Le BEP a son tableau de bord

SCHARES,LUC

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Vendredi 29 octobre 2010

Economie La province de Namur sous le crible de statistiques tous azimuts

C’est une petite première pour la province de Namur, du moins sous une formule aussi complète (lire ci-dessous). Le Bureau économique de la Province (BEP) a commandité auprès d’une firme spécialisée le recensement de données statistiques qui traversent tous les secteurs économiques et sociaux. Le résultat, un tableau de bord d’une petite nonantaine de pages d’ailleurs accessible sur le site internet du BEP, est une mine d’informations qui intéressera les patrons, les communes, les investisseurs, comme de nombreux curieux. Morceaux choisis.

1Le contenu On y trouve de tout, depuis le pourcentage des surfaces agricoles dans l’ensemble de l’utilisation du sol jusqu’à des cartes indiquant le ratio des moins de 25 ans sur les 65 ans et plus dans les 38 communes, en passant par le taux de croissance du bâti durant ces six dernières années. L’un des bons points est aussi d’établir de nombreux comparatifs avec les autres provinces wallonnes. Les données sont actualisées.

2Le chômage Évidemment, les chiffres sont à mettre en rapport avec la taille de la commune. Mais même : les entités rurales d’Onhaye, Doische, Bièvre et Vresse-sur-Semois comptent chacune moins de 200 demandeurs d’emplois inoccupés. À Namur, ces derniers sont 6.446. En fonction du nombre d’habitants, la situation reste difficile en Basse-Sambre (surtout Sambreville et Jemeppe) et l’arrondissement de Philippeville (surtout Couvin et Walcourt). Gembloux, qui a pourtant la réputation d’une ville prospère, ne s’en tire pas si bien que ça avec près d’un millier de demandeurs d’emploi inoccupés. Le taux de chômage actuel en province de Namur est un peu au-dessus de 9 % (pour 7 % dans le Brabant wallon, mais plus de 13 % dans le Hainaut). En 2006, il frôlait 11 %.

3Les entreprises La tendance ? Une hausse constante du nombre d’entreprises entre 2003 et 2008, dans chacun des trois arrondissements (Namur, Dinant et Philippeville). En 2008 et 2009, par contre, la tendance est à la baisse comme partout ailleurs en Belgique (et au-delà). Non seulement les créations d’entreprises diminuent, mais les cessations augmentent, surtout dans l’arrondissement de Philippeville. Le différentiel entre création et cessation est de 0,35 % pour la province, heureusement le plus bas avec la province de Luxembourg (0,29 %).

4Croissance C’est un chiffre qu’on ne cite pas souvent. Avec un produit intérieur brut provincial de 21.690 euros par habitant, Namur est en troisième position wallonne après le Brabant wallon et Liège. Un arrondissement se développe plus vite et plus fort que les deux autres, celui de Namur. L’évolution des exportations est en hausse constante depuis 2000.

Un atout qui attire les investisseurs : espaces verts et qualité de vie

ENTRETIEN

Au sein du BEP, Mercedes Remacle fait partie du service de l’intelligence stratégique, qui veut tourner les entrepreneurs vers l’extérieur. En matière de statistiques, elle est devenue une personne-ressource et a suivi la naissance de ce tableau de bord socio-économique.

Comment et pourquoi est né ce document ?

À mon arrivée, il existait déjà un document mais qui était fait avec les moyens du bord, où des informations manquaient. Or, nous devions répondre à des demandes émanant d’étudiants, de communes, de PME qu’elles soient installées dans la province ou non. En outre, en interne, nous avions besoin de données statistiques. Nous ne disposons pas d’une cellule d’observatoire bien spécifique. Un marché public a été lancé fin 2009, pour réaliser un tableau de bord tel qu’il en existe dans le Hainaut ou en province de Luxembourg. La récolte d’informations est assez lourde et nous avons préféré faire appel à l’extérieur.

Quels sont les éléments neufs par rapport aux anciens documents ?

Cela permet de situer la province de Namur vis-à-vis des autres. Les tableaux visuels, les cartes sont des outils dont on ne disposait pas avant et qui donnent une meilleure lisibilité. Et bien sûr, le nombre de statistiques lui-même est plus grand.

C’est pour mieux vendre la province de Namur ?

Bien sûr, un des objectifs est d’avoir un bon outil à présenter à des investisseurs, y compris d’attirer des investisseurs étrangers. Il est aussi intéressant pour des organismes avec lesquels nous sommes régulièrement en contact et qui travaillent à un niveau assez large. Je pense, par exemple, à l’UCM ou Namur Invest. Notre volonté, à l’avenir, est d’actualiser chaque année les données recensées.

Quels atouts et faiblesses ressortent du document ?

Il y a du chômage, même si nous ne sommes pas les plus mauvais. L’évolution des faillites est aussi significative. Ceci dit, ce sont des phénomènes généraux qui ne sont pas propres à Namur. La distinction entre le nord et le sud de la province est nette, si l’on observe l’indice de disparité des revenus. Le sud est moins riche. Par contre, il compte un taux clairement plus élevé d’emploi indépendant. Un atout majeur est la quantité d’espaces verts, sans passé industriel, et la qualité de vie.