La Bourse, cela rapporte plus, mais c’est plus risqué

CHARLET,MARC

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Jeudi 29 novembre 2007

Actions, obligations, sicav... Si vous choisissez les produits boursiers, ne dérogez jamais à la règle sacrée : il faut équilibrer et diversifier votre portefeuille.

Actions, obligations, sicav… Une seule règle à respecter si l’on veut « gagner » en Bourse : équilibrer et diversifier. Dans l’esprit du grand public, la Bourse, c’est avant tout le royaume des actions. Cette manière de voir est sans doute correcte, mais elle n’est que partielle.

La Bourse est avant tout une espèce de marché de l’occasion (le marché « secondaire ») d’une vaste gamme de valeurs mobilières. Les actions, bien sûr, mais aussi des produits qui en sont proches, comme les dérivés (warrants, options, etc.), les strips VVPR, les sicafi, les certificats fonciers ainsi que, ne l’oublions pas, les obligations qui, elles aussi, font l’objet d’une cotation. Et, aux ventes publiques hebdomadaires, on peut acquérir (et vendre) des parts de sociétés non cotées.

Sauf exception, les sicav ne font pas l’objet d’une cotation. C’est que leur prix varie en fonction non pas de l’offre et de la demande, mais bien de leur « valeur intrinsèque » (dite valeur d’inventaire), c’est-à-dire de la valeur réelle des produits qui composent leur panier (actions et obligations essentiellement) et qui font eux-mêmes l’objet d’une cotation. Si bien que, indirectement au moins, les sicav peuvent être considérées comme des produits boursiers.

Du fait même que leur valeur est liée à la corrélation entre une offre et une demande, les produits boursiers sont fondamentalement volatils. Mais cette volatilité est fort différente d’un produit à l’autre. Forte pour les actions, elle l’est moins pour les obligations. Pour lutter contre cette volatilité, la seule stratégie consiste à la fois à diversifier ses placements et à avoir un horizon de placement assez long.

Les actions : cinq questions à se poser

Pour les détenteurs d’actions, les douze mois écoulés (du 21 novembre 2006 au 21 novembre 2007) ont été globalement décevants. L’indice mondial de Morgan Stanley a reculé de 5 %, alors qu’il avait progressé de 8 % l’année précédente. Le DJ Euro Stoxx 50 a certes gagné 2,4 %, mais c’est essentiellement à la Deutsche Börse, en progrès de 16,5 %, qu’il le doit. Paris perd 1,4 % et Londres 2,1 %. A New York, on fait mieux, avec + 3,9 % pour le Dow Jones et + 4,4 % pour le Nasdaq.

Situation plus contrastée en Asie, où le Nikkei japonais perd 5,6 %, alors qu’à Shanghai, on crève les plafonds avec un bond de 210 %.

Sectoriellement parlant, les branches d’activité qui se sont distinguées en Europe sont l’énergie (pétrole et gaz, + 12 %) et les télécoms (+ 9 %), ainsi que, mais à l’inverse de ce qu’on aurait souhaité, la finance (- 8 %) et la pharmacie (- 11 %).

A l’horizon de 12 mois (jusqu’au prochain Guide des placements), les analystes financiers restent prudents, mais ils sont persuadés que, sur le long terme, les actions restent le type de placement le plus rentable.

Ils soulignent par exemple, que, sur le dernier quart de siècle, et selon les pays, le « return » annuel moyen des actions oscille entre 7 et 10 %. Soit, en général, de 2 et 4 % de plus que les obligations. Précisons bien qu’il s’agit de « return ». Et, dans ce « return », la part de la plus-value est dominante. Car les coupons annuels sont plutôt maigrichons. En général de l’ordre de 2 %. Est-ce pour autant que les épargnants soucieux avant tout de rentrées régulières doivent s’en détourner ? Certainement pas. Tous les spécialistes financiers vous l’expliqueront, si la valeur du portefeuille augmente de 7 % par an, il est possible d’en prélever par exemple 4 %, qui, ajoutés aux 2 % de dividendes, assureront un revenu annuel de 6 %. Et votre capital continuera à augmenter de 4 % par an, largement de quoi gommer l’inflation.

Cet objectif suppose, on va le voir, un portefeuille relativement bien étoffé, diversifié et équilibré, et un horizon de placement assez long.

1De combien faut-il disposer ? Les conseillers financiers ont coutume de dire qu’un portefeuille de base, un tant soit peu diversifié, doit contenir au minimum une dizaine de positions, c’est-à-dire d’actions différentes. Si l’on ajoute à cela que, si l’on veut éviter des frais excessifs, une position doit peser au moins 2.500 euros et que, par ailleurs, pour un épargnant moyen, les actions ne peuvent représenter que 50 % de l’ensemble du portefeuille, cela veut dire qu’un capital de 50.000 euros est nécessaire avant de tenter l’aventure boursière. Et, pour un « bon père de famille » très prudent, qui ne consacre que 20 % de son épargne aux actions, la barre monte à 125.000 euros.

