Le centre commercial en pleine mutation

LEONARDI,PAOLO

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Jeudi 5 juillet 2012

Quel avenir pour les centres commerciaux ? Le sujet était au centre des débats d’une matinée d’étude organisée par l’Agence de développement territorial pour la Région de Bruxelles-Capitale (ADT) et l’Executive Master en Immobilier (EMI).

Un débat crucial pour beaucoup d’acteurs, et notamment les développeurs qui sont à la recherche de nouvelles formes de shopping, à l’heure où celui-ci est en pleine mutation.

Les spécialistes sont formels : la montée de l’individualisme qui marque notre société entraînera une hyper-spécialisation du shopping. A Tokyo, Adidas a ouvert un magasin où le chaland peut tester le produit in situ. Il reçoit des boissons énergisantes avant l’effort et peut prendre ensuite une douche dans les vestiaires. A New York, Saturdays Surf est un lieu de rencontre pour la communauté de surfeurs de la Grande Pomme. On y vend des vêtements, du matériel et des livres mais on peut aussi y prendre un café ou écouter un concert. Beaucoup plus près de chez nous, Trakks a ouvert à Uccle un lieu spécialisé dans l’univers du jogging et propose, outre la vente des produits, des conseils avisés de la part de spécialistes sur la morphologie du client, des conférences sur la diététique.

Des exemples comme ceux-ci, il y en a à foison à travers le monde. Ils nous plongent dans un univers se situant à mille lieues du centre commercial tel qu’il fut conçu à la fin des années 60 et dont nous pouvons « admirer » aujourd’hui l’architecture complètement dépassée (Westland, Woluwe, Basilix, City2…). Obligés d’évoluer avec leur temps, ces quatre exemples bruxellois bénéficient heureusement d’une situation géographique exceptionnelle qui n’hypothèque (pas trop) leur avenir. Beaucoup d’autres centres commerciaux ne peuvent pas en dire autant à l’heure où la capitale envisage (mais bien malin qui pourrait dire quand et où…) de se pourvoir d’un grand complexe (Just under the Sky dans la zone du canal, Uplace à Machelen ou Néo au Heysel).

Autre facteur qui oblige à ne pas rester les bras croisés : l’évolution technologique. Elle nous entoure chaque jour davantage et charriera dans son sillage un e-commerce toujours plus puissant (on prédit qu’en 2020, celui-ci représentera 24 % de nos habitudes de consommation). Le commerce devra être plus durable, plus éthique et plus transparent. On nous annonce un client toujours plus exigeant en termes de rapport qualité-prix et souhaitant être servi toujours plus vite.

Où caser ces nouvelles envies ? Et sous quelle forme ?

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