La Commission met des serveurs au service des citoyens

STAGIAIRE

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Mardi 17 juillet 2012

UE Fraternité 2020, qui souhaite renforcer les programmes d’échanges européens, bénéficie de la gratuité pour sa pétition en ligne

Fraternité 2020, qui a enregistré la première initiative citoyenne européenne – ICE – peut enfin commencer ! La Commission européenne lui a fait savoir la semaine dernière qu’elle allait mettre des serveurs luxembourgeois à sa disposition pour récolter les signatures attendues – un geste qui règle un problème de taille pour l’organisation de certaines de ces initiatives.

Flashback. En mai dernier, la Commission lance officiellement la possibilité pour des citoyens de l’UE de participer directement à l’élaboration des politiques de l’UE en déposant une initiative citoyenne (ICE). Pour ce faire, les organisateurs doivent récolter 1 million de signatures partout en Europe sur une période de 12 mois après l’enregistrement auprès de la Commission.

Fraternité 2020, qui souhaite renforcer les programmes d’échanges de l’UE comme Erasmus ou le Service volontaire européen (SVE) pour une Europe plus unie, se lance dans l’aventure. Ses promoteurs – des citoyens européens de toutes nationalités, soutenus par des universitaires renommés et une série d’ONG – décident, comme d’autres organisateurs d’ICE, de récolter ces signatures en ligne. Ils doivent donc se doter d’un logiciel certifié pour enregistrer les signatures et un serveur pour les accueillir. Mais tout ceci a un coût. La Commission avait annoncé que les serveurs seraient fournis gratuitement, mais ils ne fonctionnent toujours pas depuis leur mise en place en mai dernier.

Un service à 7.200 euros

Résultat : Fraternité 2020 avait dû recourir à une entreprise informatique qui lui proposait le service pour 7.200 euros. Cette somme devait être recueillie pour le 26 juillet, car l’offre n’était que temporaire. L’organisation peinait à trouver les financements nécessaires et, à mesure que le temps passait, beaucoup en venaient à se demander si ces contraintes n’allaient pas apporter la preuve qu’à défaut d’importantes ressources financières – à l’instar de certains lobbys –, la participation directe du citoyen resterait un vœu pieux.

Retournement de situation et dénouement heureux, la semaine dernière : dans un premier temps, la Commission a fait savoir qu’elle acceptait de repousser le début de la période de collecte (12 mois) au moment où tous les problèmes en suspens seraient résolus. Dans la foulée, elle annonçait la fourniture gratuite des serveurs au Luxembourg et l’aide à l’analyse des risques, nécessaire pour commencer à recueillir des signatures en ligne. « Cela signifie que nous pouvons recueillir des signatures sans dépenser un seul euro et nous n’avons pas perdu de temps pour le faire », se réjouit, Markus Gastinger, l’organisateur de Fraternité 2020.

http://www.fraternite2020.eu

LE PRÉCÉDENT

La première initiative est née à Cluny

« Etre grec ou allemand n’a pas d’importance ici, on parle en son nom propre, comme citoyen d’une Europe commune », explique Athina Giannoutsou, étudiante grecque de 22 ans. Elle vient de participer à la 12e Convention des jeunes citoyens de Cluny. Un « Campus européen d’été » où une cinquantaine d’autres jeunes des pays membres, des pays candidats et « voisins » de l’UE ont pu partager leur vision de l’Europe du 5 au 15 juillet. Le thème cette année : « Europe, la finalité oubliée ? » L’occasion de se rappeler que « la signature de la paix, à l’origine de l’Union européenne, n’est pas une banalité », indique Athina.

Avec ses condisciples, elle a présenté ce samedi une charte (fictive) de propositions à l’UE. « On se rend compte qu’on est tous prêts à faire des efforts pour aller vers une plus forte intégration », confie Athina.

En 2011, le produit final de cette convention avait lancé l’idée de plus de programmes d’échanges pour une Europe plus unie. L’essai avait été transformé, menant alors à l’une des premières initiatives citoyennes européennes, Fraternité 2020.