Les investisseurs débutants sont-ils pour autant exclus ? Pas nécessairement. Première échappatoire : les sicav mixtes, dont le panier est composé d’actions et d’obligations, dans des proportions variables d’ailleurs, en fonction du tempérament de l’investisseur (défensif, neutre ou agressif). Deuxième palliatif : les actions dites défensives, parce que peu sensibles aux cycles économiques et monétaires, que l’on trouve dans les secteurs de la distribution, de l’alimentation ou des services de proximité (les « utilities »). En bâtissant un portefeuille autour de ces valeurs dites de « bon père de famille », et en y ajoutant quelques sicafi, on devrait éviter de boire la tasse.

2 Pour quel horizon de placement ? Bien sûr, il est toujours possible de réaliser quelques jolis coups en Bourse. On peut encore acheter à 100 et revendre à 150 quelques semaines ou quelques mois plus tard. Mais cela demande une perspicacité peu commune. Attention, la Bourse, ce n’est pas le casino. La meilleure façon de gagner, c’est encore de « donner du temps au temps ».

Pour être sûr ou pratiquement sûr de retrouver son capital, les experts de la KBC ont ainsi calculé qu’en moyenne le « délai de sécurité » est de 9 ans pour les actions belges, de 7 ans pour les allemandes, de 6 ans pour les françaises et les américaines (hors fluctuations du dollar). Si vous devez réaliser votre investissement à court ou moyen terme, le placement en actions n’est donc pas la voie la plus indiquée.

3Comment gérer un portefeuille d’actions ? Si l’investissement en actions est un placement à long terme, cela ne veut pas dire qu’on peut se contenter de dormir sur son portefeuille une fois qu’il est constitué. Les pays, les secteurs économiques, les entreprises, les devises connaissent des cycles et même des accidents qui ont une influence directe sur les cours. Le cas échéant, il faut pouvoir se dégager d’une position qui flanche ou, inversement, savoir prendre son bénéfice. Bref, faire des arbitrages, comme disent les spécialistes.

Une gestion active peut s’opérer de deux manières. Première solution : l’investisseur prend lui-même les choses en main. Parce qu’il estime qu’il dispose du temps et des connaissances nécessaires. Cela suppose évidemment qu’il suive de manière attentive, et quotidiennement (même pendant les vacances !), non seulement le cours des actions, les siennes et les autres, mais aussi toute l’actualité.

A moins d’avoir une bonne raison de préférer la détention de titres-papier, l’épargnant placera ses valeurs sur un compte-titres. Ce qui lui permettra de réagir plus rapidement en cas d’événement imprévu, mais aussi de se décharger d’une série de tâches matérielles fastidieuses (encaissement des coupons, division des titres, etc.).

L’autre solution consiste à s’appuyer sur un professionnel d’une banque ou d’une société de Bourse. Ici, un choix est à faire entre la gestion conseil et la gestion discrétionnaire.

Dans le premier cas, après que la stratégie générale a été définie, votre conseiller personnel vous fera régulièrement des propositions d’achat et de vente, mais c’est vous qui prendrez dans chaque cas la décision. Avec la gestion discrétionnaire, c’est le conseiller qui procède aux arbitrages. Cette option, moins onéreuse, est pratiquement incontournable si le portefeuille comporte un grand nombre de positions.

4La Bourse belge ou les Bourses étrangères ? Depuis l’introduction de l’euro, les risques de change ont disparu entre les Bourses de onze pays de l’Union européenne. Si l’on se place du point de vue du risque « monnaie », cinq grandes régions peuvent être distinguées : la zone « euro », les pays européens hors de cette zone (Royaume-Uni, Suisse, Suède, etc.), la zone dollar, le Japon et, enfin, les pays émergents (Asie hors Japon, Amérique latine et Europe centrale).

Disons-le d’emblée, l’investissement en direct dans ces deux dernières régions est fortement déconseillé. Tout simplement parce que, même attentif, un investisseur particulier n’a pas la visibilité suffisante pour suivre ces marchés. Les professionnels eux-mêmes ne s’y retrouvent qu’à grand-peine. Le détour par une sicav reste le moyen le plus sûr pour s’y risquer.

Restent donc l’Amérique du Nord et l’Europe. Pour ce qui est de l’économie américaine, la croissance en voie de s’atténuer et, en outre, d’après les spécialistes, la volatilité du dollar par rapport à l’euro doivent inciter à ne pas y investir massivement. Maximum un quart du portefeuille d’actions. Si l’on ajoute que, dans ce même portefeuille, la part des pays du Vieux Continent hors zone euro ne devrait pas dépasser 10 %, cela laisse pratiquement 70 % pour la zone euro.

Toutes ces parts sont à réduire quelque peu si, via les sicav, vous voulez inclure des japonaises et des émergentes dans votre portefeuille (maximum 10 %).

