La jeunesse se réislamise

n.c.

Lundi 19 septembre 2011

Les jeunes bruxellois d’ascendance musulmane renouent avec l’islam, sous l’influence d’une nouvelle génération de prédicateurs fondamentalistes. Notre dossier

Les conclusions de la thèse de doctorat que vient de défendre avec succès Leïla El Bachiri, chercheuse du centre de sociologie de l’Université libre de Bruxelles, ne surprendront pas les observateurs de terrain. La radicalisation d’une partie des jeunes musulmans, constatée depuis plusieurs années, n’est pas le fait de leurs parents, ni celui des fédérations religieuses contrôlées par les pays d’origine.

À Bruxelles, où se sont déroulées les recherches de Leïla El Bachiri, c’est au contact de nouveaux prédicateurs très actifs, liés principalement à la mouvance contestataire des Frères musulmans ou aux néosalafistes inspirés par le wahhabisme saoudien, que ces jeunes se « réislamisent ». Ces prédicateurs « remplissent une fonction de revalorisation sociale, analyse la jeune femme. Ils touchent une population précarisée qui retrouve une certaine “dignité” à travers la religion. »

Devant ce constat, le nouveau docteur en sociologie engage les autorités publiques à prendre conscience de cette évolution, et les appelle à miser sur l’éducation. « L’école, dit-elle, doit être le lieu de la connaissance critique, enseigner à tous les élèves l’histoire passée et présente de la philosophie, des faits religieux et du féminisme. »

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