Le château Mondron ouvre ses 47 portes

ALBIN,DIDIER

Page 18

Jeudi 28 juillet 2011

Série de l’été (16/41) Curiosités

Imaginez-vous une demeure de cinq étages avec 47 pièces (rien que ça), dans une propriété d’un hectare agrémentée d’un un parc de 15.000 mètres carrés : c’est le château Mondron. À sa construction par Valentin Lambert à la fin du XIXe siècle, il porte le nom de son quartier. Celui de Jumet Hamendes, un haut lieu de la révolte ouvrière où les verreries Baudoux sont incendiées en 1886.

Il faut attendre 1912 pour que le château prenne le nom de son second propriétaire, Léon Mondron, qui épouse la fille de Valentin Lambert. Architecturalement hybride, le bâtiment s’appuie sur un bloc médiéval et intègre des techniques industrielles d’avant-garde, dont les vitraux art déco. Son autre particularité est d’abriter une église. Avant de s’éteindre en 1929, la veuve Mondron émet la volonté d’être inhumée chez elle. Mais elle demande aussi à ses enfants de veiller à ce que la messe continue à être célébrée dans le vénérable manoir : ils y font donc édifier une église de 250 places sans altérer la façade. Le caractère unique de cette construction en fait une curiosité en Europe. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle l’ensemble est classé monument en 2008. Le château qui conserve ses boiseries et vitraux primitifs fait l’objet d’une spéculation dans les années 60, lorsque des promoteurs envisagent d’ériger dans son parc des buildings d’appartements sociaux. Le projet avorte et la propriété échappe à la défiguration.

Restauré aux trois quarts selon Georges-Henri Simonis qui s’investit dans sa gestion à travers l’ASBL Château Mondron-Saint-Lambert, le château a été reconnu association de promotion du Logement, un projet qui occupe deux temps pleins. Au deuxième étage, des chambres de bonne ont été transformées en studios individuels pour l’hébergement de transit.