Le Crac dit « hue ! »

ALBIN,DIDIER

Page 20

Mardi 18 mai 2010

Charleroi La Ville tarde à remettre son budget

Ce devait être pour le 29 avril ; ce sera pour la fin mai : le collège communal de Charleroi avance péniblement dans l’actualisation de son plan de gestion. Et prend du retard sur son calendrier budgétaire. Il est pourtant tancé par le directeur général du centre régional d’aide aux communes (Crac). La semaine dernière, ce dernier a adressé au bourgmestre et échevins de la majorité tripartite un courrier dans lequel il les « invite fermement à lui fixer au plus vite une nouvelle date de rencontre afin de lui présenter la ligne de mesures d’économie et d’augmentations de recettes de la ville. » Claude Parmentier rappelle le contexte difficile dans lequel se trouve Charleroi, sans budget 2010 et donc sans capacité d’engager les subsides européens qui lui sont octroyés. « D’après les dernières estimations établies en interne, écrit le directeur général, il est question d’un déficit minimum de plus de 25 millions à l’exercice propre auquel vient s’ajouter le déficit cumulé de la Régie Foncière, de près de 30 autres millions. » Pour combler ce précipice, un inventaire de mesures a été soumis à l’examen des membres du collège dès le 30 mars dernier. « Sur ces 179 mesures, il faut considérer que 160 à 165 font à présent l’objet d’un consensus

», indique une source politique à l’issue du collège budgétaire de ce lundi.

« Des divergences existent sur des points comme la suppression du cabinet d’échevin de Bernard Dallons ou l’augmentation du prix des piscines. En matière de fiscalité, il y a aussi la majoration de l’IPP ou du précompte immobilier. » D’autres points ont été maintenus et il appartiendra à la Région wallonne de les mettre en application : c’est le cas du projet de redevance communale sur les passagers de l’aéroport, selon nos informations, la ville faisant valoir qu’elle ne perçoit aucun impôt direct de la présence de l’infrastructure sur son territoire en dehors de la fiscalité des entreprises qui y sont liées.

Parce qu’il semble convaincu que Charleroi est discriminée par rapport à d’autres métropoles, le chef de file MR Olivier Chastel a pris l’initiative ce lundi de demander à Claude Parmentier copie des plans de gestion des villes de Liège, Namur et Mons. Il entend démontrer que les exigences changent d’une grande ville à l’autre. Que le niveau de rigueur est beaucoup plus élevé à Charleroi. Chastel réclame en outre la liste des études, diagnostics et audits réalisés au cours des cinq dernières années.