Et la Belgique dans tout cela ? Le sommet historique de 1999 (3.860 points en janvier 1999) a été dépassé en 2006, mais, aujourd’hui (le 21 novembre 2007), à 3.882 points, on est revenu à la case départ. Selon la plupart des analystes, la part des actions belges dans le portefeuille doit être inférieure à 10 %.

5Qu’est-ce qu’un portefeuille diversifié ? Une répartition géographiquement équilibrée ne suffit pas pour limiter les risques. Il faut en outre procéder à une diversification sectorielle adéquate. La maison Morgan Stanley a identifié, ce n’est qu’un exemple, une vingtaine de secteurs, qu’elle a regroupés, sous l’angle de l’investissement boursier, en quatre catégories : les cycliques (construction, matières premières, énergie, chimie, etc.), les valeurs de croissance (télécoms, informatique, etc.), les financières (banques et assurances) et les défensives, articulées autour des biens de consommation et des services aux particuliers (production et distribution).

NOS PRÉFÉRÉS

Lorsqu’on fait une synthèse des propositions des experts, la répartition sectorielle idéale serait, à

Lorsqu’on fait une synthèse des propositions des experts, la répartition sectorielle idéale serait, à l’heure actuelle, la suivante : 28 % pour les cycliques, 16 % pour les valeurs de croissance, 17 % pour les financières et 39 % pour les défensives. Sur le plan géographique, les Bourses européennes devraient mieux se comporter que leurs homologues américaines au cours des prochains mois. Les actions européennes doivent donc représenter au moins les deux tiers du portefeuille. Autre recommandation unanime : y inclure de la brique papier (entre 5 et 10 %), belge (les sicafi) et européenne (immobilières). Vous voulez des noms ? En Belgique, GBL et Fortis (injustement pénalisées, dit-on), Total (puisqu’il faut une pétrolière), Novartis (les pharmaceutiques vont se relever), EON (peut-on se passer d’électricité ?) et Intel (que ferait-on sans ordinateur ?).

Les obligations restent d’actualité

Avec le piètre comportement des marchés d’actions, les obligations gardent plus que jamais toute leur place dans un portefeuille financier équilibré. Encore faut-il savoir de quelles obligations on parle, car derrière ce concept se cachent une multitude de produits qui n’ont en commun que le fait d’être une créance à moyen ou long terme émise par un pouvoir public, une institution financière ou une entreprise.

A partir de là, tout peut différer : la devise, le prix d’émission, la durée, le taux, les conditions de remboursement et la qualité de l’émetteur. Contrairement à une opinion largement répandue, les obligations peuvent donc aussi être des placements à risque.

La qualité de l’emprunteur. Parmi les paramètres à prendre en considération, la qualité du débiteur est sans doute celui auquel l’épargnant doit accorder la priorité. Un Etat d’Europe occidentale et une entreprise d’un pays exotique ne présentent pas la même capacité à faire face au paiement des intérêts et au remboursement du capital. Les émetteurs font donc souvent l’objet d’une espèce de cotation par les agences de notation (Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch).

On distingue habituellement deux types d’émetteurs. Tout d’abord, les pouvoirs publics (Etats, pouvoirs locaux, institutions internationales, comme l’Union européenne), ainsi que les organismes publics auxquels ces mêmes pouvoirs locaux ont accordé leur garantie. C’est le cas, par exemple, au niveau européen, de la Banque européenne d’investissement.

Les pouvoirs publics des pays occidentaux ont toujours tenu à honorer leurs engagements. La chose est moins sûre pour d’autres Etats, qui peuvent unilatéralement annuler leur dette (comme la Russie au lendemain de la révolution de 1917) ou qui peuvent se retrouver dans l’incapacité de faire face à leurs obligations. Ce fut le cas de l’Argentine il y a quatre ans. La deuxième catégorie est constituée par les emprunts des sociétés privées (les « corporate bonds »).

Ici aussi, une distinction est à faire selon que les émetteurs appartiennent ou non à une nation occidentale. A priori, on dira que les premiers sont plus fiables que les seconds.

Mais une faillite n’est jamais à exclure. Si le risque est minime dans le chef d’une société comme Toyota Finance ou comme Dexia, il est réel pour des sociétés moins connues et dont la surface financière n’inspire pas confiance. On parle alors de « junk bonds », en français « obligations pourries ». Certes, elles sont souvent assorties de taux d’intérêt élevés, mais il est conseillé de se tenir à l’écart de ce type de placement.

Le choix de la devise. La monnaie dans laquelle l’obligation a été émise influence le taux qui sera offert au prêteur. Ainsi, même entre les devises réputées fortes, des écarts peuvent être enregistrés. Au sein même de la zone euro et pour les fonds publics à dix ans libellés en euros, certains écarts subsistent. Le « bund » allemand à dix ans (4,02 %) est un peu moins bien rémunéré que l’« olo » belge de même durée (4,25 %). En dehors de la zone euro, les écarts sont nettement supérieurs. Ainsi, on obtient 4,55 % en Grande-Bretagne. Aux Etats-Unis, le bon du Trésor américain, toujours à dix ans, est maintenant au même niveau que son homologue allemand. Par contre, en yens, on n’aura que 1,5 %. Il est loin le temps où les emprunts scandinaves, australiens ou néo-zélandais offraient des taux de l’ordre de 10 %. Il est encore possible d’obtenir de telles rémunérations en se tournant du côté des devises « exotiques », comme la livre turque ou la couronne islandaise.

