L'emploi à deux vitesses

BURGRAFF,ERIC

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Jeudi 19 janvier 2006

Luxembourg Le secteur primaire devient insignifiant et les services se développent

L'emploi ! « La » préoccupation du monde politique depuis des années. « La » préoccupation aussi des citoyens. Entre les deux, le Forem. Celui-ci vient de publier sous le titre « Emploi du temps » un état des lieux socio-économique pour un coin de Wallonie. Analyse des chiffres luxembourgeois avant ceux de Namur demain.

Salariés et indépendants. Peu d'évolution des caractéristiques principales de la province : 68.000 salariés répartis dans 6.477 entreprises. Plus de huit entreprises sur dix emploient moins de 10 travailleurs. Entre 1999 et 2002, le nombre de salariés a augmenté de 5,6 %. « L'emploi croît plus fort en Luxembourg qu'en Région wallonne », soulignent André-Marie Goffin, directeur, et Pierre Gramme, analyste marché au Forem. A contrario, avec 22.500 unités, le nombre d'indépendants est en régression de 2,3 %, soit une décrue plus importante qu'en Wallonie.

Agonie du secteur primaire. Sus aux idées préconçues : le secteur primaire (agriculture, forêt...) ne représente même plus 1 % des salariés luxembourgeois ! Par contre, l'administration continue à se tailler la part du lion avec 17,8 %. Viennent ensuite l'éducation (14,8 %), la santé et le social (14,3 %), l'industrie (12,1 %).

Le succès des services. Il existe des nuances appréciables derrière la diminution des indépendants : c'est essentiellement dans le secteur primaire (encore l'agriculture et la forêt) et dans l'alimentaire que le mouvement se fait sentir. Par contre, les indépendants se multiplient dans les services, l'artisanat et les professions libérales.

Cherche travailleurs. La province manque cruellement d'infirmières, de comptables, de techniciens en électromécanique, de mécaniciens, de peintres industriels, de cuisiniers, de serveurs...

Demandeurs d'emploi. 10,8 % de demandeurs d'emploi en Luxembourg, c'est peu par rapport à la moyenne wallonne de 18 %, et c'est une paille face aux 25 % de la région de Charleroi. Il n'empêche, le chiffre cache mal des disparités locales : entre les 14,5 % de Florenville et les 4,4 % d'Attert, c'est le jour et la nuit. Les chiffres du Forem démontrent une fois encore qu'il existe bel et bien un Luxembourg à deux vitesses : un sud « nanti » et un Centre et nord qui se débattent dans des problèmes de chômage beaucoup plus classiques.

Demain : l'analyse pour la province de Namur