« J’ai cru mourir quatre fois »

LORENT,PASCAL; DELVAUX,BEATRICE

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Samedi 28 janvier 2012

Jean-Jacques Viseur (65 ans) ne sera plus bourgmestre de Charleroi. Le stress l’a mené au bord du gouffre. Il cible Magnette, patron du PS carolo, qui n’a pas assumé ses responsabilités.

Jean-Jacques Viseur dit sa vérité. C’est le stress qui l’a (presque) tué : les guerres au sein du clan socialiste, le sabotage interne et politique. Il en appelle à Paul Magnette, mais « il n’a pas la fibre locale ».

« Magnette doit enfin assumer»

Il nous avait dit « oui » en octobre. Il allait être hospitalisé, son cœur avait des soucis. Mais les palpitations s’accélérant, Jean-Jacques Viseur, alors bourgmestre de Charleroi, avait dû entrer en clinique d’urgence. Quatre mois plus tard, il nous reçoit chez lui, à Jumet. Il veut faire le bilan de ses cinq terribles années à la tête de la Ville toujours gangrenée par le vieux PS et une administration qui sabote. Pour mieux retourner à sa nouvelle vie : la collaboration aux écoles de devoir, la lecture des centaines d’ouvrages de la Pléiade, « son trésor », que son père collectionnait dès ses 15 ans. Il est svelte, « fatigué mais heureux ». Ces derniers mois ont été brutaux. Jean-Jacques Viseur a côtoyé la mort. Il sort de cette épreuve serein, empli d’un souvenir très fort du séjour à l’hôpital et pour lui désormais, la politique, c’est du passé. Il ne reprendra pas son poste de bourgmestre : « Ceci est ma dernière interview. »

« Ces dernières semaines furent un très beau moment, d’une intensité humaine extraordinaire. J’ai été très marqué par la maîtrise technique exceptionnelle des chirurgiens, la lutte prioritaire contre la douleur, l’empathie incroyable des infirmières et notre sécurité sociale. J’ai bénéficié des soins de quatre chirurgiens, deux anesthésistes, des médecins, des soins intensifs et cela ne coûte rien. »

Vous souffriez de quoi ?

Le stress avait provoqué des fibrillations quasi permanentes : j’ai subi 5 pontages et le remplacement partiel de la valve mitrale. Tout cela suivi de complications, dont ce terrible « bas débit » : à 4 reprises, j’ai vécu ce moment fascinant où le cœur réduit son rythme et où on se sent mourir. On a 50 % d’en réchapper. J’ai aussi attrapé une bactérie d’hôpital, et les antibiotiques à dose massive ont provoqué un blocage des reins. J’ai heureusement évité la dialyse. Depuis fin novembre je suis en revalidation cardiaque, j’ai perdu 11 kilos. Je suis fatigué mais heureux et rajeuni.

Charleroi vous a « tué » ?

Je pense. Je suis arrivé à l’hôpital totalement épuisé. Depuis un an, j’avais des fibrillations à chaque conseil communal, puis à chaque collège. La difficulté était totale d’arbitrer des tensions à l’intérieur d’un seul parti (le PS, NDLR). On sentait une hostilité terrible, entre les Massin, Colicis, Ficheroulle. Au fur et à mesure, l’amertume croissait face à l’incapacité d’avancer.

Tout travail était impossible ?

On a réussi une chose : il n’y a plus de nomination partisane. Le personnel s’en rend compte : il y a un respect, on ne demande plus les cartes de parti, on ne désigne plus les « gagnants » des examens de recrutement à l’avance.

Mais vous vous sentiez impuissant ?

Oui. J’ai failli démissionner en février 2011 lorsqu’on n’a pas pu appliquer les mesures disciplinaires dans le dossier des plaines de jeux. Une personne qui avait vécu sur les pauvres était protégée par d’autres !

Vous regrettez de ne pas l’avoir fait ?

Oui. J’aurais marqué la rupture.

Qu’est-ce qui vous en a empêché ?

Ma présidente (Joëlle Milquet, CDH) ne voulait pas. Mais j’ai mesuré que j’étais au bout de ce que je pouvais apporter. Lorsqu’on n’a plus la confiance du conseil communal (même le collège ne l’avait plus), on démissionne : c’est sain.

Quelles leçons en tirez-vous ?

Il n’est pas sain que le bourgmestre d’une Ville émane d’un petit parti car il doit constamment justifier sa légitimité. Cela fonctionne tant qu’il y a un soutien sans réserve. Ce fut le cas au début et alors on a pu avancer. Mais puis, la politique reprend ses droits. Les socialistes voulaient refaire l’unité autour d’eux, alors on tape sur l’autre…

La chasse au social-chrétien par des laïcs, MR ou PS ?