Mais quand bien même le débiteur serait de qualité, resterait le risque de change. Pour les devises exotiques, par contre, la dévaluation est une donnée à intégrer obligatoirement lorsque l’on veut avancer une hypothèse de rentabilité.

Le prix d’émission. De moins en moins d’emprunts sont émis « au pair », c’est-à-dire à leur valeur faciale. En général, il faut payer un peu plus (« au-dessus du pair »), parfois un peu moins (« au-dessous du pair »). Et cette pratique influence directement la rentabilité. Exemple : Belgacom vient de lancer, en euros, un emprunt à 10 ans assorti d’un taux facial de 4,375 %. Mais avec un prix d’émission en dessous du pair, la rentabilité réelle de cet emprunt est de 4,46 %. La remarque vaut également pour le marché secondaire (emprunts en cours, disponibles en Bourse). Exemple : pour acheter le bon d’Etat 2005-2010, qui affiche un taux facial de 2,80 %, il vous faudra payer non pas 100 mais 96,5, ce qui porte le rendement réel à 3,15 %.

Subordonné, convertible… Les modalités de remboursement sont également à prendre en considération.

Tout d’abord, le remboursement anticipé : certains emprunts sont affectés d’une « option call », qui permet à l’emprunteur de rembourser avant terme. Il ne le fera, évidemment, que s’il peut se refinancer à un taux inférieur sur les marchés, c’est-à-dire si le taux actuel est inférieur au taux facial.

Autre modalité possible : l’emprunt convertible. Il en existe une variété considérable. Retenons le principe : au terme de l’emprunt, le prêteur est remboursé, à son gré, soit en monnaie sonnante et trébuchante, soit en actions.

Apparues il y a huit ans, les « reverse convertibles » : à l’échéance, ou bien le cours de l’action qui sert de sous-jacent est supérieur à ce qui était prévu lors de l’émission et, dans ce cas, c’est la mise de départ qui est remboursée, ou bien ce cours est inférieur, et le titulaire n’aura droit qu’à l’action. En général, ces « reverse convertibles » sont de courte durée et, juste compensation pour le risque encouru, la rémunération est très attrayante, de l’ordre de 8 à 12 % brut. Les turbulences qui ont fait plonger les cours de nombreuses valeurs de la « nouvelle économie » ont montré les risques de ce type de placement.

Autre possibilité : l’emprunt subordonné. La particularité de ce type d’emprunt est que si l’émetteur connaît des difficultés financières, le souscripteur sera remboursé après tous les autres. Ce caractère subordonné est compensé par une rémunération un peu plus élevée, de l’ordre de 50 à 100 points de base (0,50 à 1 %). Le plus souvent, les subordonnés sont émis par des institutions financières dotées d’une très bonne notation, ce qui réduit considérablement les risques.

Après le règne des couronnes scandinaves, ce sont les « autres » dollars qui, pour l’instant, ont la cote auprès des conseillers financiers. Les souscripteurs ne doivent pas perdre de vue qu’en plus de la commission d’achat, ils auront à supporter des frais de change, tant à l’entrée qu’à la sortie.

Il faut en tenir compte pour évaluer correctement la rentabilité d’un placement. A l’heure actuelle, la plupart des emprunts dédiés aux particuliers ne sont plus livrables physiquement.

