LA PETITE FIAT 500 UN DEMI SIECLE APRES
PARTZ,YVES DE
Page 20
Samedi 21 décembre 1991
AUTOMOBILE
LA PETITE FIAT «CINQUECENTO»,
UN DEMI-SIÈCLE APRÈS
La première motorisa l'Italie, la dernière a l'ambition de rendre le trafic urbain plus viable
ROME
De notre envoyé spécial
Elles s'appelaient Volkswagen Coccinelle, Citroën 2 ch et Fiat 500. Chacune à leur manière et avec plus ou moins de force, elles ont marqué l'histoire de l'automobile. Quoi de plus normal que d'annoncer avec faste le lancement du modèle qui succède à l'une d'elles? Pour présenter la petite dernière à l'ensemble de la presse européenne (600 journalistes réunis le même jour), Fiat avait choisi Cinecitta, le célèbre studio romain de cinéma né en 1936, c'est-à-dire en même temps que la première 500 rebaptisée «Topolino» par le public.
La Topolino deux places, avec ses portes s'ouvrant vers l'avant, son petit moteur de 569 cc et un coffre supportant tout juste 50 kg de bagages, fut un événement automobile. Elle coûtait à l'époque 8.900 lires et, malgré les années de guerre, on en produisit 122.000 à Turin avant l'arrivée de la 500 B en 1948 et surtout de la Nuova 500 en 1957. Il n'est pas faux d'affirmer que cette dernière motorisa l'Italie: la petite Fiat toute en rondeurs et dotée d'un moteur de moins de 500 cc fut produite en différentes versions (sport avec toit ouvrant, Gardiniera, etc.) et vendue en l'espace de 18 ans à 3.678.000 exemplaires! En 1975, la fabrication de la 500 fut interrompue et les modèles qui lui succédèrent (les 126) ne provoquèrent jamais le même engouement.
À l'heure où le marché des plus petites voitures tend à se réduire (il est passé en Europe de 6 à 3,4 % en l'espace de 10 ans), le lancement d'une nouvelle 500 est a priori surprenant. L'Italie des années nonante n'est plus celle des années cinquante. Mais en revanche, Rome, comme Tokyo, Paris, Londres, Madrid, Lisbonne et bientôt Bruxelles, est confrontée aux mêmes difficultés de trafic. Un problème que les Japonais ont essayé de résoudre notamment en encourageant la construction de «city cars», des voitures soumises à des dimensions strictes.
PAS AVANT 1993
SUR LE MARCHÉ BELGE
Sans devoir se fier aux mêmes règles, la nouvelle 500 (prononcez Cinquecento), longue de 3,22 m et large d'1,48 m, pourrait offrir une réponse partielle aux questions des citadins. À l'exception de la Rover Mini plus courte encore (3,05 m) et de la 126 Bis appelée à disparaître aussi discrètement qu'elle a vécu, son gabarit est unique en Europe, mais pas parmi ses concurrentes nippones dont la Subaru Mini Jumbo (3,28 m) et la Suzuki Alto (3,20 m). Associant d'emblée circulation et pollution, Fiat a déjà prévu une version électrique classique, en plus des petits moteurs à essence de 704 et 903 cc. Seul ce dernier, dépollué (41 ch), sera disponible en Belgique.
Mais l'arrivée de la 500 sur notre marché, ce n'est pas pour tout de suite: montée en Pologne dans les ateliers de PSM qui passeront bientôt sous le contrôle de Fiat, elle sera produite dans un premier temps à 160.000 unités par an et ne sera livrée en Belgique qu'au début de 1993. À quel prix? Les plus hautes instances de Fiat n'ont pas voulu donner la moindre indication de coût à propos de la remplaçante de la 126 Bis, mais on peut supposer qu'il se situera sous le prix de la Panda proposée actuellement à 220.000 F.
FORMES TRÈS CLASSIQUES
ET ESPACE GÉNÉREUX
Première impression à propos de la Cinquecento? Si la Topolino et la Nuova 500 affichèrent des lignes résolument originales qu'on retrouve aussi sur certaines japonaises modernes (Mazda 121), Fiat a opté pour un relatif classicisme et la 500 a les allures d'une mini Y-10 jugée avant-gardiste il y a quelques années. Autres caractéristiques: un espace intérieur très généreux aux places avant pour une super-mini, permettant à deux adultes de s'y installer sans la moindre gêne, et une finition n'évoquant en rien, sur les premiers exemplaires, en tout cas, d'autres constructions en provenance des pays de l'Est pas plus que les côtés spartiates de la Panda.
Si le choix esthétique est affaire de jugement personnel, tous les observateurs présents s'accordaient en revanche à regretter le mauvais guidage de la commande de boîte de vitesses. Pour le reste et si le prix est en rapport avec le comportement d'une petite voiture très maniable, au rayon de braquage court, au confort très acceptable et à la finition soignée, un bel avenir pourrait s'offrir à la Cinquecento. Même si on ne refait pas l'histoire...
YVES de PARTZ
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