La guérison dans la peau

DU BRULLE,CHRISTIAN

Mardi 20 novembre 2007

Génétique Des cellules souches au départ de cellules cutanées

Fabriquer des cellules souches au départ de cellules cutanées adultes : c’est possible ! Récit d’un exploit américain et japonais.

Les cellules souches sont ces cellules merveilleuses de l’organisme capables de se différencier en cellules spécialisées (sanguines, cardiaques, nerveuses etc.) à la demande. L’embryon le fait tout seul. Au départ des premières divisions cellulaires de l’œuf fécondé, le bébé fabrique tous les types de cellules nécessaires (220 types différents) à l’élaboration d’un être vivant complexe.

En matière de santé, l’utilisation de ces cellules souches laisse entrevoir de nouveaux moyens thérapeutiques puissants.

Le problème porte sur la disponibilité de ces fameuses cellules mais aussi leur compatibilité entre donneurs et receveurs.

Voici qu’une équipe japonaise de Kyoto dirigée par le Pr Shinya Yamanaka mais aussi une équipe aux Etats-Unis (Université du Wisconsin à Madison) ont réussi à produire ces fameuses cellules souches au départ de simples cellules cutanées adultes quelque peu « reprogrammées ».

Dans des articles à paraître dans la revue Cell et le magazine Science, les équipes expliquent leur recette.

Il s’agit « tout simplement » de reprogrammer de manière génétique le noyau des cellules pour qu’elles se muent en cellules pluripotentes (capables de se différencier en différents types de cellules). Simple ? Sans doute sur papier. En laboratoire, les essais sont certes fructueux mais relativement peu nombreux. « Au départ de quelque 50.000 cellules cutanées adultes humaines, nous avons pu produire une dizaine de cellules pluripotentes », précise Shinya Yamanaka.

De son côté, l’équipe américaine dirigée par James Thomson, de l’Université du Wisconsin, a réussi à reprogrammer une cellule sur 10.000, mais sans le recours à un gène connu pour être cancérigène.

La percée scientifique est passionnante. Si la technique s’affine et si ces cellules reprogrammées tiennent leurs promesses, elles devraient permettre un jour de faire avancer rapidement la recherche sur le traitement du cancer, des maladies d’Alzheimer et de Parkinson, du diabète, de l’arthrite, des lésions de la moelle épinière et ce sans risque de rejets, puisque ces cellules souches auront été fabriquées au départ du patrimoine génétique même du patient auquel elles sont destinées.