Le bon d’Etat, négociable en Bourse

A mi-chemin entre l’ex-emprunt public du type « Philippe » et le bon de caisse des banquiers, est apparu, il y a dix ans, un produit d’un nouveau type, le bon d’Etat. De l’emprunt public, il possède à la fois la qualité de l’émetteur (l’Etat) et la grande négociabilité (puisque coté en Bourse). Depuis un an, les bons d’Etat, réservés aux investisseurs particuliers et libellés en euros, sont proposés en trois versions : les bons à 3 et 5 ans, proches des bons de caisse des banques, et celui à 8 ans, qui s’apparente davantage à une obligation d’Etat ancienne version. La tentation est grande de comparer les caractéristiques du bon d’Etat (et en particulier du bon à trois et cinq ans) et celles des bons de caisse de même durée, tant les produits sont proches l’un de l’autre. C’est globalement vrai en ce qui concerne le rendement. L’actuelle émission de bons d’Etat (souscription du 23 novembre jusqu’au 4 décembre) offre un rendement brut de 3,85 % (3,27 % net) pour le bon à trois ans et de 3,90 % (3,12 % net) pour le bon à cinq ans. Chez Dexia, le leader du marché des bons de caisse, le taux est de 3,80 % brut (3,23 % net) aussi bien pour le bon à 3 ans que pour le bon à 5 ans. Mais il est possible d’obtenir mieux dans certaines petites banques. Le bon d’Etat reprend la tête si on envisage la qualité de l’émetteur, puisque l’Etat belge dispose d’un meilleur « rating » que les banques. Cela dit, on n’a pratiquement jamais vu un bon de caisse non remboursé à l’échéance. L’avantage décisif du bon d’Etat, c’est sa négociabilité en Bourse. Son possesseur peut le vendre quand bon lui semble, en demandant à son intermédiaire financier de le revendre sur Euronext Bruxelles, dans un marché animé par le Fonds des rentes, c’est-à-dire très liquide. Les cours des bons d’Etat sont publiés chaque jour dans les colonnes boursières de votre quotidien. L’inconvénient du bon d’Etat, disent certains, c’est qu’il ne peut être souscrit que quatre fois par an, pendant une dizaine de jours, alors que les bons de caisse des banques, émis « au robinet », peuvent être souscrits en permanence. Ce handicap n’est qu’apparent, puisqu’il est possible d’acheter des bons d’Etat sur le marché secondaire tous les jours ouvrables. Rappelons que les bons d’Etat ne font plus l’objet de livraisons physiques. Ils sont représentés par des titres dématérialisés (inscrits sur un compte-titres dans une banque) ou par des inscriptions nominatives dans un registre à l’Administration de la Trésorerie (pas de frais de garde).M. Ct

Le charme irrésistible des sicav

Les sicav sont aujourd’hui devenues un des instruments privilégiés des épargnants belges. Plus de deux mille sicav (si l’on prend en compte les compartiments) sont aujourd’hui directement proposées à l’investisseur et leurs actifs s’élèvent à 170 milliards d’euros.

Le principe de base reste identique pour tous les produits qui se réclament du label sicav : c’est, fondamentalement, une société d’investissement. C’est-à-dire une société qui a pour objet d’investir, et ce dans des produits financiers : actions, obligations, bons du Trésor, certificats immobiliers, papiers commerciaux, produits dérivés, comptes à terme, etc. Autrement dit, quand vous achetez une part de sicav, vous achetez en réalité un panier de produits.

D’autre part, la sicav est une société à capital variable. Quand vous achetez une part de sicav, votre apport est directement investi dans les produits dans lesquels la sicav est spécialisée et le capital de la société est augmenté à due concurrence. Si les épargnants optent en masse pour une sicav, son cours ne va pas monter, comme le ferait celui d’une société industrielle ou commerciale cotée en Bourse. D’ailleurs, une sicav n’a pas de cours, elle a une valeur d’inventaire. Ce qui fait le prix d’une sicav, c’est la valeur de son portefeuille, c’est-à-dire la valeur des produits dans lesquels elle a investi. Le foisonnement et la sophistication des sicav sont aujourd’hui tels qu’un rappel de certaines notions n’est sans doute pas inutile.

Sicav de capitalisation ou de distribution ? La sicav encaisse régulièrement des revenus des placements qu’elle a effectués. Ces revenus, elle peut soit les distribuer chaque année aux détenteurs de parts, soit les conserver et les réinvestir, ce qui accroît sa valeur d’inventaire. Dans le premier cas, on parle de sicav de distribution et, dans le second, de sicav de capitalisation. La plupart des sicav sont émises dans les deux versions.

L’avantage des sicav de capitalisation est que les revenus « capitalisés » sont exonérés de précompte mobilier, alors que ceux « distribués » annuellement par les sicav de distribution de droit belge sont soumis à un précompte belge de 15 %, où que se fasse l’encaissement du coupon (prélevé à la source).

Pour les sicav de distribution de droit étranger (luxembourgeois par exemple), dont le coupon est prélevé à l’étranger, les dividendes doivent être mentionnés dans la déclaration et sont soumis à un impôt qui s’élève en principe à 25 %, taxation communale non comprise. On notera par ailleurs que les fonds de capitalisation subissent, en Belgique, une taxe sur opérations de Bourse (TOB) de 1 % lors d’une transaction hors souscription et de 0,50 % lors du remboursement. Les fonds de distribution ne subissent, eux, qu’une TOB de 0,14 % à l’achat hors souscription. Plus la détention de la sicav se prolonge, plus le poids sur le rendement de cette TOB diminue.

Sicav d’actions ou sicav d’obligations ? Une autre manière de distinguer les sicav consiste à envisager les produits dans lesquels elles sont investies. De ce point de vue, on distingue quatre grandes familles : les sicav monétaires, les sicav obligataires, les sicav d’actions et les sicav mixtes.

Les sicav monétaires, dites aussi de trésorerie, sont celles qui ont investi les fonds récoltés dans des placements à court terme : bons du Trésor, papiers commerciaux, comptes à terme, obligations proches de l’échéance, etc. Ces sicav ont été pendant longtemps délaissées en raison de leur rentabilité inférieure à celle des (bons) carnets de dépôt ou des bons de caisse à un an. Actuellement, les rendements sont quasiment équivalents, puisque, sur les 12 derniers mois, les « money markets euro » ont dégagé un return de 3 à 3,50 %.