Cela a pu jouer mais c’était très variable. Le MR a une obsession pour les communales de 2012 : pas d’alliance PS-CDH. On joue alors parfois sur les affinités philosophiques.

Ce qui vous a tué, ce sont les bisbilles intra-PS ?

Le duel Massin-Ficheroulle (le premier est échevin de l’aménagement urbain, le second échevin des travaux et bourgmestre ff) est sain mais pas quand ça commence trop tôt avant les communales. On me demandait de faire l’arbitrage entre les deux, mais ils n’étaient pas de mon parti. Colicis, c’est autre chose, elle a une haine personnelle contre Ficheroulle.

Paul Magnette, aux abonnés absents ?

Il n’a pas joué son rôle de patron du PS de Charleroi. C’était ingrat, je comprends bien, mais cela a permis à Van Cauwenberghe père de maintenir son influence.

Magnette n’est pas à sa place ?

Cela l’intéresse mais on n’est pas ici dans un exercice intellectuel. Il avait à affronter les anciens, des réactions très terre à terre et un ancrage local puissant. Si Van Gompel (l’ex-bourgmestre socialiste) se présentait aujourd’hui au suffrage électoral, il ferait un score canon. Magnette a été parachuté !

Il n’est pas l’homme de la situation ?

S’il avait été brutal, comme Van Cau, il aurait tué les oppositions dans l’œuf. Que va-t-il se passer aux communales ?

Ou Magnette assume la fonction et il a l’intelligence, l’imagination et les moyens électoraux pour le faire, ou…

c’est ce que vous appelez de vos vœux ?

Oui, c’est la solution idéale pour Charleroi. Et s’il devient président du PS, cela lui donnera une stature en plus. On a été injuste envers la Ville. Si Magnette devient bourgmestre et président de parti, cela sera moins le cas, j’en suis certain.

Magnette devrait renoncer à un rôle ministériel ?

Ce n’est pas du tout la même fonction. Quand le contact humain n’est pas possible, être bourgmestre n’est pas valorisant. Mais cette proximité est quasi impossible à Charleroi tant le poids administratif est lourd. C’est rare qu’une Ville perde son secrétaire communal, son receveur, son chef de police, et quelques directeurs. A la police, ils ont très bien réagi, cela ne tourne pas mal. La secrétaire communale est dévouée corps et âme, mais elle s’est attirée des inimitiés terribles en faisant preuve d’indépendance. Pas tellement du côté du collège mais de certains fonctionnaires.

Magnette est lâche s’il n’y va pas ?

Toute sa vocation le porte vers le poste de ministre. Il n’a pas la fibre municipale. Ce n’est pas un reproche mais dans le cas présent… C’est un choix cornélien pour lui.

Il pourrait ne pas se présenter aux élections communales à Charleroi ?

Il ne pourra pas résister. Ni se dérober car il est le symbole du renouveau, il est porteur de certains espoirs : son parti ne le permettra pas. Le PS à l’époque a pris ses responsabilités en le parachutant. Mais il n’était pas préparé à cela. Sous réserve de devenir le président du PS, il a les moyens d’échapper à exercer ce maïorat.

C’est terrible ce que vous dites ?

Oui, mais c’est comme ça.

Admettons qu’il n’assume pas le poste après les élections, qui va le remplacer ?

C’est lui qui va désigner son remplaçant en conscience et qui portera la responsabilité.

Cela pourrait être Massin, qu’on dit fragile personnellement ?

Il n’a pas les qualités pour. Si Ficheroulle et Massin étaient une seule personne, ce serait mieux. C’est à Magnette de choisir.

Vous vous sentez trahi par le PS ?

Cela a bien fonctionné les premières années, cela s’est détérioré début 2011 vu la proximité des élections et l’exacerbation des rivalités. Mais rien ne nous a été épargné ! L’adjoint à la secrétaire communal dont la nomination était très professionnelle, s’est fait flinguer parce qu’il était le chef de cabinet de Ficheroulle. Résultat : pas de secrétaire communal adjoint. Et je signe 80.000 documents par an, la secrétaire communale 90.000. La secrétaire communale prépare un marché public et hop ! immédiatement se produit une levée de boucliers à l’intérieur de l’administration. Parce que les gens ont peur qu’on découvre ce qu’ils font. Le sabotage dont nous sommes victimes n’est pas toujours d’inspiration politique, mais aussi personnelle. Vous savez les gens se disent que la tripartite est une parenthèse et que « la secrétaire communale, on aura sa peau ». Quelques personnes à l’intérieur du conseil ont entretenu cette thèse, cela me paraît évident.

La justice va faciliter les choses ?

Nous ne sommes pas servis par le calendrier judiciaire : la volonté de constituer des mégadossiers fait tout traîner. Quelle sera la valeur pédagogique de faits incriminés, si le verdict tombe après dix ans ? Nulle. En plus les tribunaux vont en acquitter une partie et les plus responsables vont s’en servir pour crier au « complot » contre eux. Tout cela est très mauvais.

