La mobilité vers le campus inquiète l'ULg Les étudiants organisent un service lift vers le Sart Tilman

BODEUX,PHILIPPE

Mercredi 6 décembre 2000

La mobilité vers le campus inquiète l'ULg

Parkings saturés, insatisfaction du service des bus et augmentation de la circulation à l'avenir: le campus du Sart Tilman joue sa carte «mobilité».

Situé sur une colline à trois kilomètres du centre-ville, le campus du Sart Tilman a depuis toujours été confronté à un problème d'accessibilité. Comment relier au mieux, avec le reste de l'agglomération établie dans la vallée mosane, ce poumon vert peuplé de salles de cours, de labos et de bureaux, mais aussi d'un hôpital universitaire, de musées, d'entreprises réunies dans un parc scientifique ?

Alors que l'option d'une liaison directe en site propre type métro ou tram semble avoir été définitivement abandonnée, que faire? Surtout qu'avec les dernières vagues de déménagement des facultés qui restaient au Val Benoît, le public gagnant quotidiennement le Sart Tilman, n'a cessé d'augmenter. Ainsi 18.800 personnes (12.000 étudiants, 3.000 membres du personnel ULg, 2.800 du CHU et 1.000 du parc scientifique) se déplacent quotidiennement vers le Sart Tilman, a calculé le rectorat. Tandis qu'au niveau du «marché global» la demande de transport concerne au minimum 769.000 personnes compte tenu des promeneurs du domaine et des patients du CHU. Ce qui fait monter la moyenne de fréquentation journalière à 21.000 personnes. Et dans le document rédigé, l'université de Liège table sur 23.000 personnes dans les 10 ans à venir.

Les problèmes de mobilité peuvent devenir un facteur de concurrence entre universités, il y a urgence pour les régler, insiste le recteur dans le document présenté au TEC. Vu que les parkings sont à saturation et qu'on ne peut en construire de nouveaux en raison du caractère vert du campus, la solution des transports en commun doit être privilégiée. Et de proposer des pistes: augmentation des cadences, création de lignesexpress et gratuité de la ligne 48.

LIGNE 48 EN BAISSE

Du côté de la société de transport en commun, on constate que la fréquentation sur la ligne 48 - la plus fréquentée - a baissé depuis la grève d'octobre. Nous avons perdu de la clientèle, à présent les étudiants font du covoiturage, analyse Jacques Bertrand, directeur d'exploitation du TEC Liège-Verviers. Nous avons déjà fait des efforts, souligne le directeur qui a pris connaissance des demandes de l'ULg, comme la tentative de faire du «just in time» avec des bus mis en «stand by» à la sortie des auditoires ou le renfort du triple bus articulé aux heures de pointes. Et l'établissement de bandes bus sur le pont de Fragnée qui devraient être étendues sur la route du Condroz afin d'assurer une meilleure progression.

Une lisibilité d'action que ne perçoivent pas vraiment les étudiants. Le matin, les bus sont bourrés massacre, je plains les étudiants qui doivent se farcir quotidiennement le campus, déclare Ludovic, 5e ingénieur civil, qui rejoint ses cours en voiture avec des copains. Le problème réside dans l'organisation des lignes de bus et dans les bouchons. Ce ne sont pas les morceaux de sites propres qui améliorent les choses.

Jacques Bertrand, lui, avance le problème lancinant de la non-reproductibilité des charges: Nous devons faire face à des afflux inattendus. De plus, suivant nos analyses depuis novembre les lignes ne sont plus saturées, poursuit le directeur qui a entamé une surveillance étroite de la ligne jusque Pâques avant d'éventuellement envisager une amélioration du service. Cela dépendra des possibilités financières du futur contrat de gestion. Réseau express, arrêts différenciés, création d'un site propre intégral et non morcelé: les solutions ne manquent pas. En attendant, les étudiants sont les premiers - avant les autorités universitaires - à élaborer des alternatives (lire ci-contre). Comme le covoiturage organisé via internet.

PHILIPPE BODEUX

Les étudiants organisent un service lift vers le Sart Tilman

F aisons bouger le monde! Récupérant, non sans ironie, le slogan du TEC, la fédération des étudiants de l'ULg a décidé de créer un service lift universitaire de manière à inciter le covoiturage. Le TEC a immobilisé les usagers des bus pendant plus d'un mois. Les universitaires empruntant la ligne 48 ont été forcés de faire de l'auto -stop, de s'arranger avec d'autres étudiants ayant une voiture. Ou ne sont pas allés au cours... C'est en réaction à cette grève qu'est née l'idée de créer un service lift universitaire, explique Isabelle Noirot de la Fede, qui est en train de mettre sur pied ce service au sein de l'Alma Mater liégeoise. Le principe est simple: s'inscrire sur le site internet (1) ou à la Fede - soit au Sart Tilman, soit place du Vingt Août - pour faire part de son offre ou de sa demande. Les étudiants s'occupent de faire coïncider les deux comme dans n'importe quel service lift. Dans ce système, le conducteur reçoit au moins 20 F par prise en charge plus 1 F du kilomètre. De plus, le dessinateur Kroll a «commis» un autocollant représentant une accorte automobiliste demandant «Vous montez?» à un jeune étudiant et ajoutant «J'veux dire au Sart Tilman». A apposer sur le pare-brise des voitures et sur les fardes et autres objets faisant office de «cartables», cet autocollant est destiné à motiver les personnes - qu'elles soient étudiantes ou non - à pratiquer le covoiturage.

Le sytème d'inscriptions est lourd à gérer pour un organisme étudiant , explique-t-on à la FEDE. C'est pourquoi nous comptons surtout mettre en contact des personnes qui, après, pourront s'arranger entre elles. Le covoiturage, ça peut être tellement sympa! Et puis ça permet de diminuer le nombre de voitures ralliant quotidiennement les différents sites de l'ULg. Afin de préserver une partie du poumon vert du Sart Tilman!

Ph. Bx

(1) www.student.ulg.ac.be/fede.