Les sicav obligataires sont, comme leur nom l’indique, investies en obligations, qu’il s’agisse de fonds d’Etat ou d’emprunts de sociétés privées (« corporate bonds »). Cette sous-catégorie est elle-même partagée entre les sicav obligataires à moyen terme (lorsque la durée moyenne des obligations est comprise entre 18 et 30 mois) et les sicav obligataires à long terme (au delà de 30 mois). Les douze derniers mois ont été défavorables aussi bien pour les fonds obligataires libellés en euros, dont le rendement a en général été négatif, que pour ceux libellés en dollars, avec un return limité à 2 % en dollars mais nettement négatif après conversion en euros (entre – 7 et – 9 %). Les sicav d’actions sont bien évidemment investies en actions. La santé précaire de la plupart des Bourses a débouché sur des contre-performances ces douze derniers mois : autour de – 5 % pour les actions belges, environ + 3 % pour la zone euro et de l’ordre de 10 % pour les mondiales (en dollars).

Les sicav mixtes garnissent leur panier aussi bien d’actions que d’obligations. Depuis la mi-novembre 2006, elles se sont, dans l’ensemble, plutôt bien comportées, les mixtes de type neutre progressant en moyenne de 7 %.

Les fonds d’épargne-pension (plus ou moins 3 %) constituent des variétés particulières de sicav mixtes.

Sicav régionales ou sectorielles ? Au départ, les sicav d’actions et les sicav obligataires étaient des sicav « généralistes ». Dans le panier d’une sicav d’actions par exemple, on trouvait aussi bien des valeurs belges que des valeurs étrangères, allemandes, françaises, américaines, japonaises, etc. Ceci de manière à répartir les risques entre diverses devises et entre conjonctures économiques différentes. Suite à la demande de certains investisseurs qui voulaient tirer profit de ces divergences, les banquiers ont créé les sicav spécialisées géographiquement. On a ainsi vu apparaître et se multiplier les sicav d’actions belges, américaines, allemandes, etc. Des ensembles plus vastes ont aussi été constitués, comme l’Europe, le Sud-Est asiatique, l’Amérique latine, etc.

Aujourd’hui, on a sans doute fait le plein sur le plan de la diversification géographique. On assiste même à un reflux, avec la fermeture de nombreux compartiments « locaux ». La spécialisation s’opère désormais sur le plan des secteurs. Logique, puisqu’il apparaît que certaines branches d’activité sont plus prometteuses que d’autres, et cela quelle que soit la nationalité de la société. Les secteurs actuellement couverts par ces sicav d’actions sont les télécoms, l’informatique, les biotechnologies, la pharmacie, l’immobilier, le luxe, les médias, la distribution, etc. Les secteurs dits cycliques sont peu représentés.

Un autre critère de spécialisation commence à s’imposer : le regroupement thématique. Au-delà du secteur ou de l’implantation, ce sont les caractéristiques propres des sociétés que l’on envisage : taille, vertus « éthiques », appartenance à tel ou tel indice, âge, comportement boursier, croissance ou valeur, etc.

Sicav à durée indéterminée ou à terme fixe ? A priori, les sicav sont des sociétés dont la durée de vie n’est pas limitée. Autrement dit, la sicav que vous achetez aujourd’hui existera encore dans dix, vingt ou trente ans. Sauf accident ou opération de fusion.

Ce n’est plus vrai depuis quelques années, puisqu’on voit proliférer aujourd’hui les sicav à terme fixe. Au moment de la souscription, on sait que dans sept, huit ou dix ans, la sicav sera dissoute, et les propriétaires de parts remboursés. Bien sûr, il est possible de « sortir » en cours de route, mais ce sera avec une pénalité et à la valeur d’inventaire du jour. Alors que, sauf exception, si on attend le terme, on recevra au moins la mise de départ. D’où l’expression parfois employée de « sicav à capital garanti ».

Bon nombre de ces sicav sont assorties de « cliquets », c’est-à-dire de mécanismes qui, à échéances plus ou moins régulières, bloquent définitivement les plus-values enregistrées en faveur de l’épargnant.

Attention, très souvent le gain définitivement acquis est plafonné annuellement. Si l’indice fait un carton, on n’en profite qu’à concurrence d’une partie seulement.

Une place dans tous les portefeuilles. Les sicav, plus personne ne le conteste aujourd’hui, ont leur place dans tout portefeuille financier. Même dans les gros portefeuilles. Il ne s’agit pas pour autant d’acheter n’importe quoi n’importe quand et de s’endormir sur son paquet de sicav. Comme toujours en matière de placement, il convient, tout d’abord, de diversifier entre différents produits.

