La vérité sur le magnétophone du père ?

AFP

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Vendredi 11 février 2011

Disparition Près de deux semaines qu’on est sans nouvelles des jumelles Alessia et Livia Schepp

Au douzième jour de recherches des jumelles suisses Alessia et Livia Schepp, formellement vues pour la dernière fois sur un bateau entre Marseille et Propriano (Corse) la nuit du 31 janvier au 1er février, les enquêteurs étaient à la recherche, jeudi, d’un magnétophone. Ils se sont aussi concentrés sur la quête de témoins, notamment sur l’île de Beauté.

Le magnétophone recherché est celui de Matthias Schepp, le père des fillettes de six ans. Il « pourrait contenir un message donnant des informations sur le sort de celles-ci », pensent les enquêteurs.

Avant son suicide, le 3 février en Italie, le Suisse pourrait « avoir décidé d’expédier ce magnétophone, un vieux modèle dont il ne se séparait jamais et qui n’a été retrouvé ni chez lui à Saint-Sulpice (Lausanne), ni dans sa voiture, ni à proximité de son corps », avancent les policiers.

En Suisse, les enquêteurs ont suspendu jeudi les recherches sur le terrain après la confirmation que les fillettes avaient été formellement identifiées par deux témoins sur le Scandola, un cargo de la Compagnie méridionale de navigation. Ils se concentrent désormais sur « l’environnement professionnel, privé et familial » de M. Schepp afin de parvenir à « recomposer son parcours pour retrouver les filles ».

Selon le porte-parole de la police cantonale vaudoise, Matthias Schepp connaissait la Corse : « Il a fait le tour de l’île en bateau il y a quelques années en famille, avec sa femme et ses enfants. »

Par ailleurs, le père des petites disparues avait consulté des sites internet sur la Corse ainsi que des sites traitant de suicide, de poison et d’armes à feu, selon l’oncle des fillettes, a expliqué le porte-parole de la police. « C’est très très inquiétant », a souligné Valerio Lucidi, l’oncle d’Alessia et Livia, qui a parlé de « terrible préméditation » de la part du père.

Les enquêteurs ont perdu la trace du trio après la traversée de la Méditerranée. Ils essaient à présent d’élucider comment cet ingénieur de 43 ans a quitté la Corse avant de rejoindre l’Italie. Des vérifications ont été effectuées dans les ports et aéroports de l’île, notamment à Bonifacio, d’où un ferry permet de rejoindre la Sardaigne en une trentaine de minutes.

La maman italienne d’Alessia et Livia, Irina Lucidi, a lancé mercredi soir un vibrant appel à témoins. « Je prie quiconque les a vues et sait quelque chose de contacter la police. » (afp)