La Tour Paradis est enfin dans les starting-blocks à Liège-Guillemins

JACOBY,JO

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Jeudi 25 octobre 2012

La construction de la nouvelle tour des Finances, baptisée Tour Paradis, sur le parvis de la gare Calatrava à Liège-Guillemins, peut enfin démarrer : le 16 octobre, le Conseil d’Etat a tranché et cassé le recours en suspension introduit par Immoel SA (Marc Beyens) et la SNCB Holding (Vincent Bourlard), qui a toujours dans ses cartons un projet concurrent sis rue du Plan incliné.

Il était grand temps. Le permis unique, délivré il y a juste un an par le Fonctionnaire délégué au terme d’une enquête publique qui avait poussé le maître d’ouvrage, Befimmo, à corriger sa copie, ne pouvait rester au purgatoire plus longtemps : des milliers de fonctionnaires des finances attendent impatiemment d’être relogés dans des bureaux décents.

Depuis des années, le bâtiment actuel – qui sera rasé après déménagement – est en piteux état, été comme hiver ; les déperditions d’énergie y sont colossales. On y parle également d’amiante.

La nouvelle tour pourrait donc finalement être livrée au mieux en 2014 par la Sicafi Befimmo, qui a contracté avec le SPF Finances un bail long terme de 25 ans. Quant aux autres phases de développement programmées sur l’îlot voisin, racheté fin 2006 à l’Etat via Fedimmo, rien n’est encore arrêté à ce jour.

Deux certificats d’urbanisme nº 2 (CU2) ont été délivrés en juillet 2008 : un concerne la tour et l’autre, deux immeubles de quatre niveaux incluant bureaux (12.000 m2) et logements (14.000 m2).

Il n’est pas exclu que la Sicafi lance un développement à blanc sur son terrain, sans attendre d’identifier un locataire qui en occuperait les murs dès la livraison. Le potentiel du lieu, tant pour des bureaux que pour des appartements neufs disponibles à proximité de la gare, est en effet croissant.

Reste, pour les autorités locales, à achever de redévelopper sans tarder les abords directs du parvis de la nouvelle gare, toujours en chantier. « C’est une très bonne nouvelle pour tout le développement du quartier et de l’axe Guillemins-Médiacité, commente Michel Firket (CDH), premier échevin liégeois en charge de l’urbanisme. Il y a d’ailleurs place pour d’autres émergences verticales de part et d’autre de la Meuse, notamment du côté du pont des Vennes, histoire de créer sur la zone un skyline visible jour et nuit. »

Pour être complet, ajoutons encore qu’un recours en annulation est toujours pendant. Mais au vu des considérants retenus par le Conseil d’Etat pour statuer – notamment la distance entre le projet incriminé et la gare Calatrava ou les caractéristiques jugées « non exclusives » de visibilité de cette dernière – on ne voit guère quels arguments les plaignants pourraient fourbir pour requérir l’annulation. Ils ont toutefois un mois pour maintenir ou suspendre ce recours.