La méthode la plus simple est évidemment de se tourner, dans un premier temps tout au moins, vers les sicav mixtes, que l’on peut décliner en fonction de son tempérament : dynamiques, neutres ou défensives. On veillera, si l’on opte pour des sicav plus spécialisées, à un bon équilibre sicav obligataires/sicav d’actions, et surtout de surpondérer les sicav dont le panier (d’actions ou d’obligations) comporte des valeurs libellées en euros.

Sauf, cela va de soi, si on a de bonnes raisons de préférer le dollar ou le yen. D’autre part, pourquoi négliger la possibilité qu’offrent de nombreuses sicav de passer d’un compartiment à l’autre ? Si la conjoncture boursière redémarre aux Etats-Unis, pourquoi ne pas quitter votre « Invest Europe » pour le compartiment « Invest US » ? L’opération ne coûte pratiquement rien, beaucoup moins en tout cas que si vous réalisez un portefeuille d’actions pour en constituer un autre.

C’est aussi cela que l’on appelle la « gestion active » de son patrimoine financier.

Le certificat foncier, un produit de chez nous

Produit spécifiquement belge, le certificat foncier (ou immobilier) est un titre qui donne droit à une partie du loyer et du prix de revente d’un immeuble, lorsque celle-ci intervient. Il existe une bonne trentaine de certificats fonciers cotés au second marché de la Bourse de Bruxelles. D’autres sont négociés lors des séances publiques hebdomadaires.

Les certificats fonciers concernent surtout des immeubles de bureaux (à Bruxelles), des centres commerciaux et des surfaces commerciales de moyenne dimension, ainsi que, plus rarement, du logement (kots d’étudiants, bungalows de vacances, etc.) ou des locaux semi-industriels.

Un certificat foncier ne porte, en général, que sur un seul immeuble. Cette caractéristique constitue un double handicap par rapport à la sicafi. En premier lieu, une faible capitalisation (à peine plus de 25 millions d’euros en moyenne) et, par voie de conséquence, une liquidité très réduite. En second lieu, une vacance locative est forcément plus dommageable pour un certificat foncier que pour un placement investi dans un parc diversifié d’immeubles.

En revanche, le rendement immédiat des certificats paraît plus avantageux que celui des sicafi, puisque le coupon annuel net est compris entre 5 et 10 %. Attention toutefois à la volatilité des cours. Par exemple, sur les douze derniers mois, le cours du « La Hulpe » (bureaux) a bondi de 265 à 400 euros. Mais l’inverse se produit également.

On l’aura compris, il faut être un connaisseur du marché immobilier à la fois avisé et attentif. Avec, en outre, un horizon de placement dégagé.

Si vous optez pour cette formule de placement, prenez la précaution de vous constituer, au moins à terme, un panier de plusieurs certificats. De préférence en achetant des certificats d’immeubles de types différents. Miser sur un seul immeuble est en effet très risqué. Vous êtes alors exposé de plein fouet à l’éventualité d’une vacance locative ou d’un litige avec un locataire.

Notez toutefois qu’avec les certificats liés à ces centres commerciaux, surtout s’ils sont bien situés, ce risque est fortement atténué, puisque le bien est occupé par plusieurs dizaines de propriétaires. Cette multiplicité des occupants a toutefois son revers : des frais de gestion plus élevés et donc une rentabilité légèrement diminuée.

Sur longue durée (vingt ans), le return annuel moyen est de l’ordre de 7,5 %.

Les sicafi, si vous aimez les briques

Apparues sur la scène financière belge il y a une bonne dizaine d’années, les sicafi constituent sans doute l’instrument idéal pour l’épargnant soucieux de donner à son portefeuille une couleur immobilière. De par leur dénomination, les sicafi font immanquablement penser aux sicav. Certes, il s’agit dans les deux cas de sociétés d’investissement qui, comme telles, bénéficient de certains avantages fiscaux. Comme, par exemple, l’exonération de l’impôt des sociétés : seul le dividende payé à l’actionnaire est taxé. Il convient cependant de bien noter deux différences.

Tout d’abord, le « i » : alors qu’une sicav investit essentiellement dans les valeurs mobilières (actions, obligations, etc.), la sicafi est centrée, elle, sur les immeubles.

En second lieu, le « f » : tandis que la sicav est une société à capital variable et que, dès lors, sa valorisation se fait sur la base de la valeur d’inventaire de son portefeuille, la sicafi est une société à capital fixe. Comme n’importe quelle autre société commerciale. Sa valorisation n’est dès lors pas directement liée à la valeur de son patrimoine, mais elle repose, comme pour les autres sociétés cotées, sur son cours à la Bourse. Autrement dit, elle évolue en fonction de l’offre et de la demande des investisseurs.

Une sicafi investit directement dans l’immobilier. Le plus souvent dans des immeubles de bureaux et dans des immeubles à vocation commerciale, ainsi que dans le « semi-industriel » (bureaux + entrepôt). Elle peut détenir également des certificats fonciers et des titres de sociétés immobilières.

Pour bénéficier du titre sicafi, la société doit impérativement faire évaluer tous les six mois la valeur de son portefeuille par un expert indépendant (dont le rapport est publié), limiter son endettement à 50 % des fonds propres et distribuer 80 % de ses revenus nets.

