Le chaos aérien provoqué par la neige « inacceptable » pour l’UE

n.c.

Mardi 21 décembre 2010

La Commission européenne estime que le chaos provoqué par la neige dans les transports aériens est « inacceptable ». L’UE pointe la responsabilité des aéroports.

La Commission européenne, jugeant « inacceptable » le chaos provoqué par la neige dans les transports aériens, a clairement rejeté mardi la responsabilité sur les aéroports sommés de mieux se préparer à l’avenir, faute de quoi elle devra légiférer. Le commissaire aux Transports Siim Kallas a annoncé qu’il allait convoquer « dans les prochains jours » les représentants des aéroports européens pour leur demander « des explications ».

Le chaos qui règne dans de nombreux aéroports européens en raison du mauvais temps est « inacceptable et ne devrait pas se reproduire », a-t-il estimé, se disant « extrêmement préoccupé par le niveau des perturbations que la neige a causé pour voyager en Europe ».

Avions cloués au sol sur des pistes recouvertes d’un manteau neigeux, passagers passant la nuit dans des aérogares bondés, trains retardés : des chutes de neige inhabituelles ont semé la pagaille dans les transports européens à quelques jours de Noël. Des milliers de passagers ont été forcés de passer la nuit dans des halls d’aéroports, dormant à même le sol comme à Londres, ou dans des lits de camps comme à Francfort, en Allemagne, ou à Roissy, près de Paris, tandis que le ciel européen était désorganisé par l’annulation en cascade des vols.

Or ces problèmes n’ont rien d’une fatalité, d’autant que « ces dernières années nous ont appris que la neige en Europe occidentale n’est pas une circonstance exceptionnelle », a fait remarquer M. Kallas. En effet, ces derniers jours ont révélé que les problèmes relatifs aux infrastructures à la disposition des compagnies aériennes -- aéroports, services au sol -- ont constitué un « maillon faible » dans la chaîne, estime-t-il.

Les aéroports doivent se préparer « sérieusement » à ce type de conditions météorologiques, juge M. Kallas. « Une meilleure préparation, sur le modèle de ce qui se fait en Europe du nord, n’est pas un plus optionnel, cela doit être planifié et préparé avec les investissements nécessaires, particulièrement du côté des aéroports », juge M. Kallas.

Sinon, a-t-il dit, la Commission est prête à présenter des mesures législatives « sur les exigences de service minimum pour les aéroports ». Cela pourrait être intégré « avant l’été prochain » dans un paquet de mesures sur le transport aérien, a-t-il précisé.

Dans un premier temps, Bruxelles a l’intention de faire le point sur les différentes pratiques à travers l’Europe pour faire face aux intempéries. Il s’agit d’identifier et d’éliminer les éventuels points faibles. A ce stade, la Commission européenne n’est pas au courant de « plaintes spécifiques » contre tel ou tel aéroport, a précisé la porte-parole de M. Kallas, Helen Kearns.

Bruxelles a l’intention de se pencher sur le « partage de la responsabilité et du risque entre tous les opérateurs de la chaîne de services, en particulier dans le domaine du transport aérien », a précisé M. Kallas. L’UE a déjà imposé des règles d’indemnisation et de prise en charge pour les passagers aériens, mais aussi ferroviaires, et bientôt également pour ceux des bus et des transports maritimes, en cas d’annulation ou d’importants retards.

(afp)