Le commandant de la Garde suisse assassiné Trois morts au Vatican

ASSOCIATED PRESS

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Mardi 5 mai 1998

Le commandant de la Garde suisse assassiné Trois morts au Vatican

Tragédie sans précédent dans l'histoire récente du Vatican: le tout nouveau commandant de la garde pontificale, Aloïs Estermann, et sa femme, Gladys Meza Romero, ont été retrouvés morts lundi soir dans leur appartement du Saint-Siège. Ils ont probablement été tués par un garde suisse, qui a ensuite retourné l'arme contre lui.

Les corps des trois victimes ont été découverts lundi peu après 21 heures, après qu'un voisin eut entendu des bruits sourds en provenance de l'appartement du commandant de la Garde suisse. Le pistolet de la troisième victime, Cedrich Tornay, 23ans, a été retrouvé sous lui. Il semble que ce dernier ait eu un accès de folie , a déclaré le P.Benedettini, un porte-parole du Vatican.

Le Vatican est un État séparé de l'Italie: c'est donc l'unique magistrat du Vatican, l'avocat Gian Luigio Marrone, qui mènera l'enquête. Le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, a en effet précisé qu'il ne sera pas nécessaire de faire appel aux autorités judiciaires italiennes, comme le permettent les accords du Latran passés entre l'Italie et la cité-Etat en 1929.

Quelques heures avant le drame, Aloïs Estermann avait été nommé par le Pape à la tête des Gardes suisses du Vatican. Le commandant Aloïs Estermann, un Suisse de 43 ans, avait héroïquement protégé Jean-Paul II lors de l'attentat de 1981 commis par le Turc Mehmet Agça sur la place Saint-Pierre en 1981. Il avait fait rempart de son corps alors que le Pape gisait à terre. Il avait 27 ans et venait à peine d'entrer dans la garde pontificale.

Ce mercredi, 40 nouveaux officiers de la garde pontificale, créée en 1506, devaient être assermentés à Rome. C'est dans ce cadre que devait avoir lieu la promotion officielle d'Aloïs Estermann.

C'est une tragédie sans précédent dans l'histoire récente du Vatican, mais c'est la deuxième fois cette année que des personnes travaillant au Saint-Siège trouvent la mort dans des circonstances violentes. En janvier dernier, un homme appartenant au service du protocole du Vatican était retrouvé battu à mort dans son appartement romain.

Le dernier meurtre à l'intérieur des murs de la cité vaticane a été perpétré en 1848: le Premier ministre du pape Pie IX, le comte Pellegrino Rossi, était assassiné au cours des remous politiques précédant l'unification de l'Italie. (AP.)