Le 100 n'intervient plus

CHALKLIN,MICHAEL

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Jeudi 9 novembre 2006

Villers-la-Ville Les dix ambulanciers et leur gestionnaire en grève

Grève au finish au service 100 du Centre public d'aide sociale, à Marbais. Audience chez le gouverneur.

Le service 100 de Villers-la-Ville qui dépend du Centre public d'action sociale (CPAS) est en grève depuis mercredi à 1 heure. Les 10 permanents, Joëlle Houtain, gestionnaire du service et déléguée au Syndicat libre de la Fonction publique, ainsi que les bénévoles entendent ne pas céder. Vu la position privilégiée du 100, rue du Berceau dans le centre de Marbais, ces délais peuvent passer de 12 mn, durée moyenne sur la zone, à plus de 25 mn. Quelque 30.000 personnes sont concernées à Villers, à Genappe, etc. Selon un ambulancier, on estime que pour un infarctus, une minute perdue équivaut à 10 % de chances de survie en moins.

Mme Houtain sera reçue ce jeudi par Etienne Hachez, gouverneur faisant fonction et à ce titre responsable de la sécurité.

Les ambulanciers disent que leur indisponibilité les mortifie eux-mêmes. « Mais on n'a plus le choix. » Le conflit est ancien. Le service était assuré par cinq permanents et une vingtaine de bénévoles. En avril, Nathalie Wylock, secrétaire du CPAS, se rendit compte que les horaires ne respectaient pas la loi du 14 décembre 2000 sur le temps de travail : « Les bénévoles disparaissaient comme une peau de chagrin et des ambulanciers contractuels prestaient jusqu'à deux équivalents temps plein et demi. »

Une directive européenne précise que pour les services d'urgence, les prestations ne peuvent pas excéder 11 heures par jour avec une moyenne de 38 heures par semaine. On peut atteindre 50 heures si les 38 heures sont respectées sur une période de 4 mois.

Cinq personnes à temps plein à 38 heures, cela fait 190 heures. Or, pour un service de 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, il en faut 336. Cinq personnes supplémentaires ont été engagées depuis juin. Vu leur manque d'expérience, la gestionnaire n'a pas voulu les intégrer comme deuxième homme lors d'une intervention.

Concertation le 13 novembre

Le 26 octobre, l'Inspection du travail a mis en demeure le CPAS de se mettre en conformité. De plus, la loi interdit le paiement des heures supplémentaires. Au mois de juillet, certains ont accumulé 200 heures, impayées à 2,48 euros de l'heure.

Un nouvel horaire a été communiqué mardi matin. Il prévoit des gardes de 8 heures.

Les ambulanciers avaient déjà déposé un préavis, lundi à minuit. Ils fustigent l'absence de concertation et le refus de tout dialogue. La secrétaire s'en défend. Les ambulanciers exigent une revalorisation salariale. Certains ont perdu près de 400 euros par mois.

Ils exigent aussi le maintien des gardes de 24 heures, vu la spécificité de leur service qui compte une moyenne de deux ou trois interventions par jour. Avec Spa, ce service 100 est l'un des deux derniers à dépendre d'un CPAS.

Daniel Danloy, le président du CPAS, souligne la mise en demeure de l'Inspection du travail et sa responsabilité pénale. « Quant à trouver un mécanisme de compensation, je suis ouvert à la discussion. Une réunion de concertation est prévue le 13 novembre... »