LA SONAT:CONSTRUIRE UN INCINERATEUR POUR SES SEULES IMMONDICES ? NAMUR ET LE BRABANT WALLON FERONT-ILS DECHETS A PART ?

THIRY,BENEDICTE

Page 22

Vendredi 26 juin 1992

La Sonat n'est plus enthousiaste à l'idée de construire un incinérateur pour ses seules immondices

Namur et Brabant wallon feront-ils déchets à part?

Les Namurois semblent renoncer à leur projet de construire une unité de traitement des déchets. Mercredi, le conseil d'administration de la Sonat (Société namuroise de traitement) a décidé de demander au ministre Lutgen s'il ne serait pas plus raisonnable d'étudier la possibilité d'améliorer une unité de traitement existante et d'y transporter les déchets namurois. La tiédeur des Brabançons wallons à s'associer au projet namurois a fait déborder le vase.

Celui-ci était déjà bien plein, souligne-t-on du côté de l'Intercommunale du Brabant wallon. Le dossier namurois fait toujours l'objet d'un recours introduit au Conseil d'État par un candidat évincé, aucun site n'est encore trouvé et l'approche des communales n'arrangera pas les choses. Ajoutez à cela l'étude d'incidence, puis la construction de l'unité... Il faudrait au moins six ans pour voir ce projet aboutir, explique Claude Pasture, directeur de l'IBW.

Voici quinze jours, au cours d'une réunion qui rassemblait tous les interlocuteurs, les Brabançons wallons n'avaient pas caché au ministre qu'ils avaient un plan de rechange plus rapide et sans doute moins cher. La décharge de Mont-Saint-Guibert, avec les frais investis, est maintenant un équipement convenable; nous avons deux fours à Virginal, pour lesquels nous avons introduit une demande de mise en conformité avec les normes de rejets de 1995; notre plan de parcs à conteneurs est en route, nous avons prévu un centre de tri et un centre de compostage des déchets verts... tout cela ne forme-t-il pas un ensemble cohérent?

La balle est dans le camp du ministre. Rompre le marché namurois risque d'entraîner un dédit d'au moins 200 millions, auquel il faut ajouter le coût du transport des immondices vers Liège ou Charleroi. La Région aura besoin d'une bonne calculette pour faire ses comptes.

B. T.