites qui avaient été engagées sur des présomptions fantasmagoriques de délit financier. Il demeure une différence d'appréciation sur l'interprétation de la législation belge en matière de sécurité informatique (...) J'attends avec sérénité la décision (de la justice belge) », a-t-il conclu.

L'« affaire » est connue sous le nom d'« Electragate ». Un scandale qui a éclaté en 2004.

Dans la soirée du jeudi 19 février, trois « experts » informatiques s'introduisent dans les locaux d'Electrabel, à Bruxelles. Les plombiers placent des logiciels d'espionnage informatique sur l'ordinateur du responsable des relations avec les investisseurs de la société. Quelques jours après, le service informatique de l'entreprise détecte le mouchard. La direction saisit la justice. Et les enquêteurs découvrent que les trois individus ont été introduits par Jean-Pierre Hansen, qui était, à l'époque, président du conseil d'administration d'Electrabel. Soit sans fonction exécutive. L'opération a surtout été menée à l'insu des dirigeants de l'électricien.

Le groupe Suez, maison mère d'Electrabel, qui a piloté l'opération, la justifiera en la décrivant comme une mission de « sécurisation informatique ». Objectif : vérifier si la filiale ne livrait pas des informations à un électricien espagnol, Iberdrola, soupçonné de velléités de raid sur Suez. Une justification que le parquet bruxellois n'a pas entendue.