La consommation superflue des ménages augmente Tester son budget avec l'aide de l'INS Le repos dominical devenu rendez-vous commercial

CONDIJTS,JOAN

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Samedi 9 décembre 2000

La consommation superflue des ménages augmente

La dernière enquête sur le budget des ménages révèle une diminution de la part des produits alimentaires.

Si la consommation annuelle du ménage belge s'établissait, en moyenne, à 1.011.017 francs voici trois ans, elle atteint, aujourd'hui, 1.101.605 francs, soit une hausse de 9%.La tendance consommatoire persiste donc sur la voie de l'augmentation...

Réalisée en 1999 par l'Institut national des statistiques, l'enquête visant à dévoiler la structure du budget des ménages confirme les grandes lignes dégagées lors des trois sondages précédents et, ce malgré un changement de méthode - les ménages ont été interrogés sur base mensuelle et non annuelle (lire ci-dessous). La part des produits alimentaires, de l'habillement, du chauffage et de l'éclairage continue, en effet, de diminuer alors que celle des transports, des télécommunications et de la santé prend le chemin inverse. Une analyse plus détaillée démontre ainsi la percée du GSM dans le budget ménager. Et, comparées aux résultats de 1997/1998, les dépenses téléphoniques ont presque doublé.

Des disparités existent, par ailleurs, entre les ménages des trois Régions belges. Les - Bruxellois consacrent ainsi, proportionnellement, une plus grande part de leur budget aux loyers, aux transports en commun et aux télécommunications. Les Flamands privilégient l'habillement, l'horeca et les voyages. Les Wallons n'hésitent pas, quant à eux, à dépenser plus pour le transport privé - essentiellement les achats de voitures.

Les postes budgétaires moins favorisés sont, par rapport aux autres Régions, à Bruxelles, les produits alimentaires - la taille des ménages étant généralement plus réduite... - le chauffage, l'aménagement et l'entretien de l'habitation; en Flandre, les boissons, le tabac, la santé , les services financiers, les télécommunications et, en Wallonie, les loyers, la culture ainsi que les loisirs.

DISPARITÉS ENTRE REVENUS

Les quelque quatre millions de ménages que compte le pays, préféreraient-ils de plus en plus les biens de consommations superflus aux produits élémentaires? Les résultats de l'enquête établissent évidemment des moyennes. Aussi, ces données doivent-elles être nuancées par le biais des revenus.

Nous avons observé que plus les revenus étaient bas, plus les dépenses consacrées à des biens et des services de base, comme la santé ou l'alimentation, étaient élevées dans le budget ménager , explique Nadine Fraselle de l'observatoire du crédit. Les revenus couvrent parfois à peine ces biens et services. Pour certains produits tels que le GSM, il est néanmoins vrai que les ménages à bas revenus sont prêts à s'endetter. Les dettes liées à la téléphonie sont, d'ailleurs, en augmentation.

Au-delà des différences de revenus, la part décroissante réservée à la chose alimentaire témoigne toutefois d'une tendance qui correspond à une modification des exigences de qualité de vie. En somme, les ménages n'hésitent plus à sabrer dans leurs budgets dits élémentaires, soit l'alimentation ou la santé, pour profiter des bienfaits de la société de consommation. Voyager et communiquer se sont imposés comme des actes essentiels de la vie, parfois au détriment de la satisfaction des besoins corporels.

JOAN CONDIJTS

Tester son budget avec l'aide de l'INS

Mariés depuis plus d'un an, Sylvie Damien et son compagnon sont parmi les quelque 300 ménages qui participent, durant ce mois de décembre, à l'enquête sur le budget des ménages actuellement en cours -sondage dont les résultats ne seront disponibles que l'an prochain. Cette juriste de 27 ans y voit l'occasion d'évaluer le budget du ménage...

*Comment avez-vous été appelée à participer à l'enquête de l'Institut national des statistiques(INS)?

*Nous avons reçu, voici un peu plus d'un mois, un courrier de l'INS nous demandant si nous désirions faire partie du panel des ménages sondés en vue d'établir la structure du budget des ménages belges. Une large description de l'enquête, de ce qu'elle impliquait, était jointe à la demande.

*Pourquoi avez-vous décidé de participer à l'enquête?

*Nous nous sommes dit que cela ne nous prendrait pas trop de temps. Bref, cela ne nous dérangeait pas. De plus, cela nous permettait de voir combien on allait dépenser durant ce mois.

*Concrètement, comment cela se passe-t-il?

*Le premier jour du mois, nous avons effectué un relevé de tout ce que nous avions et, à la fin du mois, nous referons un relevé pour voir ce qui nous reste. En fait, nous avons fait un relevé de tout ce que nous possédons: télévision, frigo, etc. Nous avons également fait un relevé de toutes nos factures. Nous avons reçu une sorte de carnet dans lequel nous prenons note de toutes nos dépenses et de tous nos revenus, jour après jour. Chaque fois que nous achetons quelque chose, nous le notons dans le carnet, en stipulant le prix, la quantité, le poids et la nature de l'achat.

*Quelles difficultés avez-vous rencontrées?

*Beaucoup de questions restaient en suspens: fallait-il, par exemple, ventiler les remboursements des transports en commun? Ce n'était pas évident. Mais, après lecture du manuel et avec l'aide de la personne de contact de l'INS qui nous suit de près et nous aide, tout se passe très bien. Cela ne me prend que dix minutes par jour.

Propos recueillis

par Jo. C.

Le repos dominical devenu rendez-vous commercial

Halloween, Saint-Nicolas, Noël, le Nouvel an... Les fêtes se succèdent et les occasions d'acheter et, partant, de vendre se multiplient. Aussi, le dimanche est-il devenu, ces dernières années, un moment supplémentaire dans le paysage particulier des deux derniers mois de l'année.

Et, les réveillons 2000 s'inscriront parfaitement dans cette tendance puisque le 24 et le 31 décembre terminent leurs semaines respectives...

La plupart des commerçants ouvriront donc leurs portes durant les trois derniers dimanches du mois, soit à partir du 17 décembre, ce week-end étant généralement considéré comme le premier de la période des fêtes. Les grands centres commerciaux (City2, Woluwé Shopping center, à Bruxelles, Belle Ile, à Liège) seront également ouverts aux clients.

Même les grandes surfaces permettront aux distraits ou spécialistes de la dernière minute d'effectuer leurs derniers achats les dimanches 24 et 31 décembre. Si certains avanceront leurs heures de fermeture (dans la plupart des cas, entre 16 heures et 18 heures), d'autres ne joueront pas les prolongations et n'ouvriront que durant quelques heures.

En somme, durant la seconde quinzaine du mois de décembre, le chaland n'aura aucune difficulté à trouver le cadeau de rêve ou l'ingrédient indispensable qu'il cherche.

Jo. C.