La peur a eu raison du Clasico

PAIROUX,ETIENNE

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Samedi 7 avril 2012

Comment, deux équipes en plein doute après une entame guère réussie dans les playoffs, allaient-elles aborder le troisième Clasico qui ne se jouait pas à guichets fermés puisqu’un peu plus de 22.000 personnes s’étaient déplacées à Sclessin ? D’abord, avec deux surprises dans la composition des équipes. Au Standard, José Riga avait décidé de titulariser Batshuayi mais pour le décaler sur le flanc droit. Un couloir, où à la surprise des Rouches sans doute, il ne s’affrontait pas à Deschacht mais bien à Lukaku.

Pour le reste, ce sont les deux équipes attendues qui étaient alignées au coup d’envoi même si au Standard Gonzalez fêtait bien sa première titularisation depuis le 30 octobre, à Saint-Trond. Mais clairement pour apporter du liant dans le jeu des Rouches qui en manquait cruellement lors de leurs dernières sorties. Cela se voyait dans une première période de qualité moyenne, bien entamée par l’équipe locale mais mieux terminée par des Anderlechtois laissant passer l’orage.

Pourtant, si une première reprise de la tête de Kanu mettait Proto à contribution en début de match, c’est une frappe de Gillet, bien isolé par Mbokani, qui inquiétait plus sérieusement Bolat. Comme d’habitude, Dieumerci n’avait pas l’intention de rater son rendez-vous avec le Clasico alors que Jovanovic, lui, passait inaperçu.

Si, peu avant la demi-heure, Gonzalez démontrait la qualité de sa frappe au but, Biglia lui répondait dans la minute suivante. Le tout sous les yeux d’un Jelle Van Damme qui restait sur le terrain bien que touché tout en début de match. Ce qui était sans doute important pour Riga car, à la pause, on se demandait si le Standard allait être en mesure de tenir le coup physiquement dans un match où on sentait malgré tout une certaine prudence dans le chef des deux formations. Il était évident que les deux équipes jouaient avec la peur au ventre.

Dès la reprise, Anderlecht maîtrisait mieux le jeu même si la première possibilité, si on veut, venait du pied de Seijas qui s’essayait à une frappe lointaine. Mais non cadrée. Quelques minutes plus tard, après la salve d’applaudissements en mémoire de Guy Namurois, c’est Batshuayi qui passait en dessous du ballon sur un centre de Buyens. Puis, Tchité, isolé par un Gonzalez jouant juste, obligeait Proto à se coucher. Mais tout cela n’était pas vraiment des franches occasions de but.

De son côté, si Anderlecht avait la possession du ballon, il ne parvenait pas à mettre en danger Sinan Bolat d’autant que Suarez, souffrant toujours du genou, était aussi invisible que Jovanovic.

Beaucoup plus en tout cas que Proto qui, en deux minutes, faisait face à un tir aux pipes, repoussant les envois de Goreux et Gonzalez avant de voir celui de Buyens filer hors cadre.

Le Standard, où Gakpé et Mujangi Bia apportaient un peu de sang frais, accentuait sa pression, mais les occasions franches étaient toujours aussi rares dans un match qui se terminait sous une certaine tension. Et sur un face à face perdu par Suarez devant Bolat, puis sur une frappe tendue de Gakpé repoussée une fois de plus par Proto.