La Province, stop ou encore ?
JENNOTTE,ALAIN
Page 20
Lundi 3 août 2009
Liège Les hyper-provincialistes face à ceux qui veulent « moins » de province
Certes, entre les déclarations post-électorales, où l’on se disait prêt à rayer les provinces de la carte, et ce que l’on retrouve dans la déclaration gouvernementale wallonne, il y a un monde. Ce qui n’empêche pas le député permanent liégeois André Gilles (PS), de taper sur le clou pour s’assurer que le message provincialiste a été entendu. « Il est évident que les provinces doivent s’adapter et que les structures ne doivent pas se scléroser, explique André Gilles. Mais on n’a pas suffisamment pris la mesure du rôle d’interface qu’elles pourront jouer à l’avenir, vis-à-vis des communautés urbaines ou des bassins de vie. Au moins, certains partis ont pu prendre conscience d’un certain nombre de réalités durant la négociation. Le financement en région liégeoise de grandes infrastructures est un bon exemple » (lire ci-contre).
Des spécificités provinciales que certains voient plus encore à Liège qu’ailleurs. « C’est le bassin industriel qui a poussé la Province, à la fin du XIXe siècle à prendre en charge l’enseignement technique et professionnel, dont elle a fait l’une de ses spécialités, note-t-on dans l’entourage du MR. Avec des prolongements dans le domaine de la santé, face aux pathologies liées à la houille et à la sidérurgie ».
Une lecture de l’histoire qui ne convainc pas tout le monde. « C’est indéniable que la Province a un bilan, rétorque Muriel Gerkens, secrétaire politique de la régionale de Liège (Ecolo). Avec ses difficultés financières, la ville de Liège n’aurait pu assurer correctement les missions d’enseignement technique, par exemple. En revanche, cette fronde contre le changement me paraît déplacée alors que je vois surtout des notables qui semblent là à vie. Un pouvoir supra-communal est indispensable mais doit-il se faire avec la lourdeur et le décorum des provinces actuelles ? ».
Quant à une spécificité provinciale liégeoise, le politologue Pierre Verjans la met en doute : « S’il faut chercher une spécificité, elle est surtout germanophone. Liège est avant tout la seule province dont une partie a réclamé collectivement moins de compétences provinciales. Il s’agissait d’une prise de position… de la Communauté germanophone ».
Un Crématorium bis
La Wallonie a beau être loin derrière les statistiques flamandes ou bruxelloises, la crémation gagne sans cesse du terrain face à l’inhumation traditionnelle. Un casse-tête pour l’intercommunale du centre funéraire de Robermont qui assure 3.400 crémations chaque année. Car le temps d’attente ne cesse de s’allonger. Il était de quatre jours en 2006 et si rien ne change, il sera de treize jours en 2012. « Il est inacceptable que les familles soient contraintes d’attendre durant un délai aussi long avant de pouvoir faire leur deuil, note André Gilles. Il fallait trouver une solution » .
L’intercommunale funéraire s’est alors tournée vers la province avec pour objectif de créer une seconde unité, à Welkenraedt, mais avec la volonté de la garder au sein du service public. La province de Liège va participer à une augmentation de capital de l’intercommunale à raison d’un euro par habitant, soit 1,053 million d’euros. 52 communes sur les 84 que compte la province vont en faire autant, devenant de facto membres de l’intercommunale.
Un permis de bâtir a été introduit auprès de la Région wallonne. Les travaux devraient commencer l’an prochain, pour une ouverture prévue en 2012.
Se fédérer pour l’eau
Pour ses défenseurs, la mécanique provinciale a montré récemment sa capacité de réaction en se jetant à l’eau pour le compte d’une partie de ses communes, essentiellement dans la région de Liège et de Huy-Waremme. Les communes membres de la Cile, l’intercommunale qui approvisionne en eau une bonne moitié des habitants de la province, sont confrontées à un double problème : celui de l’indispensable interconnexion de son réseau pour sécuriser l’approvisionnement et la nécessité de rénover les raccordements de 135.000 foyers.
Une demande d’aide a été faite à la banque européenne d’investissement, la BEI. Mais celle-ci exige de très sérieuses garanties. « Pour des investissements aussi considérables, une ville comme Liège pourrait les apporter, explique André Gilles. Mais il est évident que ce serait impossible pour Tinlot ou Remicourt ». La décision de la BEI est attendue pour l’automne.
L’imposant budget d’investissement – 200 millions d’euros – servira à dédoubler la conduite venant de la captation du Néblon posée entre 1922 et 1930. « Les taux de la BEI sont avantageux et le gain sur le remboursement pourrait être répercuté sur le coût au client », promet André Gilles.
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