Lanvin s’encanaille chez H&M

STAGIAIRE

Mercredi 3 novembre 2010

Pour une collection intitulée “Lanvin Loves H&M”, le géant du prêt-à-porter s’offre les services d’ Albert Elbaz, le directeur artistique de la maison de couture parisienne Lanvin.

Le 23 novembre, c’est la date que tous les inconditionnels de la marque Lanvin vont noter dans leurs agendas. Pour une collection intitulée “Lanvin Loves H&M”, le géant du prêt-à-porter s’offre les services d’ Albert Elbaz, le directeur artistique de la maison de couture parisienne. Une vidéo officialise cette collaboration ce mercredi.

La collection automne/hiver sera destinée aux hommes et aux femmes pour une ligne assistée par le styliste néerlandais Lucas Ossendrijver. Les fashionistas devront se contenir car les silhouettes ne s’afficheront dans nos vitrines que le 23 novembre prochain, uniquement dans 200 magasins du monde. La Belgique sera servie mais les stocks resteront limités. La bataille sera serrée. Les amateurs sont prévenus: chaque année, c’est le même rituel.

La chaîne de vêtements suédoise n’en n’est pas à son premier exercice de style puisqu’elle fait écho à une série de lignes griffées Sonia Rykiel, Stella McCartney, Roberto Cavalli, Jimmy Choo et Karl Lagerfeld, pour ne citer qu’eux. Ces partenariats fructueux, qui avaient provoqué des razzias dans les centres commerciaux, ont déclenché un phénomène qui séduit de plus en plus de grands industriels de la mode: c’est Mme Shaw-Lan Wang, la milliardaire taïwanaise propriétaire de Lanvin (depuis 2001) a décroché la floche cette année, espérant des bénéfices considérables et un élargissement de son public.

Ce phénomène qui date des années 1990 est de plus en plus répandu sous le néologisme “masstige”, de la contraction entre “massmarket” et “prestige”. Considéré comme une véritable démocratisation de la mode pour les uns et comme un nivellement par le bas pour les autres, ce type de rapprochement devient progressivement inévitable pour le marché du luxe, économiquement contraint à sortir de ses frontières élitistes. Quant aux détracteurs rétifs à tous types de métissage commercial, le créateur Alber Elbaz a trouvé une parade: “Je m’étais toujours dit que je ne ferais jamais de collection grande diffusion, mais ce qui m’a finalement séduit, c’est de l’envisager comme l’idée de H&M abordant le luxe plutôt que Lanvin s’adaptant au grand public.” Une façon de résumer la mode pour tous sans s’embarrasser de considérations trop conservatrices, en illustrant la célèbre prévision de Gabrielle Chanel : ”Il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue.”

La vidéo, ici: http://www.hm.com/be/#/designer/