L'IBGE a analysé l'air bruxellois Les autos ont pollué le bel été 99

BOURTON,WILLIAM

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Vendredi 4 février 2000

L'IBGE a analysé l'air bruxellois Les autos ont pollué le bel été 99

Chaque été, quand le mercure se dilate dans les thermomètres, les communiqués sur les concentrations en ozone dans l'air urbain se font quotidiens. Si ce souci d'information est louable, il s'apparente parfois au fameux arbre qui cache la forêt: ce polluant est en effet loin d'être le seul à mettre la santé du citadin en danger. D'où l'intérêt du rapport «été 99» sur la pollution de l'air de l'Institut bruxellois pour la gestion de l'environnement. (1)

L'ozone. La valeur-seuil des 180 microgrammes par mètre cube, à partir de laquelle il est obligatoire d'informer la population, n'a été dépassée qu'à quatre reprises entre mai et août. En 1994, on notait 13 jours de dépassement et 24 en 1995. Mais, paradoxe, la concentration moyenne en ozone a été plus élevée l'été dernier que durant les mêmes mois entre 1993 et 1998.

L'explication? L'ensoleillement, qui favorise le processus de réaction photochimique entraînant la formation d'ozone; mais aussi, structurellement, l'augmentation du trafic automobile: les oxydes d'azote et les sub -stances organiques volatiles (lire plus bas) crachés par les pots d'échappement sont les principaux «précurseurs» du fameux processus photochimique.

Les oxydes d'azote. Si les valeurs-guides, sur base annuelle, seront sans doute respectées pour l'année calendrier 99, on pointe près de 80 dépassements horaires en matière de dioxyde d'azote (CO2) durant la période estivale 99. Ces valeurs-guides correspondent à des valeurs qui n'entraînent aucun effet marqué, à long terme, ni sur la santé ni sur l'environnement. Ici aussi, la circulation automobile est le principal responsable de cette situation.

Les substances organiques volatiles. Parmi elles, le benzène est assurément la plus préoccupante. Cancérigène, elle est notamment présente dans l'essence sans plomb. La généralisation du carburant «vert» laisse le monde scientifique de plus en plus perplexe... Des seuils d'exposition maximums sont en cours d'élaboration au niveau européen. Si la norme de 10 microgrammes par m 3 est retenue, le carrefour Arts-Loi sera dans le rouge. Mais si la norme plus sévère de 5 mg par m 3 était finalement choisie, c'est tout le centre-ville qui prendrait cette couleur.

WILLIAM BOURTON

(1) IBGE: Gulledelle 100, 1200 Bruxelles. Tél.: 02-775.77.75.