L'euro au Conseil Finances

AFP; BELGA

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Mardi 7 juin 2005

Les grands argentiers européens ont affirmé lundi leur confiance dans l'euro et balayé les remises en cause stupides, de la monnaie unique par deux membres du gouvernement italien, dans le contexte de crise créé par le rejet franco-néerlandais de la Constitution.

Dès son arrivée à la réunion des ministres des Finances de la zone euro, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président en exercice de l'UE, a minimisé la crise en affirmant qu'il n'était pas inquiet pour la monnaie unique. Il a qualifié les suggestions d'un abandon de l'euro lancées par deux ministres italiens de choses stupides qui ne méritaient pas d'être discutées.

De son côté, le ministre français des Finances Thierry Breton a, dans une déclaration solennelle, réaffirmé l'attachement de la France à l'euro qui est et restera sa monnaie. Il a réitéré aussi la volonté de Paris de respecter ses engagements budgétaires du pacte de stabilité, alors que le nouveau gouvernement entend lancer une « bataille de l'emploi », à la suite du non français motivé avant tout par le chômage.

J'ai réaffirmé sans ambiguïté aucune notre profond attachement à la monnaie commune. L'euro est la monnaie de la France et bien entendu le restera, a-t-il affirmé. L'euro est en sécurité, je n'ai aucun doute à ce sujet, a estimé aussi le ministre espagnol des Finances Pedro Solbes tandis que son homologue autrichien Karl-Heinz Grasser a qualifié d'irresponsables les deux ministres italiens, membres de la populiste Ligue du Nord.

L'Allemand Hans Eichel a jugé absurde tout ce qu'il avait lu récemment sur l'euro. Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet avait aussi qualifié la semaine dernière d'absurde l'éventualité d'un abandon de la monnaie unique par un pays membre, non prévue par les traités européens.

Les grands argentiers entendent calmer les marchés financiers alors que les suggestions iconoclastes de deux ministres italiens ont pénalisé la monnaie unique qui s'est dépréciée à 1,22 dollar, contre 1,25 avant le référendum français. Le tabou de la légitimité de la jeune monnaie européenne a été brisé la la semaine dernière par la proposition du ministre italien aux affaires sociales Roberto Maroni, d'une double circulation de la lire et de l'euro tandis que son collègue Roberto Calderoli proposait lundi la création d'une nouvelle monnaie nationale, la lire, qui serait liée au dollar.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi avait rappelé à l'ordre ses deux ministres, se désolidarisant de leurs propositions. Mais M. Berlusconi est aussi très remonté contre Bruxelles qui va ouvrir mardi une procédure en déficit excessif contre Rome pour le dérapage de ses déficits au-delà de la limite de 3 % du PIB fixée par le pacte de stabilité, alors qu'avec une économie en récession Rome songe à des programmes de relance.(AFP.)

Budget : la Belgique doit rajouter 57 millions

La Belgique devra plus contribuer au budget 2005 de l'Union européenne qu'initialement prévu, a annoncé lundi la Commission européenne. La contribution belge au budget communautaire en cours sera finalement de 4.091 millions d'euros, soit une hausse de 57 millions d'euros en plus des 4.034 millions prévus précédemment. Cette hausse de la participation s'explique par la hausse chez nous des prévisions relatives aux assiettes de TVA et du revenu national brut, ainsi que par l'augmentation des droits de douanes nets. (B.)