Le couteau jeté par Léopold a brûlé

DELEPIERRE,FREDERIC

Mercredi 11 juillet 2007

C'est officiel, Léopold Storme qui est inculpé de l'assassinat de ses parents et de sa soeur n'a consommé ni champignons hallucinogènes ni LSD le samedi 16 juin. Il a jeté le couteau qu'il dit avoir trouvé à ses côtés. Il reste détenu pour un mois encore.

Sns réelle surprise, la chambre des mises en accusation de Bruxelles a confirmé ce mercredi le mandat d'arrêt délivré à l'encontre de Léopold Storme, inculpé par la juge d'instruction Berta Bernardo-Mendez pour l'assassinat de ses parents – François-Xavier et Caroline – et de sa sœur, Carlouchka. Tous trois avaient été retrouvés par un couple de clients, le dimanche 17 juin, massacrés au couteau dans le magasin familial dans les Marolles, à Bruxelles.

Le jeune homme de 19 ans va donc rester un mois supplémentaire en détention préventive. Ce qui n'étonne pas outre mesure son conseil, Me Pierre Huet. « Nous pourrons vraiment envisager une libération conditionnelle lorsque nous aurons les résultats des analyses psychiatriques effectuées par trois experts. Elles ont commencé. Les experts ont déjà rencontré Léopold à la prison de Forest mais le travail est encore long. »

Néanmoins, l'avocat carolo trouve un élément de satisfaction dans son dernier examen du dossier. « Mon client n'a pas menti, constate-t-il. L'analyse toxicologique est désormais terminée et ses résultats démontrent que Léopold n'était ni sous l'emprise de champignons hallucinogènes ni sous LSD au moment où sa famille a été décimée. »

Un élément que l'accusation pourrait toutefois retourner contre lui en disant qu'il était en possession de ses moyens au moment où il a tué sa famille… « Seule l'analyse psychiatrique pourra y répondre », rétorque Pierre Huet.

Autre résultat évoqué ce mercredi devant la chambre des mises en accusation, celui de l'examen des images d'une caméra de surveillance située près du magasin « Extrêmes Tissus » de la rue des Capucins. « Les images ne confirment pas mais n'infirment pas les propos de Léopold, commente l'avocat. A l'heure des faits, l'angle de la prise de vue ne permet pas de voir Léopold entrer ou sortir du magasin. Mais on ne voit pas non plus un duo de suspects même si on voit des gens passer. »

Un élément aurait pu l'aider à en sortir : l'arme du crime. Lorsqu'il a repris connaissance à côté des cadavres des siens, Léopold avait en main un couteau ensanglanté. « Il l'a jeté dans une poubelle, en arrivant à Ostende, avec les vêtements qu'il portait au moment de l'agression. Le tout a été emmené le lendemain matin vers une décharge et a été brûlé immédiatement. Il n'en reste rien », regrette Pierre Huet.