Pour faire son choix entre la quinzaine de sicafi actuellement cotées à la Bourse de Bruxelles, on prendra en considération les quatre critères suivants :

– la qualité du parc immobilier de la sicafi : plus les immeubles sont âgés, plus les risques de vacance locative et de charges de rénovation sont élevés ;

– le niveau des loyers et la durée des baux : c’est d’eux que dépendent le volume et la permanence des revenus et des dividendes ;

– l’importance du parc immobilier : si celle-ci est élevée, la capitalisation boursière et donc la liquidité du titre le seront et, en outre, les risques seront mieux dilués ;

– le niveau de l’endettement de la sicafi, qui conditionne le dividende.

Un des atouts des sicafi, c’est leur rendement élevé. A l’heure actuelle, il s’élève en moyenne à 5 % (net). Pour le return annuel global (coupon+plus-value), c’est, cette année, autre chose. Une fois n’est pas coutume, l’indice ING a enregistré un recul moyen des cours de l’ordre de 10 %. On vous l’avait dit l’an dernier à la même époque, beaucoup d’analystes craignaient la formation d’une petite bulle. S’est-elle suffisamment dégonflée ? Les avis sont partagés. Reste que, de l’avis général, une certaine dose de « brique papier » a sa place dans un portefeuille équilibré : entre 5 et 8 %.

De manière à équilibrer les risques, on peut se composer un panier comportant Retail Estates (commercial),

De manière à équilibrer les risques, on peut se composer un panier comportant Retail Estates (commercial), ainsi que Cofinimmo et Befimmo, les deux « poids lourds » incontournables.

Un million de fonds d’épargne-pension

Aujourd’hui, près d’un million de Belges ont souscrit, auprès de leur banque ou de leur société de Bourse, un contrat d’épargne-pension. Les versements sur ces comptes d’épargne-pension dépassent chaque année les 250 millions d’euros. L’actif global déposé sur les comptes de fonds d’épargne-pension est évalué à 7 milliards d’euros. Les fonds d’épargne-pension sont des sicav et, plus précisément, des sicav mixtes, dont les actifs sont composés à la fois d’actions, d’obligations et de liquidités. Ils s’en distinguent néanmoins sur quatre points importants, ce qui fait de ces fonds des produits vraiment à part. Réduction d’impôts. Ces fonds donnent droit à une réduction d’impôts non négligeable, qui va, selon l’importance des revenus, de 30 à 40 % d’un montant plafonné à 810 euros par an et par personne. L’avantage maximum est dès lors limité à 324 euros (plus additionnels communaux). Pour bénéficier de cet avantage, le contrat doit avoir une durée de dix ans et, sur cette période, cinq versements au moins doivent avoir été effectués. Précisons que le fisc se rattrape lorsque le titulaire du fonds atteint son soixantième anniversaire. À cette date, en effet, un impôt de 10 % est prélevé sur le capital versé et sur une partie des bénéfices réalisés. Cet impôt n’est plus dû sur les versements et les gains réalisés au-delà de 60 ans. Agrément. Pour être agréés comme fonds d’épargne-pension, ces fonds doivent respecter certaines règles en ce qui concerne la composition de leurs actifs. À l’heure actuelle, douze fonds sont agréés. Illiquidité. En principe, ils ne peuvent être revendus qu’à l’âge de la retraite. Certes, il est possible de les revendre avant, mais les capitaux versés seront alors soumis – pour autant qu’ils aient donné lieu à une réduction d’impôt – à une taxe de 33 %. Capitalisation. Les fonds d’épargne-pension sont des fonds de capitalisation. Désolé pour ceux qui aiment les dividendes. En dépit d’inconvénients indéniables, les fonds d’épargne-pension ont tout à fait leur place dans un portefeuille financier. Sans même tenir compte de l’avantage fiscal, leur rentabilité est plus qu’honorable. Du moins dans une optique de long terme. Depuis 1991, la progression annuelle moyenne frôle les 9,5 %. Cela étant, certains experts, et notamment ceux de « Fonds & Sicav » (Test-Achats), estiment qu’il y a un âge idéal pour commencer à souscrire : il se situe à 40 ans. Une fois atteint l’âge de 55 ans, on peut, pour combiner rentabilité et sécurité, passer au système de l’assurance épargne-pension. Dynamique. Héritage d’une réglementation qui privilégiait les actions et les valeurs belges en particulier, la plupart des fonds continuent à investir une part majoritaire de leur portefeuille dans les actions : environ 70 % de leur valeur d’inventaire. Un tel poids présente un inconvénient majeur en cas de retournement boursier, puisqu’en un ou deux ans, le capital accumulé peut perdre jusqu’à un quart de sa valeur. Pour répondre au souhait des épargnants les plus prudents, Fortis, Fintro, KBC et Dexia proposent des fonds d’épargne-pension « défensifs », dont le portefeuille est composé à 70 % d’obligations.M. Ct