La mairie de quartier expose Demeyer: «Le service communal de demain...»

RENETTE,ERIC

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Jeudi 4 novembre 1999

La mairie de quartier expose

Bilan positif après un an de fonctionnement de la première mairie de quartier liégeoise. Et ouverture d'une galerie.

Le 7 novembre, la mairie de quartier implantée au château de Péralta à Angleur fêtera son premier anniversaire. En un an, les cinq agents communaux qui y travaillent auront traité plus de 16.000 demandes dont 88 % relevant du domaine de l'État civil (viennent ensuite les affaires sociales et l'environnement avec chaque fois environ 3 %). Des proportions qu'on retrouvait déjà après six mois de fonctionnement («Le Soir» du 11 mai). Ce succès s'explique par la conjugaison de différents atouts: l'accès via la mairie à l'ensemble des services communaux (documents, rendez-vous...), un personnel polyvalent formé aux arcanes de l'administrations, des liaisons informatiques couvrant l'ensemble du champ communal, un accueil humanisé (pas de guichet, un contact direct avec l'agent...) et des horaires adaptés (tous les jours de 8 h à 17 h, le jeudi jusqu'à 19 h et le samedi de 9 h à 12 h, soit un total de 46 heures hebdomadaires).

En plus de l'humanisation des services communaux et d'une nouvelle définition du service au public, le projet des mairies de quartiers vise également à développer une meilleure intégration de l'administration dans la vie locale. Pour symboliser ce rapprochement, la mairie de quartier d'Angleur accroche une corde de plus à son arc: la culture. A l'occasion de son premier anniversaire et en collaboration avec le centre culturel d'Angleur, on va en effet inaugurer la «Galerie de la Mairie», un espace culturel permanent qui va accueillir des expositions et donc ouvrir encore plus l'administration vers le public. Les cimaises ainsi créées déborderont d'ailleurs du cadre strict de la mairie puisque les oeuvres seront également accrochées dans le hall d'entrée, dans la cafétéria et dans la salle d'attente de Péralta. Les expositions porteront à la fois sur le travail (peinture et photo) réalisé dans les ateliers du centre culturel local mais aussi, quatre ou cinq fois par an, à des artistes de renom. Le premier en date est Marc Vanden Brom, un Liégeois prof à l'académie des Beaux Arts dont les peintures reflètent une vision urbaine et nocturne faite de sexe, de violence, de sordide.

Cette ouverture vers la culture devrait également se retrouver dans les futures mairies également prévues dans d'autres quartiers. Suite, notamment, au changement de majorité à la région, l'implantation des deux prochaines mairies liégeoises a pris du retard. Celle du Thiers-à-Liège qui sera située boulevard Hector Denis (entre la crèche et le club des pensionnés) devrait ouvrir les portes au début 2000. Le bourgmestre en attente, Willy Demeyer, espère que celle de Rocourt (dans l'actuelle antenne administrative) sera inaugurée avant la fin 2000. Pour l'une comme pour l'autre, des collaborations sont prévues avec des centres culturels.

É. R.

Demeyer: «Le service communal de demain...»

Il a fallu trois ans et 18 millions de subsides avant que la première mairie de quartier liégeoise ouvre ses portes. Le projet était pourtant affiché au programme de la majorité PS-PSC dès 1995. Pourtant, au vu des résultats, Willy Demeyer (futur bourgmestre), Nicole Struvay (échevine de l'état civil et des mairies de quartier) et Jean-Géry Godeaux (le «père» du projet) estiment que ça valait la peine d'attendre. Et tablent sur la contagion de l'«esprit» mairie.

Pour le futur bourgmestre, immanquablement, la mairie de quartier préfigure ce que tous les services communaux doivent devenir demain. Pour lui, il s'agit non seulement d'adopter une nouvelle mentalité dans la manière de rendre un service au public (accueil direct, polyvalence pour éviter de renvoyer le «client» de guichet en guichet...) mais aussi, plus globalement, de se servir de l'administration pour «remailler» le territoire liégeois en lieux de contact entre commune et citoyens. C'est en ce sens que les salles de réunion ouvertes, notamment, aux associations locales ou les expositions élaborées avec les différents centres culturels locaux doivent renforcer les relations avec les citoyens. Encore faut-il pouvoir le faire. Suite aux fusions des communes puis aux problèmes financiers de la Ville, nous avons hérité du squelette de l'ancienne administration, analyse Willy Demeyer. Il s'agit aujourd'hui de se donner les moyens, de dégager les sommes nécessaires pour assurer l'équipement et la formation continue des services . Budgétairement, l'affaire n'est pas mince...

Parallèlement, chaque future mairie est ainsi appelée à s'adapter aux besoins spécifiques du quartier. Il s'agit donc de compléter le réseau des antennes administratives plutôt que de le remplacer. N'empêche, l'esprit mairie doit être contagieux: Idéalement , poursuit Demeyer, chaque antenne doit devenir une mairie.

E. R.