Laruelle : « Il manque un lobby namurois »

JORIS,NOELLE

Samedi 26 février 2011

L’invitée du samedi La Gembloutoise Sabine Laruelle (MR), ministre fédérale

C’est chez elle à Gembloux, que la ministre fédérale sortante, Sabine Laruelle (MR) nous reçoit. Conquise par son mandat de ministre, elle est aussi investie dans la politique locale. Entretien avec Noëlle Joris

entretien

Sabine Laruelle (MR) est ministre fédérale des PME, des indépendants, de l’agriculture, et de la politique scientifique. Elle est aussi gembloutoise de cœur. Elle y a fait ses études d’ingénieur agronome au sein de la faculté agronomique et désormais elle en a fait son lieu de vie puisqu’elle vit dans une maison du centre de Gembloux. Passionnée de politique, elle s’investit également localement en siégeant dans l’opposition au sein du conseil communal gembloutois.

Vous étiez tête de liste pour la liste MR à la Chambre pour la province de Namur lors des dernières élections fédérales. Vous occuperez cette position pour les élections communales de 2012 ? En toute honnêteté, rien n’est encore décidé. Avant de savoir qui sera tête de liste, il faut préparer notre programme. C’est là notre priorité pour l’instant.

Et au niveau fédéral : si un gouvernement se forme et que le MR y est associé, quelles sont vos ambitions personnelles ?

Je ne vais pas vous dire que je n’ai pas d’ambitions personnelles mais je n’ai pas de plan de carrière. Serais-je toujours ministre ? La question ne se pose pas comme cela. Je ne me présente pas comme candidat ministre et je ne vais pas supplier mon président de parti pour l’être. On verra bien en temps opportun. Mais cela fait huit ans que je suis ministre et j’estime que j’ai un vrai bilan.

Avoir un relais politique namurois au fédéral, c’est important ?

Bien sûr, dans le dossier de la réforme des zones de secours où les bourgmestres namurois n’ont pu se mettre d’accord, si je n’avais pas insisté auprès de mes collègues du fédéral, la province de Namur aurait perdu son subside d’1.3 million. J’ai dû me battre pour qu’on le lui accorde : au fédéral, certains estimaient que faute d’accord, la province de Namur ne méritait pas ce subside.

Estimez-vous que Namur a suffisamment de poids politique tant au niveau fédéral que régional ?

Non je pense qu’il manque un véritable lobby politique de la part des représentants namurois. La province de Namur est au cœur de la Wallonie, sa situation géographique est stratégique. Et de plus Namur en est la capitale. Et pourtant j’estime qu’elle n’a pas ce qu’elle mérite. Dans certains dossiers, elle est lésée. Je pense par exemple à la répartition des députés provinciaux dans le cadre de la réforme des provinces. Le Luxembourg en aura quatre. Namur n’en a obtenu que trois. Autre exemple récent, Namur n’a pas été retenu pour accueillir le sixième pôle de compétitivité de la Région Wallonne. Pour ces dossiers mais aussi pour d’autres, un lobby politique namurois manque. Il est en train de se mettre progressivement en place, à travers notamment la démarche d’Axud qui réunit les forces vives de la province. Mais je pense qu’il manque encore un consensus politique. A Namur, on a encore trop tendance à rejeter la faute sur l’un ou sur l’autre lorsqu’un dossier nous échappe. Mais je le redis, je crois que les choses sont en train d’avancer. Le prochain test que devra réussir ce lobby namurois concerne le dossier d’implantation de l’école d’administration.

D’autres dossiers namurois sont en attente de déblocage. Comme l’installation de la protection civile à Gembloux…

C’est vrai qu’on entend son arrivée dans les bâtiments conçus à cet effet depuis un petit temps. Pour moi, cette installation doit se faire au plus vite. On a choisi d’y implanter temporairement le centre pour réfugiés. Il y avait urgence mais il est nécessaire d’avoir au plus vite la protection civile au sein de notre province.

Comme la prison de Sambreville…

Là aussi, j’aimerais que les choses avancent plus vite. Mais avec un gouvernement en affaires courantes, rien n’est facile.