LE BOUT DU TUNNEL N'EST PAS EN VUE RAGE TAXATOIRE OU INTOX?WILLOCKX A CHOISI

STROOBANTS,JEAN-PIERRE

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Jeudi 27 mai 1993

Le bout du tunnel n'est pas en vue

«Rage taxatoire» ou «intox»?

Willockx a choisi

Revoir les critères de convergence de Maastricht? À la grande fureur de Jean-Luc Dehaene (et, dit-on, du CVP), Philippe Maystadt et Guy Coëme, ministre des Finances (PSC) et vice-Premier ministre (PS), ont ouvert la porte au débat. Entraînant un clivage au sein du gouvernement. Freddy Willockx, le ministre SP des Pensions, vient de prendre position dans le débat. Sans plaider pour que la Belgique prenne une quelconque initiative durant sa prochaine présidence.

Les procédures mises en place par les Douze pour apprécier les efforts effectués par chaque pays permettent de prendre en compte la situation économique globale des États, souligne Willockx. Qui pense que les résultats de l'assainissement budgétaire conduit en Belgique peuvent être jugés favorables.

Le ministre estime que la réduction du déficit budgétaire est une priorité sociale de premier plan, le remboursement des intérêts de la dette bénéficiant à certaines catégories de citoyens aisés. Willockx juge également que la Belgique ne pourra affronter le choc démographique de 21e siècle sans alléger son boulet: les besoins de financement du système de sécurité sociale seront tels que l'on ne pourra, en même temps, faire face à un nouvel effet boule de neige (l'alimentation permanente de la dette par les emprunts nécessaires à son remboursement).

Evoquant l'impresssion fausse selon laquelle le gouvernement ne ferait que taxer le citoyen, le ministre estime qu'il est grand temps de réagir contre cette stratégie d'intoxication mentale, répandue par les médias.

Nous n'avons jamais dit que l'assainissement serait un processus indolore, poursuit Willockx. D'autant que la croissance économique se détériore. En clair: le bout du tunnel est loin d'être en vue. Mais le ministre veut veiller à ce que l'effort soit réparti de manière équitable (pas de mesures ne visant que les salariés, des décisions visant aussi les revenus du capital - malgré le contexte européen difficile - et d'autres concernant les entreprises dont la compétitivité n'est pas menacée).

J.- P. S.