Vous avez manqué de moyens ?

Les autorités de tutelle wallonnes n’ont pas compris qu’à situation exceptionnelle, il fallait des moyens exceptionnels. Nous n’avons pas d’audit interne, impossible de recruter des gens de qualité avec les barèmes actuels.

Vous avez alerté Elio Di Rupo ?

Pas directement mais j’ai envoyé des messages. De son côté, il n’y a pas eu la moindre défaillance. Mais je croyais qu’au PS quand le président décide, on obéit. Ce n’est pas le cas.

Le CDH est-il impuissant ?

Joëlle m’a toujours soutenu, elle était contre ma venue comme bourgmestre qu’elle trouvait casse-pipe.

Vous allez démissionner ?

Je le souhaite car être bourgmestre empêché n’est bon pour personne. Le statu quo n’est ni raisonnable ni souhaitable. Je n’ai pas préparé le budget, je n’aurais d’ailleurs pas fait ce qu’ils ont fait, c’est donc à eux de l’assumer. Le parti dominant doit assumer la responsabilité. Les médecins ont fixé ma fin de convalescence à la deuxième quinzaine de février. Je voudrais qu’il y ait une solution.

Quels sont les scénarios ?

1) La démission pure et simple que le PS ne veut pas car je les mets devant leurs responsabilités. Mon remplacement irait à Philippe Van Cauwenberghe, impossible pour eux. Je ne le souhaite pas non plus car cela réduit à néant mes efforts depuis 5 ans.

2) Tout le monde démissionne et le bourgmestre ff (Ficheroulle) devient en titre : c’est la solution la plus propre et purement formelle. Est-ce acceptable pour les autres socialistes ? Non. Mais c’est la décision d’Elio, enfin de Giet, le président du PS.

3) On reste avec un bourgmestre ff mais je n’aime pas cette idée.

Charleroi, c’est fichu ?

Cela ne peut pas l’être. La Ville a beaucoup de difficultés : la population s’accroît, et avec elle, le nombre de pauvres. Nous avons tous les handicaps d’une grande ville sans les avantages. Il n’y a pas d’équilibre classe moyenne et classe populaire. Ce n’est toujours pas une Ville, mais la somme de quinze entités. Il faut un bourgmestre solide, un parti qui fait le ménage et le soutien des autorités.

La fin du mayorat de Viseur se précise à Charleroi

L’annonce de la parution de l’interview de Jean-Jacques Viseur au Soir a sans doute précipité les choses : vendredi en fin d’après-midi, Véronique Salvi (députée wallonne) et Antoine Tanzilli (échevin carolo de la Culture) ont adressé un communiqué concernant la situation du bourgmestre convalescent.

« Si l’état de santé de Jean-Jacques Viseur, le Bourgmestre CDH de la Ville de Charleroi, est encourageant, il ne lui permet cependant pas de reprendre ses fonctions mayorales à court et moyen terme ». Le CDH demande donc à « rencontrer dans les meilleurs délais les partenaires politiques de la majorité afin d’envisager ensemble la meilleure solution pour poursuivre la bonne gestion et garantir la stabilité de la Ville de Charleroi ». Dans la foulée, Véronique Salvi a contacté Olivier Chastel (MR) et Paul Magnette (PS) pour les avertir du contenu de l’interview.

Car, que dit, en substance, Jean-Jacques Viseur. Primo, que sa convalescence se termine tout doucement mais qu’il ne pourra jamais reprendre ses fonctions de bourgmestre. Secundo, que dès lors, il convient de statuer sur sa situation. Très lucide, le mayeur empêché énumère les trois scénarios possibles, avec une préférence.

1) Viseur démissionne. Le Code de la démocratie locale est clair : c’est l’élu de la liste la plus forte ayant obtenu le plus grand nombre de voix. Ce qui revient à désigner Philippe Van Cauwenberghe, signale Viseur. Un symbole terrible que le mayeur CDH refuse. Au PS, on signale qu’une règle interne empêche toujours un élu inculpé de siéger au sein du collège. Ce ne serait donc pas à Philippe Van Cau mais à Françoise Daspremont que reviendrait le mayorat.

2) Démission collective. Cette hypothèse, qui semble recueillir les faveurs de Jean-Jacques Viseur, consiste à utiliser une exception ajoutée au Code de la démocratie locale : en cas de démission collective d’un collège, le conseil communal désigne lui-même en son sein un bourgmestre. Cette solution avait permis, en 2007, à Jean-Jacques Viseur d’être mayeur. Pour sa sortie, il emprunterait donc la porte par laquelle il était entré dans le cabinet du bourgmestre. Mais elle obligerait Paul Magnette à désigner un échevin et à trancher entre les deux rivaux que sont Eric Massin et Paul Ficheroulle. Embarrassant.

