LE CIVISME ENVIRONNEMENTAL COUTE PLUS CHER A WELLIN QU'AUBANGE, SOLIDARITE

BURGRAFF,ERIC

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Vendredi 14 mai 1993

Le civisme environnemental coûte plus cher à Wellin qu'à Aubange

Solidarité communale pour les déchets

Aller au parc à conteneurs c'est bien. Réduire les factures de fonctionnement, c'est mieux. Idélux y pense...

Poussées dans le dos par Idélux, la plupart des communes luxembourgeoises ont, depuis deux ans, investi plusieurs dizaines de millions dans la construction de parcs à conteneurs. Tant est si bien qu'aujourd'hui, une vingtaine de parcs desservant quelque vingt-cinq communes sont d'ores et déjà opérationnels ou sur le point de l'être - le prochain sera inauguré à Nassogne le 22 mai. D'ici fin 1994, tous les habitants de la province devraient avoir accès, soit à une infrastructure propre, soit à un parc situé dans une commune voisine. À cette date, la distance maximum séparant chaque Luxembourgeois d'un parc à conteneur devrait être de huit, voire dans des cas exceptionnels, de dix kilomètres.

Tous les habitants du sud du pays ne sont pourtant pas égaux en matière de coût d'exploitation. Si l'accès aux parcs est gratuit, les factures endossées par les administrations communales varient fort d'un endroit à l'autre. Ainsi, à Wellin, le déficit d'exploitation se chiffre à quatre cent vingt et un francs par équivalent-habitant (NDLR: la notion d'équivalent-habitant tient compte, non seulement du chiffre de population mais également du nombre de secondes résidences, d'hôtels, etc.). A Durbuy, il est de deux cent cinq francs et à Aubange (desservant aussi Musson et Messancy) de cent trente-huit francs seulement! Dans ce dernier cas, la concentration de vingt-quatre mille sept cent cinquante-deux équivalents-habitants sur un territoire assez réduit permet d'obtenir d'appréciables économies d'échelle.

TOUT LE MONDE À LA CAISSE

Or, l'Intercommunale a toujours pour grand principe de rendre les services aux communes à des tarifs identiques quelle que soit leur taille ou leur localisation, commente Pierre Collignon, responsable de la gestion des parcs. Dès lors, Idélux propose aujourd'hui à ses affiliés d'adhérer à un projet d'intercommunalisation du réseau. C'est sur ce dossier que doivent se pencher les conseils communaux de la province de Luxembourg et du sud de la province de Liège, d'ici la fin du mois de mai.

Le principe est assez simple puisqu'il s'agira de répartir le coût de l'ensemble des parcs au prorata du nombre d'équivalents-habitants de chaque entité. De cette façon, toutes les communes bénéficiaires du service pourront bénéficier d'une ristourne sur la taxe «déchets» prélevée par la Région wallonne auprès des ménages. Dans la foulée, l'intercommunale bénéficiera, elle aussi, d'un subside identique.

DU SIMPLE AU DOUBLE

Pratiquement, pour autant qu'elles approuvent le plan, le secteur «assainissement» d'Idélux rachètera aux communes les terrains sur lesquels sont implantés les parcs et leur remboursera la part non subventionnée lors de la construction. Au terme d'une période transitoire de deux ans, la gestion du personnel de surveillance et du transport des conteneurs dépendront du secteur «assainissement». Parallèlement à ces mesures, Idélux demande aux communes d'uniformiser la collecte des encombrants ménagers et d'éliminer les conteneurs actuellement non surveillés.

Au bout du compte, selon un bilan prévisionnel, les trois cent trente mille équivalents-habitants desservis par le réseau devraient se partager une facture de 88,5 millions comprenant les frais de gestion, de charge d'emprunt, de transport des conteneurs et de traitement des déchets. Frais desquels il convient de déduire 10,5 millions provenant de la valorisation de certains déchets et de la ristourne sur la taxe des déchets ménagers.

Ainsi, dès le 1er janvier, chaque commune affiliée devra débourser environ deux cent trente-six francs par équivalent-habitant. Sur présentation de cette facture à la Région wallonne, elle devrait obtenir une ristourne sur la taxe d'une bonne centaine de francs par équivalent-habitant. Les Wellinois en sont fort aise. Reste à voir si les élus de communes telles qu'Aubange, Rouvroy, Messancy, dont le déficit d'exploitation se situe aujourd'hui largement en-dessous des deux cent trente-six francs sont prêts à faire ce petit effort en faveur de communes plus rurales.

ÉRIC BURGRAFF