3) Bourgmestre empêché. Dernière possibilité : le statu quo. Jean-Jacques Viseur reste un bourgmestre dans l’incapacité (réelle) d’assumer ses fonctions et Paul Ficheroulle (PS) continue d’assumer l’intérim, jusqu’au terme de la législature. « Mais je ne le souhaite pas », précise Viseur. Ce qui revient à écarter cette piste ? Pas forcément. A tout le moins, cela oblige les trois partis de la majorité à convaincre Viseur de jouer ce rôle quelques mois encore, dans l’intérêt de la Ville, quitte à passer pour quelqu’un qui s’accroche à un poste dont, en réalité, il ne veut plus.

Car c’est l’autre aspect de la « sortie » médiatique de Jean-Jacques Viseur. Elle s’est visiblement opérée sans réelle concertation avec son parti. Le CDH carolo ne savait pas que son ancien chef de file irait si loin dans sa « confession ». Et le communiqué adressé ce vendredi aux partenaires PS et MR, ainsi qu’aux médias, a aussi pour but de démontrer la loyauté du CDH : il remet le mayorat dans les mains de la tripartite, à charge pour la coalition de trouver une solution… collective.

« Je répondrai rapidement à la demande du CDH ; le MR veut une solution la plus claire possible », répond Olivier Chastel. « Nous allons examiner les différents scénarios et chercher une solution qui garantisse la stabilité de la Ville », commente Paul Magnette. Les trois partenaires se pencheront sur la question vendredi prochain. La fin du mayorat de Jean-Jacques Viseur se précise.

« L’Europe tue l’espoir ! »

Jean-Jacques Viseur, vous êtes inquiet pour l’Europe ?

Deux éléments graves sont à l’œuvre. Primo, on n’a pas résolu la situation du monde financier : beaucoup de banques ont reçu la garantie d’Etat et peuvent continuer à faire n’importe quoi. Secundo, les agences de notation, les règles de Bâle qui encadrent les banques, les superviseurs qui n’ont rien vu font peser des contraintes qui amènent les banques à ne plus faire leur métier. On crée des comportements moutonniers : on resserre tout, on ne donne pas de projet. Keynes a écrit un livre remarquable Les conséquences économiques de Mr Churchill, où il démontre que les politiques de restrictions et d’équilibre de Churchill ont précipité la crise. Les néokeynesiens Krugman et Stiglitz ont raison.

Quelles sont les solutions ?

La relance est la priorité absolue. C’est pourquoi l’application de la règle d’or (qui interdit les déficits budgétaires, NDLR) est une absurdité : les pays ne pourront plus jamais investir. On est au bord d’une désespérance, pensez à Steinbeck, on est en train de créer la même paupérisation. On tue l’espoir. Je ne connais pas d’exemple d’une génération politique qui, confrontée à une crise, puisse changer d’avis. Il faut modifier les moteurs aux commandes de l’Allemagne et de la France.

Quelle politique alternative ?

1. La politique fiscale doit européaniser certains impôts comme l’impôt de société. 2. La politique budgétaire doit être un véritable instrument de régulation, aux mains d’un vrai pouvoir exécutif (pas Merkozy) en lien avec le Parlement européen. 3. Il faut un grand projet européen tenant compte des mutations de la société. Si l’Europe reste accrochée à ses politiques de restriction, elle va tuer le sentiment européen. Et on se retrouvera dans la situation des années 30. Changer : indispensable !

Ce que Viseur dit du Plan W

Ce que Viseur dit du Plan W

« La rupture avec Bruxelles serait une folie économique. Mais si on est parti pour dix ans après l’accord Di Rupo, quid au-delà ? Le transfert massif de compétences appelle aussi de nouveaux comportements. Comment faire en sorte que la Wallonie ait une identité économique et culturelle ? Le plan W a été mal défendu, mal explicité mais la réflexion doit être menée. Et on doit toujours, non pas commencer par parler institutionnel, mais finir par là. Ce sera inévitable. »

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Jean-Jacques ViseurJean-Jacques Viseur est né le 2 décembre 1946 à Charleroi. Avocat au Barreau de Charleroi

Jean-Jacques Viseur

Jean-Jacques Viseur est né le 2 décembre 1946 à Charleroi. Avocat au Barreau de Charleroi de 1969 à 1997, il a collaboré à différents cabinets ministériels CDH avant de devenir, en 1992, administrateur puis président du conseil d’administration de l’UCL. De 1995 à 2006, il sera député CDH et même brièvement ministre des Finances en 1998-1999. Depuis le 9 juillet 2007, il est bourgmestre de la Ville de Charleroi (après avoir été échevin des finances).

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